04/05/2026
« Mon oranger… celui que j’arrosais depuis mon enfance… je ne pourrai plus le voir ? »
Ces mots, prononcés par un enfant, disent tout ce que les images ne montrent pas.
Au sud du Liban, des familles entières sont déracinées du jour au lendemain. Leurs maisons rasées, leurs repères effacés, leur histoire ensevelie sous les décombres. Être chassé de chez soi, ce n’est pas seulement perdre un toit — c’est perdre une partie de soi.
Pour cet enfant, cet arbre comptait parfois plus que ses jouets. Il était un symbole, un repère vivant, un fragment de son identité. À travers sa disparition, c’est tout un monde intérieur qui s’effondre.
Le déracinement laisse un vide profond, difficile à nommer : un sentiment d’insécurité, d’irréalité, comme si plus rien n’était stable sous ses pieds.
Face à cela, notre rôle, en tant que psychologues, est d’être là, pleinement. Écouter, accueillir sans juger, mettre des mots sur l’indicible. Mais aussi accompagner les mères, les guider pour ouvrir des espaces de dialogue avec leurs enfants, afin qu’ils puissent exprimer cette peine immense d’avoir tout perdu.
Peu à peu, nous aidons à reconstruire des points d’ancrage, même fragiles. À redonner un sentiment de sécurité, d’existence, d’appartenance.
Ce que la guerre détruit à l’extérieur, nous tentons, patiemment, de le réparer à l’intérieur.