18/05/2024
IL ETAIT UNE FOIS UN PAYS, UNE NATION ET UN DRAPEAU
Marchons unis, marchons unis, pour le pays, pour les ancêtres … du sol soyons seul maître.
Ces paroles célèbres insérées soigneusement dans l’hymne national accompagnent toujours le lancement du drapeau ainsi que sa descente. Qui n’a pas bonne souvenance de ces années glorieuses où le citoyen haïtien chaque huit heures du matin se hâtait afin de s’approcher le plus près possible des casernes pour assister à la solennité de l’envoi du bicolore qui flottait avec fierté dans le bleu d’azur. Dans le respect, la discipline, le citoyen haïtien se tient du moins se tenait debout dans le silence complet tout en se décoiffant, la tête altière, le front haut non seulement pour rendre un hommage bien mérité aux valeureux combattant de Vertières, de la crête-à-Pierrot et de la butte charrier qui se sont immortalisés sous les boulets et la mitraille pour nous créer un drapeau, mais aussi et surtout pour renouveler notre attachement indéfectible à la patrie commune. Quel geste de patriotisme ! Quelle preuve de civisme!
Cependant, depuis plus de 3 décennies la faiblesse de l’Etat manifesté à travers nos gouvernements a conduit le citoyen à observer un comportement de désobéissance, d’irrespect, de mépris envers le drapeau. Ce dernier ne représente plus ce symbôle d’existence d’une nation, d’un peuple libre, indépendant et autonome. Il n’est plus ce motif de fierté, d’orgueil, de reconnaissance. Il est tout carrément vilipendé, blasphémé, avili par ceux là même qui sont appelés à le valoriser.
Voilà deux siècles après sa création par Toussaint Louverture en 1801, il y a lieu de se demander avec justesse est-ce que la Nation haïtienne continue d’exister ?
Peut-on parlé de l’existence d’un drapeau ?
Au regard du mauvais traitement réservé à notre bicolore en raison du dépérissement des valeurs morales entraînant la désobéissance civile. Il faudrait mieux, semble dire le citoyen avoir un autre drapeau. L’état piteux dans le quel est laissé le drapeau interpelle notre conscience citoyenne… il appelle notre sentiment d’appartenance à ce petit coin de terre de la caraïbes… il nous oblige à faire un Mea culpa.
La situation est écœurante, révoltante même. Dans les mâts (sil en existe d’ailleurs tant des édifices publics que privés le drapeau brille par son absence. Cette bande d’étoffe de couleur bleu et rouge disposée horizontalement avec le carré de tissu blanc contenant les armes de la république ainsi que le bonnet de la liberté n’est plus l’objet de cet exercice sublime de monté et de descente dans les bâtiments. Rares sont les bureaux publics ou le drapeau est monté à huit heures du matin et descendu après midi à cinq heures. S’il arrive a être hissé par un heureux hasard, c’est pour ne plus redescendu, si et seulement si, quand, usé par le temps et les intempéries de toutes sortes, il faut le remplacer. La Dessalinienne n’est entonné qu’en de très rares occasions, le plus souvent elle est prononcée de façon hypocrite, sans conviction aucune. Qui p*s est, aujourd’hui, bon nombre d’autorités ne savent rien aux paroles, ils ne peuvent entonner l’hymne national !
Ainsi, les adolescents d’aujourd’hui sont privés de la jouissance du plaisir ainsi que du charme que procurait une cérémonie de lancement et de la descente du bicolore dans ce pays, ce pays ou il faisait bon vivre dans le respect, la paix et la fraternité. Voila ce qui oblige les plus pessimistes a se demander lequel de celui de nos prochains Gouvernements trouvera la formule magique qui permettra au pays de connaître des situations moins traumatisantes que celles d’aujourd’hui.
Shizneider BAPTISTE
Diplomate/ Journaliste
Spécialiste en Relations internationales
Président Intelligence Diplomatique et Strategique - IDS