16/05/2025
Luis Abinader a choisi sa stratégie : gouverner en pointant du doigt. Gouverner en diabolisant. Gouverner en transformant la crise haïtienne en épouvantail politique.
Plutôt que de promouvoir une coopération équilibrée entre les deux pays de l’île, il a opté pour le rejet, l’exclusion, et la stigmatisation. Il alimente sans relâche un récit dans lequel Haïti n’est qu’un fardeau, une menace, une anomalie à contenir. Et dans ce récit, il se positionne comme le seul garant de l’ordre, comme l’homme qui protège « sa » nation contre le chaos d’à côté.
Mais cette posture n’est ni innocente, ni désintéressée. Elle est délibérément construite. Abinader sait que tant que Haïti sera perçue comme instable, il pourra apparaître comme indispensable. Tant que l’image de l’autre est affaiblie, la sienne peut se renforcer. Cette stratégie du bouc émissaire lui permet de détourner les regards des défis internes, de mobiliser les passions nationalistes, et de renforcer son poids sur la scène internationale.
Et ce n’est pas seulement une tactique politique, c’est une entreprise de déshumanisation. Quand on piétine les droits des haïtiens, qu’on les expulse sans procédure, qu’on viole les traités signés, ce n’est pas par oubli. C’est par calcul. Haïti n’est pas un partenaire : c’est devenu, dans la logique d’Abinader, une menace à instrumentaliser.