19/06/2026
COMMUNIQUÉ DE L’ASSOCIATION DES JEUNES POUR LA DÉFENSE DES DROITS DES ENFANTS (AJDE-GUINÉE).
Objet : Condamnation ferme de l’acte de barbarie infligé à une enfant victime de mariage forcé – Appel à la justice et à l’État pour des sanctions exemplaires.
L’Association des Jeunes pour la Défense des Droits des Enfants (AJDE-Guinée) a été saisie, avec une profonde indignation, d’une vidéo d’une rare violence circulant largement sur les réseaux sociaux. Celle-ci montre un homme, dans une posture bestiale, bastonnant avec une cruauté inouïe une fillette visiblement très jeune, dont le corps frêle ploie sous les coups, tandis qu’elle exprime, dans un sanglot déchirant, son refus d’épouser un homme qu’elle ne connaît pas et pour lequel elle ne se sent ni prête ni consentante mais "obligéde dire je l'aime" pour échapper aux coups qui lui tomber sur le corps.
Cette scène insoutenable, qui heurte la conscience universelle, n’est pas seulement un fait divers. Elle est le miroir hideux d’une réalité trop souvent tue : celle des mariages forcés, des violences physiques et psychologiques infligées aux filles, et de la banalisation de la torture sur des êtres vulnérables que nous devons protéger, et non martyriser.
Au nom de tous les enfants de Guinée, au nom de notre engagement sans faille, l’AJDE-Guinée exprime :
1. SA CONSTERNATION LA PLUS ABSOLUE
Nous demeurons consternés par l’image de cette enfant, dont les droits les plus fondamentaux – le droit à l’intégrité physique, le droit à l’éducation, le droit de dire non, le droit à une enfance digne – ont été piétinés avec une déconcertante facilité. Cette violence, enregistrée et partagée sans aucun remord, révèle un mépris profond de la vie humaine et une impunité qui semble acquise. L’AJDE-Guinée s’incline devant le courage de cette fillette qui, malgré les coups, a osé dire ce qu’elle ressentait. Son cri de refus est celui de toutes les petites filles guinéennes réduites au silence.
2. SA RÉVOLTE ET SA CONDAMNATION LA PLUS FERME
Nous condamnons avec la plus grande vigueur cet acte ignoble, qui constitue non seulement un délit pénal (coups et blessures volontaires sur mineure), mais aussi un crime contre l’enfance et une violation flagrante de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE), ratifiée par la Guinée, de la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant, et de notre Code civil qui fixe l’âge minimum de mariage à 18 ans.
Cet homme, et tous ceux qui l’ont soutenu, encouragé ou filmé sans intervenir, sont des complices d’une infamie. Leur lâcheté est à la hauteur de leur cruauté. Ils ont transformé une enfant en souffre-douleur, sa dignité en chiffon, sa vie en enfer.
L’AJDE-Guinée dénonce également le système social pervers qui tolère de telles pratiques au nom de traditions obscurantistes. Une tradition qui brise une enfant ne mérite ni respect ni survivance. Elle doit être combattue par la loi, par l’éducation et par la fermeté de l’État.
3. UN PLAIDOYER URGENT POUR LE RESPECT DES DROITS DES ENFANTS
Nous lançons un cri d’alarme à toutes les autorités, aux leaders religieux, aux chefs de communautés, aux enseignants, aux parents et à la société civile :
· Respectez la parole de l’enfant : Elle n’est pas une propriété, elle est une personne, un sujet de droit. Son consentement est impératif.
· Protégez-la : N’attendez pas qu’elle soit à terre pour agir. La prévention, la sensibilisation et l’écoute sont les remparts contre ces violences.
· Éduquez : L’école est le sanctuaire de l’enfant. Gardez-la à l’école, éloignez-la des prédateurs, donnez-lui les armes de la connaissance pour qu’elle puisse un jour s’affranchir de l’ignorance et de l’arbitraire.
· Dénoncez : Chaque citoyen, chaque voisin, chaque témoin a le devoir moral et légal de signaler ces actes aux autorités compétentes.
Le mariage forcé est un viol institutionnel. Il n’est pas un mariage, c’est une capture, un enlèvement, une servitude. Nous exigeons que chaque enfant soit protégée de ce fléau par des politiques publiques volontaristes, des campagnes nationales de sensibilisation et une mobilisation générale contre les violences basées sur le genre.
4. NOTRE DEMANDE À L’ÉTAT ET À LA JUSTICE : FERMETÉ ET SÉVÉRITÉ EXEMPLAIRE
L’AJDE-Guinée, en tant que vigie des droits de l’enfant, exige du Gouvernement guinéen et de son système judiciaire une réponse à la hauteur de l’abomination visionnée.
· Que l’État prenne ses responsabilités : Il ne doit pas se contenter d’une déclaration de façade. Il doit montrer que la Guinée est un État de droit, protecteur de ses enfants.
· Que la Justice agisse sans tarder : Nous demandons l’ouverture immédiate d’une instruction judiciaire approfondie pour identifier l’auteur des coups, le commanditaire du mariage forcé, le père, la mère ou tout tuteur ayant consenti ou facilité cet acte, ainsi que le ou les complices ayant filmé et diffusé cette vidéo, ajoutant ainsi à l’humiliation publique.
· Que les peines soient sévères, dissuasives et exemplaires : Les responsables doivent être poursuivis pour coups et blessures volontaires sur mineure, tentative de mariage forcé, mise en danger d’enfant, et complicité. Les sanctions doivent être à la hauteur du traumatisme infligé. Aucune clémence ne saurait être accordée à ceux qui font de la violence une méthode d’éducation ou de soumission.
· Que la protection de la victime soit assurée : Cette enfant doit être retirée immédiatement de son environnement dangereux, prise en charge psychologiquement et médicalement, et placée en sécurité dans une structure appropriée. Son nom, son visage et son identité doivent être préservés de toute exposition médiatique ultérieure pour éviter une victimisation secondaire.
5. UN APPEL À LA MOBILISATION GÉNÉRALE
Chers compatriotes, nous ne pouvons pas rester indifférents. Cette vidéo n’est pas un divertissement, c’est un cri. Chaque partage, chaque commentaire, chaque pouce levé sur la souffrance d’une enfant est une insulte à sa dignité. Transformons notre indignation en action.
· Signalez les cas de violence.
· Soutenez les associations de défense des droits des enfants.
· Exigez des comptes à vos élus.
· Refusez de participer, d’assister ou de taire les mariages d’enfants autour de vous.
CONCLUSION
L’AJDE-Guinée ne restera pas silencieuse. Nous serons le porte-voix de cette enfant et de toutes les autres. Nous exigerons que justice soit rendue, que les coupables soient traduits en justice, et que l’État guinéen prenne des mesures concrètes pour éradiquer ces pratiques archaïques.
La loi est claire. La conscience est universelle. L’heure est à la fermeté.
Nous réitérons notre entière disponibilité à collaborer avec les autorités judiciaires et administratives pour que ce dossier aboutisse et serve de jurisprudence pour dissuader toute tentative future de bafouer les droits des enfants.
Pour une Guinée où chaque enfant grandit libre, protégé et respecté.
Fait à Conakry, le 19 Juin 2026.
Pour l’Association des Jeunes pour la Défense des Droits des Enfants (AJDE-Guinée)
Le Bureau National.