05/05/2026
Les vérités cachées derrière les noms de certains endroits de Conakry :
Gbassikolo, Gbessia, Bambeto .
À Conakry, plusieurs quartiers et noms bien connus comme Gbassikolo, Gbessia, Bambeto et même le nom de la capitale ont des origines profondes liées à l’histoire des familles Soumah.
Ces familles sont souvent considérées comme des patriarches de la presqu’île de Kaloum, gardiens d’une mémoire ancienne transmise de génération en génération.
Selon une histoire rapportée par le griot moderne Alpha Camara dans l’émission SUMU animée par Babou Fadama sur Ado.TV, le nom Gbassikolo est souvent mal compris.
Contrairement à certaines croyances populaires, il ne s’agit pas du nom d’un esprit ou d’un diable.
Ce nom viendrait en réalité d’un homme bien réel appelé Abass Soumah.
Cet homme jouait un rôle important dans la vie quotidienne de son époque.
Il aidait les voyageurs et les habitants à se déplacer entre le port de Boulbinet et l’île de Kassa, facilitant ainsi les échanges et les déplacements dans cette zone stratégique.
Avec le temps, le prénom Abass a évolué dans le langage courant pour devenir Gbassi, selon les habitudes de prononciation locales.
En vieillissant, Abass Soumah adoptait une démarche particulière, que les habitants comparaient à celle d’un caméléon.
Or, en langue soussou, le mot “kolo” signifie caméléon.
C’est ainsi que les deux éléments, Gbassi et kolo, se sont associés pour former le nom Gbassikolo.
Ce nom, aujourd’hui très répandu, garde donc la trace d’une histoire humaine simple, mais marquante.
Le quartier de Gbessia est lui aussi lié à cette histoire.
Il est rapporté qu’Abass Soumah vivait dans cette zone.
Le nom Gbessia est ainsi associé à la présence de cette figure importante.
Pendant longtemps, l’aéroport de Conakry portait le nom de Gbessia, en reconnaissance aux patriarches de la ville.
Cette reconnaissance remonte notamment à l’époque du premier président de la Guinée, Ahmed Sékou Touré, qui avait voulu valoriser les figures historiques locales.
Ce n’est qu’en 2022 que le nom de l’aéroport a été modifié, marquant une nouvelle étape dans l’histoire du pays.
Le nom même de Conakry possède une origine tout aussi intéressante.
Selon la tradition orale, il viendrait de deux mots.
Le premier, “Kona”, désigne un ancien habitant baga connu pour distribuer une boisson traditionnelle issue du palmier, appelée “bagui”.
Le second mot, “nakry”, signifie “l’autre rive”.
En associant ces deux éléments, on obtient “Kona-nakry”, c’est-à-dire “Kona de l’autre rive”, qui est progressivement devenu Conakry.
Cette explication montre à quel point les noms de lieux peuvent être liés à des personnes et à des activités quotidiennes anciennes.
Le quartier de Bambeto est également chargé d’histoire.
Il tire son nom de Mama Mbambé Soumah, membre de la grande famille de Soumba Toumany Soumah.
Cette famille est très importante dans l’histoire locale et représente une lignée respectée.
Mama M’Bambé Soumah serait issu de l’aile du troisième fils de Toumani Mangué Sangaré Soumah, ce qui montre la complexité et la richesse des filiations familiales dans la région.
Bambeto est donc associé à cette femme appelée Mama Marie Bambé Soumah, décrite comme une figure Djalloka Sosso Baga.
Elle est considérée comme une femme importante dans cette histoire, et son nom a marqué durablement la mémoire collective.
Elle est également présentée comme la petite sœur d’Almamy Kalla Soumah de Kaporo, une autre figure connue et très importante de l’indépendance de la Guinée.
Cela montre que les noms de quartiers ne sont pas seulement liés à des hommes, mais aussi à des femmes qui ont joué un rôle dans la société guinéenne.
Comprendre ces origines permet de mieux saisir l’importance de la tradition orale dans la transmission de l’histoire en Guinée.
Pendant longtemps, ces récits ont été conservés par les griots et les anciens, qui les transmettaient aux jeunes générations.
Aujourd’hui, ces histoires continuent d’exister, même si elles sont parfois mal interprétées ou oubliées.
Selon ce récit, les premiers occupants de Conakry et de Dubréka ne sont pas seulement ceux que l’on évoque habituellement.
Après le passage des Arabes, des Portugais et des Anglais, les Bagas de la zone de Tombolia, notamment à travers des figures comme Tombo Alia Sylla, ainsi que les descendants du grand chef Soumba Toumany Soumah, sont présentés comme les premiers habitants de ces terres avant l’arrivée des colons français.
L’installation des Français dans la région ne s’est pas faite sans accord.
Il est dit qu’un pacte a été signé avec les patriarches issus de la famille de Soumba Toumany Soumah, notamment pour les zones de Conakry et de Dubréka.
Ce détail rappelle que l’histoire coloniale est aussi faite de négociations et d’ententes locales, souvent oubliées dans les récits simplifiés.
Aujourd’hui encore, en 2026, les traces de cette histoire sont visibles.
La tombe et la maison de Soumba Toumany se trouvent toujours à Toumania.
Ces lieux représentent des symboles importants pour les habitants et témoignent de la continuité entre le passé et le présent.
Connaître cette histoire est essentiel pour éviter les fausses interprétations et mieux comprendre les racines des noms que l’on utilise tous les jours.
Derrière chaque nom de quartier ou de ville, il y a des personnes, des familles et des événements qui ont contribué à construire l’identité de Conakry.
Connaître le village de Conakry devient comprendre la capitale Conakry.
Récoupement effectué par :
Tidiane Soumah arrière petit fils du Chef Soumba Toumany Soumah de la 5éme génération de la descendance directe du premier fils de Toumany : Almamy Kanta Soumah (Le nom actuel de Almamya à Kaloum)