08/03/2025
Chers compatriotes Haïtiens du pays et de la diaspora, aujourd'hui 8 Mars 2025 marque encore la commémoration de la Journée de sensibilisation aux droits de la femme.
Je suis consciente de m'adresser à vous en des temps extrêmement troublés. La situation des Droits de la femme, bien avant la conjoncture actuelle, était déjà en position difficile.
Moi, en tant que femme, j’ai eu à faire face à toutes sortes d’injustices, de violence et de mépris au cours de ma vie. Le fait d’avoir révélé mon statut sérologique au grand public n’a fait qu’aggraver ma situation, ma condition de femme.
Je ne suis pas venue aujourd’hui vous raconter tout ce que j’ai enduré dans la vie. Je suis venue vous dire aujourd’hui, à l’occasion du 8 mars, journée dédiée à la réflexion, à l’action, la sensibilisation et la mobilisation pour les droits des femmes, l'égalité et la justice, COURAGE !
Les rapports témoignent que les gains que nous avons faits dans la bataille sans répit pour nos droits dans les années passées sont plus à risque aujourd’hui que jamais. Dans cette crise sociale et politique actuelle, avec ses dérives inédites et ses folies meurtrières, les femmes et les filles sont les premières victimes. Je pense aux femmes séquestrées, prisonnières des gangs armés et des politiques, aux femmes violées et sans soutien, sans aide psychologique, ni médicale, ni juridique; je pense aux femmes qui perdent leur autonomie, aux Madan sara : leurs commerces et petites entreprises sont détruits. Situation qui les refoule dans la dépendance, la pauvreté et la honte.
COURAGE, je vous redis ! Ne perdons pas espoir.
Aujourd’hui, je me joins à toutes les femmes, particulièrement les femmes PVVIH du Bas-Artibonite, pour faire cette pause de réflexion, pour nous encourager les unes les autres et rechercher ensemble les nouvelles façons et les nouvelles voies pour continuer à lutter pour la vie, pour nos droits, pour les droits de nos filles, dans une société que nous construirons ensemble ; un société moins violente, plus juste et plus inclusive.
Les conditions sont encore plus difficiles qu’avant, le champ de bataille est plus ardu aussi. Mais ne perdons pas espoir. Nous n’oublierons pas que quelle que soit la noirceur de la nuit, le soleil finit toujours par jaillir. Eh bien, soyons ensembles cette lueur qui effacera la nuit et fera place à l’aube d’une société ou les femmes seront respectées et où leurs droits ne seront plus bafoués.
C’est mon message d’espoir et d’encouragement, chères sœurs d’armes, chères filles, en cette occasion de la journée internationale de la femme. Elle n’est pas juste un mot, mais un appel, un rappel que pour nous et pour nos filles, nous resterons débout.
Kenbe fèm, pa moli. Ansanm n'ap lite ansanm, n'ap ranpòte la viktwa.