14/08/2026
Publique pour Haïti
**« Bois Caïman : le serment sacré de la liberté »**
Le Bois Caïman, c’est le souffle ardent qui embrasa l’âme d’Haïti et donna naissance à la première révolution noire victorieuse de l’Histoire. C’est là, sous le ciel étoilé, que les esclaves brisèrent leurs chaînes en unissant leurs voix et leurs cœurs dans un pacte de liberté et de résistance. Ce moment sublime symbolise l’éveil d’un peuple déterminé à reconquérir son humanité, à dire NON à l’oppression, et à écrire son propre destin.
Aujourd’hui, le Bois Caïman résonne encore dans chaque battement de cœur haïtien : un appel à l’unité, au courage, et au combat pour la justice. Honorer cette mémoire, c’est continuer à se lever, à résister et à construire une Haïti libre, fière et souveraine.
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*Le premier dialogue national ou la Cérémonie du Bois Caïman*
En raison de toutes ces luttes intestines et les conflits entre les groupes du Nord et du Sud, le rêve de liberté nourri par les esclaves semblait être à un certain moment hypothéqué…
*Les archives des sociétés secrètes du Nord* révèlent qu’en date du 15 juillet 1791, se sont réunis les nommés : Vixamar Jean Baptiste (Camp Perrin), Jean Baptiste Perrier (Grand’Anse), dit Goman, Manbo Cécile Fatiman (Nord), Boukman Douti (Centre /Ouest), Georges Biassou (Nord), et Acelia Bazile (Ouest), dans l’unique but de convoquer un dialogue inter-groupe sur tout le territoire. Il faut préciser que cette commission de dialogue fut très représentative…
*Les évènements du 14 août à Bois Caïman*
Quand l’étranger ou même l’Haïtien, parle de Bois Caïman, il fait allusion généralement à un pacte diabolique, ce qui a amené la société haïtienne à ignorer ou même nier sa propre histoire, et du même coup perdre son identité.
Selon ma compréhension de ce qui s’était passé sur l’habitation de Normand de Mezy, à Morne Rouge, le 14 août 1791, a été tout d’abord un rassemblement sociopolitique pour la défense de la dignité humaine. Comme les esclaves Congos ont l’habitude de chanter, en langue Kikongo (Bumba Makonda : Protection de la personnalité), ce rassemblement n’était pas une affaire de société secrète, vu qu’elle rassembla toutes les catégories d’esclaves.
Handal Justinvil partage l’idée que les sociétés du vaudou avaient pris le leadership du mouvement parce qu’elles détenaient les secrets de la nation en devenir. Elles seules avaient la capacité d’utiliser différentes tactiques pour rassembler en toute sécurité, en un seul et même lieu, les représentants de différentes catégories et couches d’esclaves sans attirer l’attention des blancs.
Les archives de l’une des sociétés secrètes révèlent que : « Dans la valeur du chiffre 4 de 1791 se réunissaient les chefs de groupes et de tribus. Adelayi Médé avait ouvert la réunion en saluant l’assemblée. C’est pourquoi jusqu’ici dans le vaudou, particulièrement dans l’Ordre Dahoméen, quand on débute une cérémonie, on fait toujours allusion à elle dans ce chant très bien connu : « Kriye bòde Adelyai Médé, kriye bòde »
De la même manière, le Prêtre Boukman Dutty s’est adressé à l’assemblée utilisant des mots en langue Kikongo : « Kula Minkangu Mia Kongo y Zindombe Zazo ». Traduction française : “Je suis envoyé pour libérer les peuples du Congo et la race noire du monde.
Le Prête Boukman leva les yeux vers le ciel et dit : « Nzambi mpungu », qui signifie : Dieu créateur.
Dans les sociétés secrètes, il existe une formule qui permet de contrôler les points cardinaux à travers des parties du corps humain. Pour des raisons personnelles, je me garde de les dévoiler. Dans cet ordre d’idée, Boukman regarda une partie de son corps et dit : « Ntangu », qui signifie le soleil.
Il tourna sa face, et regarda une autre partie de son corps et dit : « Ngonde », qui signifie lune. Il toucha une autre partie de son corps, et dit : « Nzassi », qui signifie tonnerre. Puis il toucha une quatrième partie de son corps et dit : « Lusiemo », qui signifie lumière. Boukman invita l’assemblé à faire les mêmes gestes et répéter les mêmes paroles en langue Kikongo. Ces 4 mots représentaient le symbole de la révolution haïtienne et la base même de la nouvelle nation rêvée par nos ancêtres. Les 4 mots utilisés par Boukman constituaient une phrase qui représentait la devise des guerriers de la libération : « Notre confiance en Dieu pour l’agriculture par la force et la liberté ». Cela devrait être la devise d’Haïti, en guise de celle qu’elle a importée de France.
Dans le vaudou, quand on évoque le soleil, on se réfère à Dieu. C’est comme pour dire que le soleil est la fenêtre qui conduit à Dieu, à l’instar d’autres religions qui ont la même conception. La lune représente les saisons. Le tonnerre représente la force, la lutte et la persévérance. La lumière représente la liberté et la dignité.
Par la suite, Boukman fixa son regard vers le ciel, puis prononça une prière d’ouverture : « Le Dieu qui a créé la terre, le soleil, et la lumière, le Dieu qui tient les océans, qui assure le rugissement du tonnerre, le Dieu qui a des oreilles pour entendre, toi qui es caché dans les nuages, qui nous montre d’où nous sommes, tu vois que le blanc nous fait souffrir. Le Dieu de l’homme blanc lui demande de commettre des crimes. Mais le Dieu à l’intérieur de nous veut que nous fassions le bien. Notre Dieu qui est si bon, si juste, nous ordonne de nous venger de nos torts. C’est lui qui dirigera nos a***s et nous apportera la victoire. C’est lui qui va nous aider. Nous devrions tous rejeter l’image du dieu de l’homme blanc qui est si impitoyable. Écoutez la voix de la liberté qui chante dans nos cœurs ».
Après la prière de Boukman, les chefs de groupes ainsi que les participants signèrent tous un pacte de vivre ensemble et de bonne gouvernance après la libération des esclaves. Ce document, remis à Georges Biassou, et servant de pacte, avait précisé la manière dont la nation devrait être dirigée au départ des colons. Les participants à la réunion s’étaient mis d’accord d’entériner les orientations mentionnées dans le pacte après la libération des esclaves.
Selon ce qui vient d’être dit, il ne fait pas de doute que la cérémonie du Bois Caïman était toute autre chose sauf une cérémonie diabolique, contrairement à ce que pensent les haïtiens depuis plus de 200 ans.
*Si un pacte de vivre ensemble est un pacte d’allégeance à Lucifer, je donne volontiers raison aux détracteurs.*