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ASIE/ISRAËL - Visite historique du Président du Somaliland en Israël: Tel Aviv – « Un moment historique » qui marque l’o...
16/06/2026

ASIE/ISRAËL - Visite historique du Président du Somaliland en Israël: Tel Aviv – « Un moment historique » qui marque l’ouverture d’« un nouveau chapitre ». C’est en ces termes qu’Abdirahman Mohamed Abdullahi, président du Somaliland, a qualifié sa visite en Israël, premier État à avoir officiellement reconnu le Somaliland le 26 décembre 2025.
Abdullahi est arrivé en Israël le 14 juin, où il a rencontré le président israélien Isaac Herzog, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar et d'autres représentants du gouvernement.
L'ouverture de l'ambassade du Somaliland à Jérusalem a constitué le moment fort de cette visite. À cette occasion, une déclaration commune a également été signée en vue de renforcer la coopération entre les deux États dans les domaines de la sécurité et de la défense ; de l'agriculture, de la gestion des ressources en eau et des infrastructures ; de la technologie, de la santé et du développement économique ; ainsi que du commerce et des investissements productifs et infrastructurels.
Le partenariat mis en place par Israël avec le Somaliland, région qui s'est séparée du reste de la Somalie en 1991, s'appuie sur des liens informels antérieurs et s'inscrit dans la logique des intérêts stratégiques de l'État hébreu dans la Corne de l'Afrique et en mer Rouge. Parmi les principaux objectifs figure la lutte contre les Houthis du Yémen, soutenus par l'Iran. Selon certaines sources, Israël disposerait déjà d'une base militaire sur le territoire du Somaliland, peut-être partagée avec les Émirats arabes unis, autre soutien important de la région sécessionniste.
La collaboration entre Israël et le Somaliland a suscité une forte opposition de la part de la Somalie, qui continue de revendiquer le Somaliland comme partie intégrante de son territoire, ainsi que de la part de plusieurs pays arabes, islamiques et africains, qui la considèrent comme une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale somaliennes. En particulier, la Turquie et l'Égypte ont renforcé leur coopération militaire avec Mogadiscio.

Tel Aviv (Agence Fides) – « Un moment historique » qui marque l’ouverture d’« un nouveau ch

ASIE/CORÉE DU SUD - Le président Lee Jae Myung à Fides : « La paix commence lorsque les gens se rencontrent et s’écouten...
16/06/2026

ASIE/CORÉE DU SUD - Le président Lee Jae Myung à Fides : « La paix commence lorsque les gens se rencontrent et s’écoutent mutuellement »: Rome – Le thème choisi pour les Journées Mondiales de la Jeunesse de Séoul 2027, « Courage ! J’ai vaincu le monde » , porte un message d’espérance pour un monde marqué par les tensions et les incertitudes. C’est ce que souligne le président sud-coréen, Lee Jae Myung, dans une déclaration exclusive accordée à l’Agence Fides au sujet de la rencontre internationale qui, l’année prochaine, réunira des jeunes du monde entier dans la capitale coréenne.
« Le thème choisi pour les Journées Mondiales de la Jeunesse de Séoul en 2027 résonne avec force à notre époque. À un moment où les conflits et les divisions continuent de mettre à l'épreuve les fondements de la paix et de la coexistence, il nous rappelle que l'espérance est plus forte que la peur, que le dialogue est plus efficace que la confrontation et que la solidarité reste la voie la plus sûre pour surmonter l'incertitude. Les jeunes d’aujourd’hui sont confrontés à des défis extraordinaires, mais aussi à des opportunités extraordinaires. Leur génération contribuera à façonner la manière dont l’humanité répondra à la division, à l’inégalité, à la transformation technologique et à la tâche urgente de construire un avenir plus pacifique », affirme le Président.
Lee souligne également l'importance des Journées Mondiales de la Jeunesse en tant qu'occasion de rencontre entre les peuples et les cultures, et réaffirme l'engagement de son pays à accueillir des pèlerins de tous les continents : « La République de Corée est honorée d'accueillir les Journées Mondiales de la Jeunesse à Séoul en 2027. Notre aspiration est que Séoul devienne un lieu où les jeunes approfondissent leur foi, nouent des amitiés durables et redécouvrent la valeur de la solidarité au-delà des frontières et des cultures. Au cours des prochains mois, nous nous préparerons à accueillir les jeunes pèlerins du monde entier avec ouverture et hospitalité, dans l’espoir que les JMJ de Séoul 2027 deviennent une expression durable d’amitié, de rencontre et de paix ».
« C’est avec beaucoup d’enthousiasme – a-t-il poursuivi, juste après sa rencontre avec le Pape Léon au Vatican – que nous attendons d’accueillir le Saint-Père, le Pape Léon XIV. Sa présence à Séoul nous rappellera que le leadership moral, la compassion et le dialogue restent indispensables dans un monde fragmenté. J’espère que sa rencontre avec les jeunes encouragera une nouvelle génération à affronter l’avenir avec courage, générosité et un engagement renouvelé au service des autres et du bien commun. »
Dans la conclusion de son message, le président sud-coréen relie la signification de cet événement à la réalité spécifique de la péninsule coréenne, toujours marquée par la division, en présentant le dialogue et la rencontre comme des voies essentielles vers la paix : « Pour le peuple coréen, ces aspirations ont une résonance particulière. Notre péninsule reste marquée par la division et nous comprenons profondément le désir de réconciliation et d’une paix durable. Bien que les Journées Mondiales de la Jeunesse ne soient pas un événement politique, leur témoignage de rencontre et de dialogue exprime une vérité universelle : la paix commence lorsque les personnes se rencontrent, s’écoutent et reconnaissent leur humanité commune. La paix dans la péninsule coréenne et la paix dans le monde sont profondément liées. Tout effort visant à promouvoir la compréhension, la confiance et le respect mutuel contribue à la cause de la paix que toute l’humanité recherche ».
« L’histoire moderne de la Corée – conclut le président Lee dans la déclaration publiée par Fides – nous a enseigné que, même dans les moments difficiles, l’espérance peut vaincre la peur et la solidarité peut vaincre la division. Nous avons vu comment le dialogue peut ouvrir des voies qui semblaient autrefois fermées et comment des personnes qui travaillent ensemble peuvent surmonter des défis qui paraissaient autrefois insurmontables. Mon espoir est que les jeunes qui se réuniront à Séoul en 2027 apportent cet esprit dans leurs communautés et dans leurs pays. S’ils le font, les Journées Mondiales de la Jeunesse laisseront un héritage qui ira bien au-delà de la Corée : un héritage de courage, d’amitié et de paix pour les générations à venir ».

Rome (Agence Fides) – Le thème choisi pour les Journées Mondiales de la Jeunesse de Séoul 2027,

AFRIQUE/AFRIQUE DU SUD - Malawi : appel à la communauté internationale pour le rapatriement de 10 000 compatriotes d'Afr...
16/06/2026

AFRIQUE/AFRIQUE DU SUD - Malawi : appel à la communauté internationale pour le rapatriement de 10 000 compatriotes d'Afrique du Sud: Johannesburg – Selon les informations fournies par le gouvernement de Lilongwe, environ 10 000 citoyens du Malawi se trouvent bloqués en Afrique du Sud et cherchent à rentrer dans leur pays. Dans deux communiqués distincts, l’un émanant de la présidence de la République et l’autre du ministère des Affaires étrangères, les autorités malawiennes ont fait le point sur la situation de leurs compatriotes contraints de rentrer au pays en raison des violences et des menaces xénophobes survenues en Afrique du Sud ces dernières semaines .
« Au 13 juin 2026, on estime à 10 000 le nombre de citoyens malawiens en difficulté dans toute l'Afrique du Sud », indique le communiqué de la présidence. En réponse à cette situation d'urgence, les autorités malawiennes ont dépêché dans le pays une équipe spéciale gouvernementale chargée de faciliter les procédures de rapatriement. Parallèlement, au Malawi, un centre d’accueil et de gestion a été mis en place au stade Kamuzu de Blantyre.
Le ministère des Affaires étrangères a également confirmé que huit bus transportant 645 citoyens malawiens, dans le cadre de l’opération de rapatriement volontaire, ont quitté l’Afrique du Sud hier, le 15 juin. Les personnes rapatriées avaient trouvé refuge à la mairie de Sherwood, à Durban, dans la province du KwaZulu-Natal.
« Les rapatriés devraient entrer au Malawi par le poste-frontière de Mwanza le 17 juin, puis se rendre au stade Kamuzu de Blantyre, où ils seront soumis aux contrôles nécessaires et aux procédures prévues avant de rejoindre leurs destinations locales respectives », précise le communiqué.
Les autorités malawiennes reconnaissent toutefois qu'elles ne sont pas en mesure de faire face seules à cette urgence humanitaire. « Avec environ 10 000 citoyens en difficulté en attente de rapatriement, l'ampleur et l'urgence de l'opération ont engendré des besoins financiers, logistiques et humanitaires sans précédent », déclare la présidence de la République, lançant un appel à la solidarité internationale « afin de garantir que les Malawiens rentrent chez eux sains et saufs, dans la dignité et avec l'espoir d'un nouveau départ ».

Johannesburg (Agence Fides) – Selon les informations fournies par le gouvernement de Lilongwe, env

16/06/2026

« Faire sans rien demander en retour », c'est « le métier de Dieu » : l'« Opération Mato Grosso » au Pérou: par Domitia Caramazza

Lima - « Chacas semble plus proche du ciel que du reste du monde… ». Cette phrase de l’écrivain Mario Vargas Llosa revient inévitablement à l’esprit en traversant ce village niché dans la Cordillera Blanca, où vit depuis près de soixante ans une expérience évocatrice de l’aventure missionnaire latino-américaine. C’est ici que le père salésien Ugo De Censi a donné forme à l’intuition de l’Opération Mato Grosso : impliquer les jeunes au service des pauvres à travers le travail, le partage et une foi incarnée.
« Tout a commencé devant l’ancien retable de ce qui est aujourd’hui le sanctuaire de Notre-Dame de l’Assomption », raconte Mattia, un Lombard qui s’est installé définitivement au Pérou dans la maison historique du « Don Bosco des Andes ». Un accueil placé sous le signe de la gratuité : « Ici, c’est un port d’accueil. Quiconque arrive peut demander un bol de soupe, un café, une oreille attentive… Le père Ugo a toujours voulu que cette maison soit ouverte à tous, 24 heures sur 24 », dit Mattia.
Le père Ugo est arrivé dans ces montagnes dans les années 70, après avoir fondé en 1967 l’Opération Mato Grosso avec des groupes de jeunes Italiens désireux d’aider les populations des Andes. Il ne voulait pas simplement venir en aide aux pauvres, mais vivre avec eux, en partageant leurs peines et leurs espoirs. C’est ainsi que sont nés les ateliers et les coopératives, où des dizaines de jeunes Péruviens travaillent à la réalisation de mosaïques, de vitraux, de sculptures et d’œuvres religieuses commandées par le monde entier. Certaines ont même rejoint le Vatican. Parmi celles-ci, la mosaïque mariale de Lenin Alvarez et la statue de sainte Rose de Lima du sculpteur Edwin Morales, inaugurées et bénies par le pape Léon XIV dans les jardins du Vatican, don du Pérou au Saint-Siège.
Le père Ugo répétait à ses jeunes : « Quand vous avez perdu Dieu, vous avez tout perdu. » Et encore : « On arrive jusqu’à Lui par le travail, par l’effort, avec les mains et les pieds. » De Chacas à Lima, tel est le parcours difficile, loin d’être acquis d’avance, que les jeunes des zones rurales les plus pauvres décident d’entreprendre dans l’espoir d’une vie meilleure.

« Casa Argentina » : une réponse aux questions qui tiennent à cœur aux jeunes Péruviens

Claudia et Lorenzo, accompagnés de leurs huit enfants, ont choisi d’accueillir les jeunes issus des zones rurales les plus pauvres. Une famille missionnaire qui vit depuis onze ans dans l’internat pour garçons de l’Opération Mato Grosso à Lima, devenant ainsi « leurs parents » pour trente jeunes venus de la Sierra. « Nous sommes une famille tout à fait normale, avec le simple désir d’être ouverts aux autres et à la vie ». Au cœur de la capitale péruvienne, cette maison n’est ni un internat ni un centre d’accueil, c’est une famille où tout est partagé, de la prière aux repas, des études au travail quotidien.
Claudia et Lorenzo, originaires de Tivoli, ont découvert l’Opération Mato Grosso lorsqu’ils étaient adolescents. « C’est au lycée que nous avons commencé à découvrir cette réalité », raconte Claudia. « Nous l’avons découverte et nous en sommes tombés amoureux ». Un choix né d’une quête de sens qui les accompagne encore aujourd’hui. Lorenzo en parle avec une sincérité désarmante : « Il faut se mettre à la place d’un jeune de dix-huit ans qui n’arrive pas à comprendre quel sens donner à sa vie. Il y a ceux qui cassent des vitrines, ceux qui prennent une année sabbatique, et ceux qui trouvent un sens à consacrer toute leur énergie à aider les autres ». Pour lui, la perspective d’une vie « déjà écrite » était étouffante : « Ça me rendait vraiment malade de penser que la vie était déjà toute tracée : obtenir son diplôme, s’installer, se marier… il ne manquait plus que de mourir ».
Aujourd’hui, cette quête se traduit par une maison pleine de vie. Les jeunes accueillis viennent des provinces les plus pauvres du Pérou, souvent de familles paysannes analphabètes qui « signent d’un X ». Beaucoup arrivent à Lima sans avoir jamais vu d’escalator ou sans savoir se servir d’un réfrigérateur. Mais surtout, il faut les accompagner dans la découverte d’un monde nouveau sans leur faire perdre leurs racines. Ici, ils trouvent gratuitement le gîte, le couvert et une formation pendant six ans, mais ce qui compte le plus, c’est la vie en communauté.
Les journées commencent très tôt. « À six heures, je passe dans les chambres et je les réveille un par un », raconte Lorenzo. « Ensuite, nous allons à la chapelle, nous faisons une méditation, nous prenons le petit-déjeuner en chantant et en priant, et c’est là que la folie commence ». Certains jeunes partent à l’université, d’autres restent pour les sessions de l’après-midi. Pendant ce temps, certains s’occupent du jardin, d’autres des animaux, d’autres encore vont à la crèche pour jouer avec les enfants orphelins. Le soir, tout le monde se retrouve : dîner, prière et « bonne nuit », le moment où l’on laisse aux jeunes une réflexion sur la journée ou sur ce qui se passe dans le monde. « Quelque chose qui puisse les accompagner dans leur sommeil avec une réflexion ».
L'éducation passe avant tout par la charité concrète. Le week-end, les jeunes préparent des spectacles aux feux tricolores de Lima : jonglerie, musique, flash mobs improvisés devant les voitures immobilisées dans les embouteillages. « Des jeunes qui apparaissent au feu tricolore pour un spectacle de cent vingt secondes », raconte Lorenzo en souriant. Les recettes sont reversées aux missions les plus pauvres. Ces fonds permettent de construire des écoles, de soutenir des crèches et d’aider des paroisses. Le 24 avril dernier, une nouvelle école a été inaugurée à Chimbote, construite grâce aux sacrifices de jeunes comme eux : cinq crèches, une école primaire et un collège qui accueillent plus de mille cinq cents élèves.
Au cours des deux dernières années, Claudia et Lorenzo ont également ouvert une petite garderie après l’école dans un bidonville situé non loin de chez eux. « Pour l’instant, nous ne pouvons y aller qu’une fois par semaine », raconte Claudia, « mais vu la situation, il faudrait y rester jour et nuit ». Un engagement né de la réponse aux besoins rencontrés.
Leurs enfants grandissent eux aussi au sein de cette expérience de partage. Et les plus petits se mêlent aux jeunes accueillis « de manière naturelle, simple », vivant cette communauté comme une partie intégrante de leur vie.
Pour Claudia et Lorenzo, tout cela n’est pas un projet achevé, mais un chemin ouvert. Ouvert à l’aspiration à une vie intense et partagée, qui fait renaître.

« Casa Santa Bernardita » : une réponse aux besoins des jeunes filles péruviennes

À Lima, dans la maison « Santa Bernardita » – l’internat féminin jumeau de celui des garçons –, le Mato Grosso prend forme dans un quotidien fait de visages, d’histoires et de relations. « Ici, j’ai trouvé une famille ». Ces mots de Sofía, venue d’un village de la Sierra pour étudier à Lima, définissent cette Maison à la lumière de l’expérience de vie donnée et partagée.
Trente et une jeunes filles issues des zones rurales les plus pauvres du Pérou vivent ensemble : études, travail, amitié et foi, apprenant à donner un sens à leur vie.
Depuis seize ans, Suelì, une missionnaire laïque, les accompagne ; elle décrit son rôle avec simplicité : « Je suis comme une maman pour elles toutes… ». Son histoire trouve son origine dans une vie apparemment bien remplie, en Italie – études universitaires, travail, engagements ecclésiaux – mais traversée par une profonde inquiétude : « J’avais tout, mais j’étais malheureuse ». Sa rencontre avec les jeunes du Mato Grosso a changé son regard : « J’ai été fascinée de voir des jeunes qui travaillaient, peinaient et donnaient tout aux pauvres ». Elle a démissionné et est partie en mission. Arrivée à Lima, elle n’en est plus repartie.
Les jeunes filles abordent leurs études universitaires en partant souvent d’une préparation fragile et de conditions familiales marquées par la pauvreté. « Elles étudient jusqu’à minuit… avec beaucoup de difficulté », raconte Suelì, qui tient à la formation intégrale de leur personne. La vie commune est faite de règles et de responsabilités mutuelles. Beaucoup viennent de villages andins où tout a commencé dans les oratoires ou les groupes du Mato Grosso. « Mes parents m’ont transmis ce chemin… c’est une belle façon de vivre », raconte Catalina. Fabiola étudie les sciences infirmières « pour pouvoir aider ceux qui en ont besoin », tandis que Carla rêve d’« aider les enfants en Afrique ». L’arrivée à Lima, cependant, est souvent un déchirement difficile. « Au début, ça a été difficile », admet Eidy. La grande ville peut désorienter, mais au sein de la maison naît quelque chose qui les unit. « Il se crée une sorte de sororité », ajoute Nicole. Et Isabel résume tout en quelques mots : « Le Mato Grosso, c’est l’amour ».
Les histoires qui parviennent jusqu’ici laissent souvent des blessures profondes : des familles brisées, des pères absents, des violences jamais racontées. « Au moins trente pour cent d’entre elles ont subi des abus », confie Suelì. Et pourtant, c’est précisément au cœur de cette fragilité qu’émerge une richesse humaine qui la touche : « Elles font preuve d’une incroyable délicatesse ». Ainsi, le quotidien devient un lieu de guérison et d’épanouissement.
Cette expérience transforme également la façon dont on envisage l’avenir. Yorli, vingt ans, venue de Chacas pour étudier les sciences de l’éducation, raconte qu’au début, elle « travaillait par inertie », participant aux activités simplement pour être avec ses amis. Puis quelque chose a changé. C’est le passage de la simple participation à la responsabilité. Pour Yorli, le sens de la vie passe de plus en plus par le don de soi. Et si elle devait résumer son expérience de l’Opération Mato Grosso en trois mots, elle choisirait : « Dieu, don et gratuité ».
Pour certaines jeunes femmes, ce chemin devient un choix encore plus radical. Úrsula, diplômée en tourisme et patrimoine culturel, a décidé, après ses études, de faire une pause d’un an pour se consacrer entièrement à la mission. « Une année au service des autres ». Une décision que sa famille a du mal à comprendre : « Ils pensent que c’est une année perdue ». Mais après la mort de son père, Úrsula sent qu’elle ne peut plus vivre dans l’oubli de soi : « Je me suis demandé comment employer ma vie ». C’est ainsi qu’elle se retrouve sur les chantiers du Mato Grosso à peindre des murs, construire des écoles, organiser des activités pour les enfants et les jeunes des banlieues. « Nous essayons d’inviter les jeunes à ne pas perdre leur temps dans des choses futiles ».
La gratuité semble être le fil rouge qui relie leurs vies en une seule trame mystérieuse et haute en couleur. Suelì cite une phrase du père Ugo devenue une règle de vie : « Agir gratuitement, c’est le métier de Dieu… ».

À la fin de notre rencontre, avant de partir faire leur service au « Puericultorio Pérez Aranibar », les jeunes filles se serrent les unes contre les autres en souriant à la caméra, exprimant un souhait : saluer le Pape Léon, le « pape péruvien », qu’elles espèrent pouvoir rencontrer lors de son prochain voyage apostolique au Pérou.

L'Opération Mato Grosso au « Puericultorio Pérez Aranibar » de Lima

Dans le district de San Miguel, au sein de l’un des plus grands centres d’accueil pour enfants en situation de vulnérabilité du Pérou, géré par la Beneficencia de Lima, l’Opération Mato Grosso a engagé ces dernières années une transformation radicale. Le foyer pour enfants de la capitale est un complexe de plus de 14 hectares qui accueille des mineurs en situation d’abandon ou d’extrême vulnérabilité, issus de milieux familiaux et sociaux en grande difficulté. Avant l’arrivée des volontaires de l’OMG en 2016, c’était une structure marquée par des années de difficultés éducatives, de souffrance et de dégradation progressive.
Le père Lorenzo, prêtre originaire de Vérone qui a grandi au sein de l’Opération Mato Grosso, se souvient de son premier contact avec ce lieu comme d’une rencontre avec une réalité profondément meurtrie et complexe, où des pavillons entiers étaient laissés vides et où des centaines d’enfants vivaient dans des dortoirs impersonnels. Lorsque le père Ugo lui a demandé de s’installer à Lima pour « observer et comprendre », le père Lorenzo était encore séminariste. Dans cette situation si délicate, il a vu la possibilité de repartir à zéro, à commencer par les enfants.
La transformation a commencé par les locaux, mais surtout par la vision pédagogique. Les grands dortoirs collectifs ont été progressivement remplacés par de petites maisons familiales. « Chaque enfant est une âme », répète le père Lorenzo. « Nous devons faire tout notre possible pour qu’il se sente aimé. » Aujourd’hui, le complexe abrite des écoles, des ateliers, des potagers, des aires de jeux et des foyers d’accueil aux chambres colorées et accueillantes, un four à pizza hebdomadaire, une piscine…
Les missionnaires sont de jeunes laïcs venus d’Italie qui vivent avec les mineurs jour et nuit, partageant leur quotidien. Miriam, la trentaine, vit dans la maison « El amor todo lo puede », où résident quatorze fillettes âgées de huit à douze ans. « Ce n’est pas juste que ces fillettes n’aient pas de parents », réfléchit-elle. « Je souhaite que ma vie contribue un peu à rendre justice à celles à qui personne ne rend justice ». Elisa, vingt-huit ans, responsable de la maison des plus petits, décrit ainsi son choix de vivre là-bas : « Il y avait un désir de vivre une vie différente, une vie offerte, au milieu des enfants ». Leur engagement est total. « Nous vivons ici 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Les enfants ne partent jamais. Nous sommes une grande famille », racontent-elles. Les journées se succèdent entre l’école, les ateliers, les devoirs, les anniversaires, les douches, les goûters et les petits rituels quotidiens : une pizza préparée ensemble, un film regardé sur le canapé en mangeant du pop-corn, une fête dans la cour. Des gestes simples, mais décisifs pour des enfants qui n’ont jamais connu de véritable foyer.
La pouponnière de Lima est aujourd’hui un symbole de renaissance au sein d’une réalité qui, pendant des années, a incarné l’une des blessures les plus douloureuses de l’enfance péruvienne. Et c’est peut-être précisément là qu’une visite du Pape pourrait revêtir une signification particulière : non pas comme une dénonciation, mais comme un geste de solidarité envers les enfants, les jeunes et les adolescents qui attendent « leur » Pape.

« Casa Virge de Guadalupe », une réponse à la crise sanitaire au Pérou

Pour les plus démunis des zones rurales, tomber malade et devoir suivre des traitements complexes revient à devoir choisir entre la santé et la survie. Ils n’ont pas les moyens de payer les médicaments, l’hospitalisation, ni même le trajet jusqu’aux hôpitaux. Lima reste leur seule option. Et pour beaucoup, la maladie est aussi synonyme de déracinement, de solitude et de peur.
C'est précisément pour répondre à cette urgence que le père Ugo De Censi a voulu créer la Casa Virgen de Guadalupe : une maison ouverte depuis plus de trente ans aux malades des missions, qui peuvent y trouver gratuitement un accueil, de la nourriture, un accompagnement humain et un soutien lors des consultations, des examens, des interventions et des hospitalisations. La Casa n'est pas seulement un dortoir pour les malades pauvres. Elle est conçue comme une famille. Les bénévoles accompagnent les patients à l’hôpital, les aident à s’y retrouver dans les démarches administratives, prennent des rendez-vous, traduisent les diagnostics à ceux qui ne parlent que le quechua. « Beaucoup ne comprennent ni les aspects médicaux ni l’espagnol », expliquent Maria et Elena. « C’est pourquoi il faut être à leurs côtés en tout moment. »
Ils accueillent principalement des malades atteints de cancer, mais aussi des enfants atteints de maladies rares, ainsi que des patients nécessitant une dialyse ou des examens médicaux impossibles à obtenir dans les petits hôpitaux de montagne. « Les frais de voyage, de repas et d’hébergement sont à notre charge », explique Maria, une infirmière de Vicence qui vit dans la maison. « Notre engagement est de les accompagner véritablement comme si nous étions leur famille ». Certains restent quelques jours, d’autres plusieurs mois, d’autres encore jusqu’à la fin de leur vie. Ils partagent leurs repas, collaborent aux petites tâches quotidiennes et, chaque soir, se réunissent pour prier le Rosaire. « Malgré le flot de souffrances qui traverse cette maison, l’atmosphère y est très sereine », raconte Elena, une missionnaire originaire de Brescia qui vit au Pérou depuis plus de trente ans. « Parfois, on a l’impression que des anges passent par ici. »
C'est une impression que j'ai moi-même eue en rencontrant Marcellina, une femme d'une cinquantaine d'années venue d'Apurímac après avoir subi une opération cérébrale dramatique pour un méningiome. Douze heures en salle d'opération, puis des complications, un œdème cérébral, une trachéotomie. À sa sortie de l'hôpital, elle ne parvenait même pas à rester assise dans son fauteuil roulant et ne pouvait pas parler. Sa fille se souvient du désarroi de ces jours-là : ils n’avaient nulle part où aller, ils ne savaient pas comment gérer les soins ni les pansements. À la Casa Virgen de Guadalupe, ils ont trouvé une assistance continue, du matériel médical, des personnes qui leur ont appris toutes les gestes médicaux nécessaires. « Si nous n’étions pas arrivés ici, qu’en serait-il advenu de nous ? », se demande la famille. Et c’est là, petit à petit, que Marcellina a recommencé à parler… Son visage n’est pas défiguré par la douleur, au contraire, il semble transfiguré par une extraordinaire tendresse. Pour eux, cette maison est devenue « comme une famille » grâce à laquelle la guérison a repris, tout comme l’espoir.
Une autre présence rayonnante de la Maison est Carol, seize ans, venue de la Sierra avec un cancer de l’ovaire. Pendant sa chimiothérapie, elle continue à étudier grâce à l’aide des bénévoles qui lui ont trouvé une école à Lima. « Ici, on me donne beaucoup d’amour ». Et elle se souvient que toute sa paroisse priait pour elle chaque dimanche : « Il n’y avait pas une messe sans qu’on pense à moi ». Aujourd’hui, elle rêve de devenir enseignante ou pédiatre.
Le cœur de la Maison Virgen de Guadalupe est la chapelle. L’autel abrite trois pierres marquées du sang du père Daniele Badiali, missionnaire assassiné à l’âge de trente-cinq ans après s’être offert en échange de Rosa Maria, catéchiste, lors d’un enlèvement à des fins d’extorsion. Dans les maisons de l’Opération Mato Grosso, on se souvient du père Daniele comme du « martyr de la charité » et, aujourd’hui, pour l’Église, il est Serviteur de Dieu. Grâce à lui, Rosa Maria a compris ce qu’est vraiment la vie donnée : « Ce “j’y vais” n’était pas un geste héroïque improvisé. C’était l’aboutissement de tant de petits “oui” prononcés chaque jour ». Elle me raconte l’enlèvement du 16 mars 1997, dans les Andes péruviennes, alors qu’ils rentraient en voiture d’une célébration religieuse : dans l’obscurité de la route, l’embuscade. « Ils m’ont fait descendre de la camionnette », raconte-t-elle, visiblement émue. « Daniele est venu tout de suite derrière moi et m’a dit : “Reste ici, j’y vais” ». Trois jours plus t**d, son corps fut retrouvé parmi les rochers de la montagne, avec un chapelet dans la poche et un crucifix autour du cou. Sur l’autel, à côté des pierres, sont sculptés dans le bois le symbole du pélican et le grain de blé, en souvenir de l’Évangile que le père Daniele méditait peu avant de mourir. Une vie donnée, comme celle du père Ugo De Censi, son « père spirituel », et comme celle des nombreuses « filles » et « fils » missionnaires acquis, héritiers d’un amour capable de régénérer à une vie nouvelle.

ASIE/BAHREÏN - Le Vicariat d'Arabie du Nord consacré au Sacré-Cœur de Jésus : source de salut et fondement de la vie ecc...
16/06/2026

ASIE/BAHREÏN - Le Vicariat d'Arabie du Nord consacré au Sacré-Cœur de Jésus : source de salut et fondement de la vie ecclésiale: Manama – Les célébrations marquant la consécration au Sacré-Cœur de Jésus du Vicariat d’Arabie du Nord, qui comprend Bahreïn, le Koweït, le Qatar et l’Arabie saoudite ont eu lieu le vendredi 12 juin . La célébration eucharistique solennelle s’est tenue dans l’église du Sacré-Cœur de Manama, déjà dédiée au Sacré-Cœur et sanctuaire, appelée « église mère » car elle est la plus ancienne du vicariat : 85 ans. En vue de cet événement, une neuvaine de préparation a été récitée dans toutes les paroisses et communautés du vicariat.

La célébration de la consécration a été présidée par le Vicaire Apostolique, Mgr Aldo Berardi, O.SS.T., en compagnie de Mgr Eugene Nugent, Nonce Apostolique au Bahreïn, au Koweït et au Qatar. Des prêtres exerçant leur ministère dans la région, des membres de communautés religieuses et des milliers de fidèles venus de tout le Royaume se sont joints à eux. « La solennité du Sacré-Cœur de Jésus est l’une des fêtes les plus importantes du calendrier liturgique catholique. Elle met en avant l’amour, la miséricorde et la compassion du Christ pour l’humanité et nous rappelle la mission de l’Église qui est de refléter et de partager cet amour », peut-on lire dans la note d’AVONA parvenue à l’Agence Fides.

Pour accueillir les fidèles réunis dans l'église, ainsi que ceux qui suivaient la cérémonie en direct sur Internet, le curé, le père Francis, a adressé un salut particulier à Mgr Berardi et à l’Archevêque Nugent, et a rappelé le moment historique où l’église mère du vicariat a été officiellement désignée sanctuaire vicarial par un décret émis par le Vicaire Apostolique Berardi . Il a décrit cet événement comme une étape importante qui a consolidé l’église en tant que lieu de pèlerinage et de renouveau spirituel pour les fidèles de tout le Vicariat. En conclusion de son intervention, il a invité tout le monde à prier pour la paix, l’unité et la prospérité dans tout le Vicariat.

Dans son homélie, Mgr Berardi a évoqué l'importance théologique du Sacré-Cœur en tant que source de salut et fondement de la vie ecclésiale. Au cours de la consécration solennelle au Sacré-Cœur de Jésus, une procession a eu lieu avec des cierges représentant les quatre nations du Vicariat. À la fin de la célébration, l’Archevêque Nugent, Nonce Apostolique, a prononcé un message de joie et d’encouragement à l’intention de la communauté, en vue de la fin de sa mission dans la région . Il a encouragé les fidèles d’AVONA à se confier au Sacré-Cœur de Jésus et leur a rappelé que leur demeure, leur force et leur mission se trouvent dans le Cœur de Jésus. L’un des moments les plus émouvants de la célébration a été l’acte solennel de consécration au Sacré-Cœur de Jésus. Celui-ci a servi de renouveau de la foi et de réaffirmation de l’engagement de la communauté à vivre selon les valeurs de l’Évangile. La solennité du Sacré-Cœur de Jésus a réaffirmé une fois de plus la force durable de la foi au sein de la communauté catholique de Bahreïn et son engagement à construire des ponts de compréhension, d’unité et d’espoir à travers l’amour transformateur du Christ.

Le Bahreïn est actuellement touché par les tensions régionales découlant du conflit en cours entre les États-Unis et l'Iran, les attaques iraniennes visant des installations militaires américaines dans le royaume et dans d'autres États du Golfe. La situation reste instable en raison des tensions générales qui règnent dans le Golfe. Les autorités locales rapportent que plusieurs attaques à la roquette et par drone provenant d'Iran ont été interceptées la semaine dernière. Elles ont également exhorté la population à prêter attention à tout objet inconnu ou suspect, résidu des attaques, à éviter de s'en approcher ou de le toucher, et à le signaler immédiatement.

Manama (Agence Fides) – Les célébrations marquant la consécration au Sacré-Cœur de Jésus du

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