27/05/2025
*Lettre ouverte aux différentes Nations qu’Haïti a aidées*
A ceux qui furent un jour soutenus par la première République noire du monde;
A vous, peuples du Vénézuela, de la Colombie, de l'Equateur, de la Bolivie et du Pérou;
A vous, peuples d’Israël;
A vous, héritiers des luttes d’indépendance de la Grèce;
Cette lettre n’est ni un cri de colère, ni un appel à la pitié. C’est un rappel historique, un acte de mémoire, et un appel à la justice.
Il fut un temps où Haïti, affaiblie mais libre, tendit la main aux peuples enchaînés. Elle le fit sans armée d’occupation, sans intérêt stratégique, mais par conviction profonde que la liberté ne se garde que si elle se partage.
En 1815, Haïti arma Simón Bolívar pour libérer le continent sud-américain.
En 1821, alors que la Grèce se soulevait contre l’Empire Ottoman, le Président Jean-Pierre Boyer répondit à une lettre des insurgés grecs. Il leur envoya non seulement son soutien moral, mais aussi des armes et une cargaison de café, destinée à être vendue pour financer leur combat. Haïti, isolée, menacée, exsangue, offrait à un peuple lointain ce qu’elle avait de plus précieux.
En 1947, elle vota pour la naissance d’Israël.
Elle fut phare pour les esclaves, refuge pour les révolutionnaires, inspiration pour les peuples opprimés.
Et aujourd’hui ?
Haïti est au bord du gouffre. Ses enfants fuient ou meurent. Sa dignité est attaquée, ses voix sont étouffées. Mais le monde regarde ailleurs, y compris ceux qu’elle a aidés, autrefois.
Or, si Haïti souffre aujourd’hui, ce n’est pas seulement à cause d’elle-même. Elle souffre aussi pour avoir été trop seule à vouloir libérer les autres. Chaque arme donnée, chaque parole de soutien, chaque abri offert, elle les a payés de sa propre stabilité, de sa richesse, de sa sécurité. En aidant les autres, Haïti a réveillé des colères impériales, subi des sanctions déguisées, et porté seule le poids d’une liberté dérangeante. Ce que vous voyez aujourd’hui n’est pas un échec, c’est le p