05/09/2026
Décision historique: l’ONU a adopté une résolution encourageant l’utilisation de cartes plus fidèles aux superficies réelles des pays et des continents.
L’ONU adopte une nouvelle vision cartographique du monde.
À New York, le 4 septembre 2026, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution visant à promouvoir une représentation cartographique plus fidèle aux superficies réelles des continents, notamment celle de l’Afrique.
Une décision largement approuvée.
La résolution, intitulée « Correct the Map » (« Corriger la carte »), a recueilli 164 voix favorables, une voix contre et six abstentions. Elle encourage les gouvernements, les institutions internationales, les établissements scolaires et les acteurs de la cartographie à privilégier des projections permettant de mieux comparer les superficies des continents.
Pourquoi changer la carte du monde ?
Depuis des siècles, la projection de Mercator est largement utilisée dans les cartes scolaires, les atlas et certains outils numériques. Conçue au XVIᵉ siècle pour faciliter la navigation maritime, elle présente cependant une importante déformation des superficies : plus un territoire est éloigné de l’équateur, plus sa taille apparente est exagérée.
Cette représentation peut donner l’impression que le Groenland est presque aussi grand que l’Afrique. En réalité, l’Afrique est environ quatorze fois plus vaste que le Groenland. Les pays situés près de l’équateur, notamment en Afrique, en Amérique latine et en Asie du Sud, apparaissent ainsi proportionnellement plus petits qu’ils ne le sont réellement.
La projection Equal Earth au cœur de l’initiative.
La résolution encourage notamment l’utilisation de la projection Equal Earth, conçue en 2018 pour représenter les superficies des continents de manière plus fidèle. Elle permet de mieux visualiser les rapports de taille entre les différentes régions du monde, tout en conservant certaines déformations inévitables lorsqu’on représente une sphère sur une surface plane.
Il ne s’agit donc pas d’une carte parfaite.
Aucune projection plane ne peut représenter simultanément et sans déformation les superficies, les formes, les distances et les directions de l’ensemble du globe. Le choix d’une projection dépend toujours de l’objectif recherché.
Une initiative portée par l’Afrique.
Le Togo a joué un rôle central dans la présentation de cette résolution au nom du Groupe africain. L’initiative bénéficie du soutien des 55 États membres de l’Union africaine et s’inscrit dans une campagne plus large visant à corriger les représentations géographiques jugées déséquilibrées.
Pour ses promoteurs, cette réforme dépasse la simple question technique. Les cartes ne servent pas uniquement à localiser des pays : elles contribuent aussi à façonner les perceptions du monde. Une représentation plus fidèle de l’Afrique peut ainsi participer à une meilleure compréhension de son importance géographique et de sa diversité.
Quels changements dans les écoles et les outils numériques ?
La résolution pourrait progressivement influencer les manuels scolaires, les atlas, les publications internationales et certaines plateformes numériques. Le Togo a notamment annoncé son intention d’actualiser ses supports pédagogiques d’ici à la fin de l’année.
Cependant, la transition ne sera ni immédiate ni uniforme. La projection de Mercator demeure utile dans certains domaines, notamment pour la navigation, et continuera d’être utilisée dans différents contextes.
Une réforme symbolique aux enjeux éducatifs.
L’adoption de cette résolution rappelle que la cartographie est à la fois une science et un outil de représentation. En encourageant des cartes plus fidèles aux superficies réelles, l’ONU souhaite contribuer à une vision géographique plus équilibrée, particulièrement dans l’enseignement et l’information du public.
Cette décision ne change pas les frontières des États et ne modifie pas leur superficie réelle. Elle invite plutôt à mieux représenter le monde tel qu’il est, afin que les générations futures puissent le comprendre avec davantage de précision.
M. Charles Philippe Bernoville
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