Fondation Amara Soumah

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NOTRE BUT:
- Réhabiliter les acteurs de la période post-coloniale à travers la vérité historique et avant les soubresauts de l’indépendance ;
- Regrouper les Guinéens sur toute l’étendue du territoire autour de nos valeurs ...

Étant ta petite fille, je suis ébahi par ton parcours grand père que ton âme repose en paix, Amina 🤲🏽.La famille!!je vou...
25/07/2026

Étant ta petite fille, je suis ébahi par ton parcours grand père que ton âme repose en paix, Amina 🤲🏽.

La famille!!

je vous présente une légende, un héros.
Le premier Guinéens diplômé en Droit, anciens sénateurs de la IVème République feu TOURE Fodé Mamadou (1940-1958).

Né le 1er avril 1910 à Baccoro (Guinée française) originaire de FORECARIAH plus précisément Farmoriah il est fils de Naby Bakoro Touré.

Décédé le 11 avril 1992 à Conakry (Guinée)

- Conseiller de la République de Guinée de 1947 à 1948;
- Sénateur de Guinée de 1955 à 1958.

Au terme de ses études secondaires au lycée d'Oran, il gagne la métropole en 1931, où il obtient sa licence en droit à la faculté de Toulouse en 1934. La même année, il accède à la citoyenneté française. Il entre alors dans le cadre des commis des services financiers et comptables de l'Afrique occidentale française (AOF).

Au cours de sa première affectation au Soudan, Fodé-Mamadou Touré préside «le Foyer du Soudan», où il milite pour le «Self Government» des colonies de l'AOF. Dès son retour en Guinée en 1945, il crée le parti progressiste de Guinée et lance le journal L'Emancipation Africaine. Après deux candidatures infructueuses aux deux Constituantes, Fodé-Mamadou Touré adhère à la SFIO en 1946 et devient le bras droit du député Yacine Diallo. Il échoue à nouveau aux élections législatives du 10 novembre 1946. Il accède en revanche au conseil du territoire de Foregariah en décembre 1946, mandat dans lequel il sera reconduit au renouvellement de 1952.

Alors secrétaire d'avocat défenseur, il se présente le 13 janvier 1947 dans le deuxième collège de Guinée, au Conseil de la République auquel il est élu par 13 voix contre 11 à Momo Touré sur les 24 suffrages exprimés.

Inscrit au groupe socialiste SFIO à la Haute Assemblée, le conseiller de la République de Guinée est membre des commissions de la France d'outre-mer et des pensions en 1947 puis du ravitaillement en 1948.

C'est au sein de la première qu'il donne toute sa mesure à son activité parlementaire en déposant, durant son court premier mandat, neuf propositions de loi ou de résolution, suivies de trois rapports au nom de la commission de la France d'outre-mer, afin de garantir dans les territoires africains l'égalité des droits entre les populations métropolitaines et les populations autochtones.

Dans le domaine social d'abord, Fodé-Mamadou Touré réclame l'extension en AOF et AEF du code du travail et du régime de la sécurité sociale appliqués en métropole. Constatant par ailleurs que les sociétés indigènes de prévoyance profitent surtout en AOF aux commandants de cercle ou chef de subdivisions, il invite à plusieurs reprises le gouvernement à les remplacer par des coopératives agricoles administrées par des gérants élus par les intéressés. Dénonçant également les inégalités devant le régime des retraites entre les fonctionnaires du cadre métropolitain et du cadre local servant en Afrique occidentale française, il demande l'affiliation de tout le personnel autochtone à la caisse intercoloniale de retraite.

Il intervient aussi sur le droit électoral. Fodé-Mamadou Touré dépose ainsi au lendemain de l'insurrection malgache, une motion invitant le Conseil de la République à ne pas se prononcer sur la demande de levée d'immunité parlementaire des élus malgaches avant d'avoir entendu les intéressés. Il requiert ensuite l'égalité de situation entre les conseillers généraux ou membres des assemblées représentatives des territoires d'outre-mer et les conseillers généraux de métropole, relativement aux indemnités qui leur sont allouées.

La situation alarmante de l'enseignement en Afrique noire retient également son attention. A cette époque en effet, à peine 10% de la population en AOF, et une proportion encore plus faible en AEF, est instruite. Fodé-Mamadou Touré demande donc à rendre obligatoire dans ces territoires l'enseignement primaire, réforme qu'il compare à l'abolition de l'esclavage et qui ne peut que renforcer, selon ses termes, «la position de la France dans le monde en faisant de l'Union française, non pas une formule vide de sens mais une réalité vivante mieux armée moralement et matériellement pour faire face aux difficultés inhérentes à la vie des nations».

Préoccupé par le problème de la propriété et la précarité de l'habitat en Afrique noire, il veille aussi à ce que soient instituées des sociétés coopératives africaines de constructions et, voulant mettre un terme aux tendances de l'administration coloniale à tout incorporer au domaine de l'Etat et à exproprier de leurs terres les populations autochtones par voie de concessions, il plaide en faveur de la garantie des droits fonciers des indigènes en AOF.

Il développe la plupart de ces thèmes en séance publique mais il participe également à d'autres débats comme le budget des anciens combattants, la création d'un institut d'élevage et de médecine vétérinaire des pays tropicaux ou encore le dépistage et le traitement des malades vénériens contagieux qu'il souhaite étendre aux territoires d'outre-mer.

Après sa rupture avec le député Yacine Diallo, Fodé-Mamadou Touré récemment nommé avocat défenseur et commis principal des services financiers, se présente au renouvellement de son mandat au Conseil de la République le 14 novembre 1948 mais il est battu par 9 voix contre 17 à son adversaire indépendant Raphaël Saller. En 1949, le mouvement «United People of Africa» le reconnaît comme son représentant en Guinée. En 1950, après sa réconciliation avec Yacine Diallo, au congrès fédéral de la SFIO, il est nommé secrétaire fédéral adjoint. Après avoir refusé la place de troisième de liste que lui concède la SFIO, il se présente alors seul aux législatives de 1951 et essuie un nouvel échec.

Le 19 juin 1955, Fodé-Mamadou Touré retrouve son siège au Conseil de la République en recueillant, sous l'étiquette socialiste SFIO, 22 voix contre 12 au sénateur sortant Raphaël Saller.

A son retour à la Haute Assemblée, il se rattache au groupe SFIO dont il démissionne le 8 novembre 1955 pour rejoindre la Gauche démocratique. Il retrouve la commission de la France d'outre-mer et est nommé membre de la commission de la justice. Cependant, l'activité parlementaire de Fodé-Mamadou Touré se limite, pour ce second mandat au Conseil de la République, à quelques interventions sur les questions d'outre-mer.

Le 19 juillet 1955 par exemple, à l'occasion de la révision de certains articles de la Constitution de 1946, il fait part de sa déception devant le statut de l'Union française et pose le problème de l'assimilation et du fédéralisme. L'année suivante par ailleurs, faisant allusion au projet de loi-cadre relatif aux territoires d'outre-mer, il proclame : « l'oeuvre entreprise constitue pour nous un immense espoir. Elle fortifie notre conviction dans les destins de l'Union française. Elle constitue pour nous la preuve, comme le disait Jean Jaurès, que la France est et demeure une force motrice du progrès humain ».

Passé entre-temps au groupe de l'Union démocratique et socialiste de la Résistance et du Rassemblement démocratique africain, il vote les 2 et 3 juin 1958, pour la reconduction des pouvoirs spéciaux en Algérie, accorde les pleins pouvoirs au gouvernement et approuve la révision constitutionnelle. Mais son mandat de sénateur prend fin au lendemain du refus de la Guinée d'entrer dans la Communauté exprimé dans référendum du 28 septembre 1958.
......................................................
Fodé Mamoudou Touré 1 avril 1910 11 avril 1992
Voici chers amis l'itinéraire en résumé de ce grand Homme d'État avocat sénateur de la 4eme république française.

- Ministre de la justice;
- Ministre de la fonction publique;
- Secrétaire d'État au budget au rang de Ministre;
- Ministre du contrôle d'État;
- Ministre de l'économie et des finances jusqu'à la mort du feu président Ahmed Sekou Touré;
- Notaire.

A l'occasion de la date anniversaire de son décès nous lui rendons hommage et remercions le Cnrd et le président général Mamadi Doumbouya pour la reconnaissance en lui donnant le nom d'une villa à la cité ministérielle.

Merci au nom de la famille Fodé-Mamadou Touré.

ZOHRA NABBIE TOURE

13/06/2026

Précision importante concernant l'histoire de la communauté Baga.

Je souhaiterais apporter une petite correction à certains éléments du texte relatifs à l'histoire de la communauté Baga.
Le texte indique que les Baga auraient été chassés du Fouta en raison de leur attachement aux pratiques animistes. Cette affirmation mérite d'être nuancée. En réalité, le déplacement des Baga du Fouta vers la Basse-Guinée s'explique principalement par des raisons liées à leur mode de vie économique et à leur activité principale : l'agriculture des plaines inondées.

Parmi les différentes activités pratiquées par les Baga notamment : la pêche, la chasse, la cueillette et l'agriculture , cette dernière occupe une place prépondérante. Les conditions écologiques du Fouta ne répondaient pas aux exigences de cette forme d'agriculture, contrairement aux zones côtières et aux plaines inondables de la Basse-Guinée.

C'est donc essentiellement la recherche d'un environnement favorable à leur activité agricole qui a motivé leur déplacement.
Je souhaiterais également apporter une précision concernant la toponymie des villages baga, en prenant l'exemple de KATACO.

Avant d'être connu sous le nom de KATACO, ce village portait historiquement le nom de DASSÈMÈ, qui signifie en langue baga « la forêt des animaux ».

Cette région était autrefois occupée par une importante faune sauvage. Pour rendre cet espace habitable, il fallait des chasseurs particulièrement courageux et expérimentés, capables d'affronter les nombreux animaux qui y vivaient.

Selon la tradition orale, c'est à la suite de ces luttes répétées menées par les chasseurs que serait apparue l'expression baga « Kata Kö Kata », devenue par la suite Katakö, puis Kataco. Cette origine traditionnelle du nom diffère donc de l'explication présentée dans le texte et mériterait d'être prise en considération.

Je remercie sincèrement Monsieur Richard pour ses remarquables recherches et pour sa contribution à la valorisation de la vie culturelle, religieuse et cultuelle de la communauté baga. Ces précisions se veulent simplement un apport complémentaire afin d'enrichir davantage la compréhension de l'histoire et du patrimoine baga.

12/06/2026

*LA BAGANITÉ, LE BAGANISME ET LA BAGANISATION toujours en marche*.

Quelqu'un peut-il ajouter quelque chose sur ce récit ci-dessous ? 👇👇👇

Kaloum village baga, appelé aussi: « Presqu’ile de Kaloum »

Le mot "KALOUM" signifie la forêt en baga.
C'est l'une des cinq communes de la ville de Conakry, capitale de la Guinée. Les 4 autres communes étant Matam, Dixinn, Ratoma, Matoto. Elles constituent le centre-ville de Conakry. Avant les colons, Kaloum était une zone de pêche traditionnelle, peuplée par les bagas.

Les Bagas

C'est une population d'Afrique de l'Ouest vivant en Guinée, en Guinée-Bissau et en Sierra Leone. On observe plusieurs variantes : Aga, Baele, Baga-Binari, Baga-Koga, Bagas, Bagga, Bago, Bailo, Barka, Boloes, Kalum, Zape Boulones.

Le Bagataï, Ou pays Baga, se situe autour des villes de Boké, de Boffa et de Kamsar, en Basse-Guinée, c'est-à-dire dans la région de la Guinée maritime. Les Bagas occupent également de nombreuses îles de la Basse-Guinée, tels que les îles de Loos au large et de Conakry dont ils sont d'ailleurs les premiers occupants. En effet, Conakry, capitale de la République de Guinée, vient du mot baga « il ko konakiri » qui a pour signification >, tout comme la majorité des noms de ses quartiers et des communes alentours.

Le peuple Baga est composé de plusieurs sous-groupes, qui sont :

1. Les Bagas-foté ou Bagas stémou, littéralement les "Bagas occidentaux" du fait qu'ils sont parmi les premiers peuples d'Afrique à avoir été en contact avec les premiers Européens au Moyen Âge (Portugais, Hollandais, Anglais...) ils sont les plus nombreux en basse -côte leurs cousin directs en dialecte sont les téminè, les manduri et les landouma.

2. Les Bagas-forè, littéralement les "Bagas noirs", sont la branche la moins métissée aux Mandingues. Ils occupent la rive gauche du Rio Nunez.

3. Les Bagas-Manduri, étroitement liés aux Nalous, leurs voisins, et adoptèrent les rites de leur société secrète, le « Matjiol » Lors des grandes assemblées la langue religieuse des Baga-Manduri est le nalou. Ils habitent les bords du Compony.

4. Les Bagas Koba, ou encore appelés Sobané Bagas, qui vivent vers la ville de Koba.Les Bagas Kankinof, habitent près des marigots de Tonkima.

Tous appartiennent aux peuples côtiers et insulaires d'Afrique de l'ouest.

Les principaux villages du Bagataï sont Katako ("je m’arrête ici"), Kakilensi ("on m’a fait arrêter là"), Bagonia ("j’arrive à un endroit où il n’y a personne"), Kamsar ("nous allons voir ici, si c’est bon"), Kawass ("enlever l'herbe qui pousse parmi le riz"), Katongoron ("grosse chenille noire, et aussi endroit où on fait du sel") Kouffin (balayer ici pour se reposer), mais aussi M'botini,Maré, Bigori ou Mankountan, Kalixè, Kebankané, Kagbana, Démini, Bassiah, Bélébélé, Mara-ou, Bintongo, Kantomé, Tarokouré, Kawessi, Wessi, Kakourountou, Kambilac, Kassomba, Toumbétaye, Dabérébo, Kembampa, Dibi etc.

À l'origine, les Bagas habitaient les massifs montagneux du Fouta Djallon, région de la Moyenne Guinée, avant d'en être refoulés vers le sud et le littoral vers le 17e siècle par les vagues successives de Peuls. Les Bagas sont considérés par la tradition comme les premiers habitants du Fouta-Djallon. Cette migration massive de Peuls, originaires pour leur majorité du Macina, vers le Fuuta Jalon, est une des causes de la parenté de toutes ces nombreuses ethnies qui bordent le Golfe de Guinée, de la Casamance (dans le Fouladougou Harbala est une montagne qui s'appelle "Bagakourou", c'est-à-dire Mont Baga) à la Sierra Leone.

Anciens possesseurs des bastions du Fouta actuel, ils étaient les intermédiaires obligés entre les peuples de la forêt ou du Soudan et ceux des Rivières ou de la Sénégambie. Lorsque, au Moyen Âge, les navigateurs européens apparurent, ils descendirent par petits groupes vers le littoral, vendant leur ivoire aux étrangers.

Ils étaient en effet, et sont encore, grands chasseurs et pêcheurs. Excellents arboriculteurs, les Bagas sont de grands cultivateurs de riz. Ils étaient également potiers et forgerons, avant que l'influence des Mandingues ne leur ait fait considérer ce dernier métier comme déshonorant.
Les principaux chefs furent : Sampeul, Bogos, Soumari Fi, Tonho, Tomoné, Kambara, Sory Pokaré, Ma Diwil, Mankarondé, Yayo, Manga Baki, Baya Tomboli, Balé Bokari, Balé Bassi.

Religion

Musulmans en majorité, ils comprennent néanmoins une forte communauté catholique, avec une christianisation ancienne. Grands féticheurs, ils adoraient les génies locaux et des masques, tels que :
l'esprit puissant "Ninkinanka" (guérison et fertilité), "Bansonyi" en langue Soussou.
le "Nimba", representation de la fertilité et de la fécondité créé par les baga de Mbotini a timbiTouni de Pita en 1870 et repris au bagataye en 1920 par vieux Tommy PANIVAL de Kouffin à l'époque jeune de 26 ans.
Ils avaient aussi un culte astral. Ces cultes sont d'ailleurs toujours vivants. En effet le Dieu suprême se dit en langue Baga "Kanu" ou "Atshol"(littéralement le médicament). Sociétés patriarcales, les Bagas sont tout de mêmes caractérisés par une forte présence des femmes à tous les niveaux de décision, signe d'une société anciennement matriarcale.

Langues

Fortement mélangés aux multiples ethnies de la Basse côte guinéenne (Landoumas, Nalous, Soussous, Yola, Limbas, Téminè, Mikhiforè...), les Bagas (comme ces autres ethnies précitées), en plus de la langue baga, parlent le soussou et répondent même à l'appellation de Susu, suite aux forts mélanges consécutifs à la promiscuité entre ces différentes ethnies durant les trois derniers siècles.

Source : Morlaye morlus Soumah.

07/06/2026

AMARA SOUMAH : L’HOMME-SOCLE
À la mémoire d’Amara Soumah.

Aucune cime ne défie le ciel sans l’enracinement secret des profondeurs.
Je dédie ce texte à mon grand-père, pionnier de l’aurore guinéenne et premier secrétaire du PDG-RDA. Cette œuvre se veut le pont jeté entre le sang et la patrie, entre la fidélité d’un nom et la souveraineté d’un destin.

L’Histoire est le jaillissement de ces hommes rares qui, par leur seule présence, lui confèrent un cap. Amara Soumah se tient là comme une origine, une fondation de granit, ce point de bascule nécessaire à partir duquel l’impossible devient réel. L’histoire véritable ne naît pas du vacarme mais se forge dans le silence et dans l’acier des volontés qui s’organisent avant même de se dire. En cela, il appartient à cette trempe de précurseurs qui, avant que la porte ne s’ouvre, en avaient déjà forgé les gonds.

Dans les années 1930, alors que la nuit coloniale pèse, épaisse et poisseuse, le régime de l’indigénat s’emploie à fragmenter les âmes pour mieux disperser les courages. Face à cette entreprise, Amara Soumah comprend une vérité simple mais redoutable : le pouvoir craint l’ordre plus que la révolte. C’est ainsi qu’il érige, avec d’autres guinéens, l’Union de la Basse-Guinée pour tisser des liens là où l’on s’efforçait de diviser. Il y passe ses nuits à la lueur des lampes à pétrole, dressant des listes et convainquant, un à un, des hommes qui n’osent pas encore lever les yeux. Sa noblesse réside dans cet effacement absolu derrière les structures qu’il construit, transformant la passion individuelle en institution collective. Sans ce socle, l’édifice de 1958 se serait inévitablement effondré.

Parallèlement à cet engagement social, le sport devient son premier terrain d’exercice, une véritable répétition générale de la liberté. En cofondant l’Étoile de Guinée, il impose la rigueur de la règle sur la pelouse, faisant chanceler la hiérarchie coloniale devant l’égalité souveraine du jeu. Le stade se mue en premier parlement d’une nation en marche. Fort de cette expérience, il fonde en 1937 le Cercle Indigène, sanctuaire de lumière face à l’exclusion où l’homme redevient sujet de sa propre vie. Il y prépare les esprits à la distinction, convaincu que l’indépendance n’est rien sans la discipline intérieure.

Le monde s’embrase lorsque la Seconde Guerre mondiale consume l’Europe et rebat les cartes du destin. Dans ce contexte, Amara Soumah rejoint dès juillet 1940 les réseaux de résistance de la France Libre. Arrêté en 1941 avec son groupe, il est condamné à mort le 27 mai 1942 par le tribunal militaire de
Vichy à Dakar, puis transféré sur l’île de Gorée. Sa peine est ensuite commuée en travaux forcés à perpétuité le 28 octobre 1942.

Son compagnon de lutte, Adolphe Gaétan, voit en revanche son recours rejeté et est fusillé le 19 novembre 1942 au champ de tir de Fann. Dans la cellule, une Transcription d’un dernier échange scelle leur engagement :
— « Ils ont refusé », dit Gaétan simplement.
— « Alors il faut que cela serve », répond-il.
— « Cela servira », dit Soumah.

La chute du régime de Vichy libère les survivants. Amara Soumah, identifié par les archives comme résistant engagé en Afrique Occidentale, entame alors le long voyage du retour à travers le Mali et la Guinée. Il rejoint Conakry avec une détermination intacte, reprenant sa place comme si rien ne l’avait déplacé. Il retrouve immédiatement sa famille, son activité bancaire, ses clubs de sport et ses cercles culturels et politiques.

En 1944, dans le contexte de la Conférence de Brazzaville, il devient un acteur de la structuration politique guinéenne et participe à la dynamique du RDA et du PDG. C’est au Conseil général que son combat prend une dimension nouvelle et visionnaire. Dans l’après-guerre, l’urbanisme colonial devient un outil central de domination : comme l’a analysé l’historienne Odile Goerg, les autorités opposent la “ville” au “village”, reléguant les populations africaines dans des espaces périphériques dits “indigènes”, selon une logique de ségrégation spatiale et raciale. Face à ce système, Amara Soumah s’oppose dès 1947 à cette notion de “ville indigène” et refuse toute discrimination dans les projets d’urbanisme de Conakry, affirmant une exigence d’égalité dans la conception de la cité. Pour lui, la ville doit être une, car la dignité humaine ne supporte aucun tracé de frontière.

Il organise parallèlement la résistance jusque dans la clandestinité de son propre domicile, transformant son salon en sanctuaire où se murmure la liberté et où se forge l’avenir de la nation.

Pourtant, une telle intégrité a un prix amer. Traqué, surveillé et ciblé par ceux qui craignent sa force tranquille, il refuse de plier ou de se laisser corrompre. Pour protéger les siens, il accepte l’éloignement de sa terre. En partant pour Dakar avec toute sa famille, il ne renonce pas, mais accomplit le dernier acte d’un homme qui ne négocie pas son honneur.

Peuple de Guinée, Amara Soumah a patiemment cherché les fondations. Sa grandeur fut de préparer, dans l’ombre et la discrétion, ce que d’autres accompliront sous les projecteurs.
Amara Soumah a rendu l’Histoire inéluctable.
MAFOULÉ

RÉFÉRENCES
▪ Fiche “Français Libres”, index 97007 – Amara Soumah
▪ Odile Goerg, Domination coloniale, construction de la ville en Afrique et dénomination, SEDET / Université Paris 7

 , NE LE 10 FEVRIER 1910 A CONAKRY, EN PAYS BAGA, FILS DE TANOUNDI SOUMAH CULTIVATEUR A KAPORO ET DE MAMET CAMARA ORIGIN...
23/05/2026

, NE LE 10 FEVRIER 1910 A CONAKRY, EN PAYS BAGA, FILS DE TANOUNDI SOUMAH CULTIVATEUR A KAPORO ET DE MAMET CAMARA ORIGINAIRE DE SONFONIA.
Natif du village historique de Kaporo et issu de l’aristocratie Baga, Amara Soumah fut le premier Guinéen secrétaire général du PDG-RDA après le Malien Mamadou Madeira Keïta. Il occupa également le poste de vice-président du Conseil général de la Guinée française, premier organe faisant office de parlement entre 1946 et 1956.
Le PDG-RDA, branche guinéenne du RDA créé en 1946 à Bamako, fut officiellement fondé en Guinée le 14 mai 1947. Son premier secrétaire général, Mamadou Madeira Keïta, fonctionnaire originaire du Soudan français (actuel Mali), sera muté au Dahomey par l’administration coloniale afin de fragiliser le mouvement.
Amara Soumah lui succède à la tête du parti avant de démissionner sous la pression du pouvoir colonial. Fodé Kotigui Traoré prendra ensuite la direction du PDG-RDA jusqu’au congrès de 1952 qui porta Ahmed Sékou Touré à la tête du parti.
Sous la direction d’Ahmed Sékou Touré, le PDG-RDA devient la principale force politique de la Guinée. En 1956, il est élu député à l’Assemblée nationale française aux côtés d’Elhadj Saïfoulaye Diallo. Cette même année, le PDG-RDA remporte largement les élections territoriales avec 57 sièges sur 60.
Le 28 septembre 1958, la Guinée marque l’histoire en votant massivement « NON » au référendum proposé par le Général De Gaulle. Avec plus de 95 % des suffrages, la Guinée devient le 2 octobre 1958 la première colonie française d’Afrique à accéder à son indépendance totale.
Ahmed Sékou Touré prononcera alors cette phrase devenue historique : « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage. »
Depuis cette période, plusieurs témoignages et déclarations évoquent des tentatives de déstabilisation contre la révolution guinéenne et le régime du PDG-RDA.k

21/05/2026
05/05/2026

Les vérités cachées derrière les noms de certains endroits de Conakry :

Gbassikolo, Gbessia, Bambeto .

À Conakry, plusieurs quartiers et noms bien connus comme Gbassikolo, Gbessia, Bambeto et même le nom de la capitale ont des origines profondes liées à l’histoire des familles Soumah.

Ces familles sont souvent considérées comme des patriarches de la presqu’île de Kaloum, gardiens d’une mémoire ancienne transmise de génération en génération.

Selon une histoire rapportée par le griot moderne Alpha Camara dans l’émission SUMU animée par Babou Fadama sur Ado.TV, le nom Gbassikolo est souvent mal compris.

Contrairement à certaines croyances populaires, il ne s’agit pas du nom d’un esprit ou d’un diable.

Ce nom viendrait en réalité d’un homme bien réel appelé Abass Soumah.

Cet homme jouait un rôle important dans la vie quotidienne de son époque.

Il aidait les voyageurs et les habitants à se déplacer entre le port de Boulbinet et l’île de Kassa, facilitant ainsi les échanges et les déplacements dans cette zone stratégique.

Avec le temps, le prénom Abass a évolué dans le langage courant pour devenir Gbassi, selon les habitudes de prononciation locales.

En vieillissant, Abass Soumah adoptait une démarche particulière, que les habitants comparaient à celle d’un caméléon.

Or, en langue soussou, le mot “kolo” signifie caméléon.

C’est ainsi que les deux éléments, Gbassi et kolo, se sont associés pour former le nom Gbassikolo.

Ce nom, aujourd’hui très répandu, garde donc la trace d’une histoire humaine simple, mais marquante.

Le quartier de Gbessia est lui aussi lié à cette histoire.

Il est rapporté qu’Abass Soumah vivait dans cette zone.

Le nom Gbessia est ainsi associé à la présence de cette figure importante.

Pendant longtemps, l’aéroport de Conakry portait le nom de Gbessia, en reconnaissance aux patriarches de la ville.

Cette reconnaissance remonte notamment à l’époque du premier président de la Guinée, Ahmed Sékou Touré, qui avait voulu valoriser les figures historiques locales.

Ce n’est qu’en 2022 que le nom de l’aéroport a été modifié, marquant une nouvelle étape dans l’histoire du pays.

Le nom même de Conakry possède une origine tout aussi intéressante.

Selon la tradition orale, il viendrait de deux mots.

Le premier, “Kona”, désigne un ancien habitant baga connu pour distribuer une boisson traditionnelle issue du palmier, appelée “bagui”.

Le second mot, “nakry”, signifie “l’autre rive”.

En associant ces deux éléments, on obtient “Kona-nakry”, c’est-à-dire “Kona de l’autre rive”, qui est progressivement devenu Conakry.

Cette explication montre à quel point les noms de lieux peuvent être liés à des personnes et à des activités quotidiennes anciennes.

Le quartier de Bambeto est également chargé d’histoire.

Il tire son nom de Mama Mbambé Soumah, membre de la grande famille de Soumba Toumany Soumah.

Cette famille est très importante dans l’histoire locale et représente une lignée respectée.

Mama M’Bambé Soumah serait issu de l’aile du troisième fils de Toumani Mangué Sangaré Soumah, ce qui montre la complexité et la richesse des filiations familiales dans la région.

Bambeto est donc associé à cette femme appelée Mama Marie Bambé Soumah, décrite comme une figure Djalloka Sosso Baga.

Elle est considérée comme une femme importante dans cette histoire, et son nom a marqué durablement la mémoire collective.

Elle est également présentée comme la petite sœur d’Almamy Kalla Soumah de Kaporo, une autre figure connue et très importante de l’indépendance de la Guinée.

Cela montre que les noms de quartiers ne sont pas seulement liés à des hommes, mais aussi à des femmes qui ont joué un rôle dans la société guinéenne.

Comprendre ces origines permet de mieux saisir l’importance de la tradition orale dans la transmission de l’histoire en Guinée.

Pendant longtemps, ces récits ont été conservés par les griots et les anciens, qui les transmettaient aux jeunes générations.

Aujourd’hui, ces histoires continuent d’exister, même si elles sont parfois mal interprétées ou oubliées.

Selon ce récit, les premiers occupants de Conakry et de Dubréka ne sont pas seulement ceux que l’on évoque habituellement.

Après le passage des Arabes, des Portugais et des Anglais, les Bagas de la zone de Tombolia, notamment à travers des figures comme Tombo Alia Sylla, ainsi que les descendants du grand chef Soumba Toumany Soumah, sont présentés comme les premiers habitants de ces terres avant l’arrivée des colons français.

L’installation des Français dans la région ne s’est pas faite sans accord.

Il est dit qu’un pacte a été signé avec les patriarches issus de la famille de Soumba Toumany Soumah, notamment pour les zones de Conakry et de Dubréka.

Ce détail rappelle que l’histoire coloniale est aussi faite de négociations et d’ententes locales, souvent oubliées dans les récits simplifiés.

Aujourd’hui encore, en 2026, les traces de cette histoire sont visibles.

La tombe et la maison de Soumba Toumany se trouvent toujours à Toumania.

Ces lieux représentent des symboles importants pour les habitants et témoignent de la continuité entre le passé et le présent.

Connaître cette histoire est essentiel pour éviter les fausses interprétations et mieux comprendre les racines des noms que l’on utilise tous les jours.

Derrière chaque nom de quartier ou de ville, il y a des personnes, des familles et des événements qui ont contribué à construire l’identité de Conakry.

Connaître le village de Conakry devient comprendre la capitale Conakry.

Récoupement effectué par :

Tidiane Soumah arrière petit fils du Chef Soumba Toumany Soumah de la 5éme génération de la descendance directe du premier fils de Toumany : Almamy Kanta Soumah (Le nom actuel de Almamya à Kaloum)

Adresse

Coronthie
Conakry

Téléphone

+224664811308

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