02/04/2026
Fanm Deside clôture en force sa serie de conférences féministes et appelle à repenser la société haïtienne
En prélude à la Journée Nationale du Mouvement des Femmes Haïtiennes, célébrée le 3 avril, Fanm Deside a mis fin, ce jeudi 2 avril 2026, à une série de conférences entamée le 8 mars, à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes. Une clôture marquée par des prises de parole engagées, critiques et résolument tournées vers le changement social.
Dans une salle comble, réunissant élèves, responsables d’établissements scolaires et militantes issues de diverses organisations féministes, les échanges ont témoigné d’un intérêt croissant pour les luttes féministes en Haïti, mais aussi l’urgence de transformer les rapports sociaux profondément inégalitaires. Les principales interventions ont été assurées par un trio de militantes féministes.
D’entrée de jeu, Lucia Antoine, animatrice de Fanm Deside, a plongé l’assistance dans l’histoire du Mouvement des Femmes Haïtiennes. À travers un rappel des luttes emblématiques et des figures marquantes du féminisme haïtien, elle a mis en lumière un combat de longue haleine pour la dignité, l’égalité et la reconnaissance des droits des femmes. Une intervention qui a permis de situer les enjeux actuels dans une continuité historique, faite de résistances et de conquêtes.
Cette conférence de clôture a mis en lumière les jeunes sur le thème « Féminisme et jeunesse : les jeunes comme actrices du changement ». Dans son intervention virtuelle, Nadia Lafleur, militante féministes, a déconstruit les idées reçues autour du féminisme. Loin d’une opposition entre femmes et hommes, elle a défendu une vision inclusive axée sur une société équilibrée, libérée des discriminations et des rôles imposés. Elle a notamment pointé du doigt les constructions sociales qui enferment encore les individus dans des schémas genrés, freinant toute évolution vers une véritable égalité.
Pour sa part, Marie-Vesta Désameau, l’animatrice de l'émission Action Féministe, a dénoncé l’hypersexualisation du corps de la femme, amplifiée par les réseaux sociaux. Elle a critiqué une culture numérique qui, selon elle, contribue à déformer les repères des jeunes et à banaliser certaines formes d’exploitation sexuelle et symbolique. Pour elle, il est impératif de repenser l’usage de ces outils afin qu’ils deviennent des leviers d’émancipation plutôt que des vecteurs d’aliénation. En outre, elle a également attaqué les fondements du patriarcat, décrit comme un système profondément ancré dans la société haïtienne et reposant sur une logique de domination masculine.
À travers cette dernière conférence, Fanm Deside ne s’est pas contentée de dresser un constat. L’organisation a surtout lancé un appel clair impliquant un engagement collectif, porté notamment par la jeunesse, pour construire une société plus juste, égalitaire et consciente des enjeux de genre.
Notons que le combat des femmes haïtiennes est loin d’être terminé, mais il est plus vivant que jamais et a besoin d’être consolidé pour la continuité.
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