06/05/2026
ORGANISATION DE CONCOURS DE LA FONCTION PUBLIQUE EN
CÔTE D’IVOIRE
« ON VOLE NOS JEUNES ! »
CE DOSSIER EST REALISE PAR LA FIDHOP, LA FONDATION INTERNATIONALE POUR L’OBSERVATION ET LA SURVEILLANCE DES DROITS DE L’HOMME ET LA VIE PACIFIQUE ; EN COLLABORATION AVEC LE MOUVEMENT ‘’TROP C’EST TROP’’ (TCT).
DE L’INTERET DU DOSSIER :
« Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus », dit la Bible, en 2 Thessaloniciens 3, au verset 10. Et au plus célèbre écrivain ivoirien de tous les temps, Bernard DADIE, de donner sa conception du Travail, dans son célèbre roman autobiographique, Climbié : « Le travail, et après le travail, l’indépendance, n’être à la charge de personne, doit être la devise de notre génération ». Le Travail a donc un fondement divin et il représente le socle de la Dignité de l’être humain en société.
Dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qui fut adoptée le 10 Décembre 1948 sous l’égide des Nations Unies, il est admis que le Travail est un Droit de l’Homme :
« Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes. de travail et à la protection contre le. chômage. » (Article 23, alinéa 1er.)
Ainsi, comme tout Droit de l’Homme, le Travail a un caractère sacré et universel. D’où sa célébration partout. dans le monde au cours d’une journée. spéciale : tout 1er Mai.
EN RÉPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE,. depuis des décennies, l’État s’évertue. à offrir des opportunités de Travail aux millions de jeunes diplômés, notamment en organisant chaque année, des Concours d’entrée à la Fonction Publique : les recrutements de nouveaux Fonctionnaires devant servir la République.
Cependant, au fil des ans, l’organisation des Concours de la Fonction Publique est critiquée par les populations, surtout sous le régime de M. Alassane Ouattara. Les jeunes diplômés du pays, qui tentent vainement, année après année, à sortir de la précarité dans laquelle ils vivent depuis la fin de leurs études sont très. déçus. Ils sont des centaines à désespérer de. ces concours, puisqu’ils sont généralement confrontés à un RACKET quasi institutionnel : ils doivent faire face aux frais de participation aux Concours, de plus en plus élevés ; mais surtout, ils se butent toujours au coût exorbitant qui leur est imposé, en passe-droit, pour être déclarés admis. Ce montant se chiffre en millions de francs Cfa et évolue. selon l’importance du concours, qu’il s’agisse d’entrer à l’École Nationale d’Administration (ENA) ou d’entrer dans l’Armée, ou dans bien d’autres secteurs de l’administration.
Interpellés sur ce fléau des Concours de la Fonction Publique par de nombreux Ivoiriens,. des parents d’élèves et d’étudiants, la FIDHOP et TCT ont décidé de réunir des éléments de preuves, et surtout plusieurs témoignages de jeunes ayant été candidats, victimes ou témoins d’arnaques ou de fraudes à l’occasion de ces concours.
L’heure est donc venue de crever l’abcès et de remettre la question des Concours de la Fonction Publique au. cœur du débat, pour l’Avenir de la Jeunesse, en République de Côte d’Ivoire et en Afrique. Tel est la teneur du présent.
DES CRITIQUES RECURRENTES ET PARFOIS LEGITIMES :
Voici un aperçu des critiques généralement formulées au sujet des Concours organisés par la Fonction Publique ivoirienne :
➢ Des concours « vendus » ! dont les résultats sont généralement connus d’avance !
➢ Les frais de concours sont si exorbitants qu’ils privent un grand nombre de jeunes à candidater. Certains concours demandent jusqu’au-delà de la centaine de mille (100.000 f.cfa), de l’inscription à la proclamation des résultats. Les dépenses se répartissent en général comme suit : la préinscription ; le droit du concours ; la pochette ; la visite médicale ; les photos ; etc.
➢ Le paradoxe qui interroge est que chacun des ministères à l’initiative de ces concours, tels que la Douane, les Eaux et Forêts, ou la Gendarmerie, sont sensés prévoir dans leurs budgets annuels l’organisation de ces concours. D’où la question. légitime des contribuables : à quoi sert l’argent affecté dans le budget au. recrutement à travers l’organisation des concours dans tous les ministères ? Ou du moins, où va réellement l’argent soutiré aux jeunes lors des inscriptions aux Concours de la Fonction Publique ? Par exemple, en cette année 2026, pour le concours du CAFOP, 7.000 places ont été déclarées disponibles, mais de près de 70.000 candidats (67.803) se sont inscrits. Les frais étant compris entre 80.000 et 100.000 f.cfa, l’on peut deviner la manne financière qu’engrange l’État chez nos jeunes. Du côté du secondaire, pour combler un déficit d’environ 2.000 enseignants de Mathématique et Physique, le ministère de l’Éducation nationale a mobilisé près de 50.000 candidats
cette année. L’on a donc du mal à comprendre comment, alors qu’il n’y a que quelques dizaines de places à pourvoir dans un secteur donné, l’État se permet-il d’autoriser plusieurs dizaines de milliers de candidatures. N’est-ce pas là la confirmation que le souci principal de l’État est moins d’offrir des emplois aux jeunes,
plutôt que de renflouer ses caisses ?
➢ Le nombre de places disponibles chaque année reste problématique. Ils soulèvent d’abord la question de l’adéquation entre la Formation et l’Emploi : il est inconcevable que l’État forme autant de jeunes, à coût de plusieurs milliards payés par les contribuables, sans planifier rigoureusement l’insertion des diplômés.
➢ Il importe également de relever la stratégie malsaine des dirigeants actuels de la CI d’imposer aux jeunes certaines de leurs « gadgets » politiques, en les incluant dans. la liste des documents à fournir pour concourir ; c’est le cas pour la Carte Nationale d’Identité (NCI) ou pour la Couverture Maladie Universelle (CMU). C’est ainsi que la CNI fut exigée aux élèves des classes de 3ème lors de l’examen du BEPC, au mois d’avril 2026 ; sans tenir compte de ce que cela pouvait causer à des milliers de parents qui n’avaient pas prévu cette dépense. En notant que le nombre de candidats au BEPC cette année est de 75.209 et que la CNI revient à 8600 f.cfa par élève, sans compter le Certificat de nationalité et les frais d’établissement de l’extrait de naissance. (Les autorités ont été contraintes de revenir sur cette décision absurde.)
➢ La proclamation des résultats individuels via le Net est aussi décriée ; cela favoriserait la triche, par l’insertion frauduleuse de protégés, de parents ou de militants politiques parmi les admis, sans que cela ne soit visible. Se trouve donc remis en cause la clarté des concours ou examens. La pratique habituelle de la proclamation publique des résultats, avait le mérite de la transparence. Par ailleurs,. il s’en est trouvé des cas où des candidats ont dû prendre la formation en cours après admission, parce qu’ils ignoraient qu’ils étaient admis au concours. Ou, pire encore,. des admis ont parfois découvert des personnes ajoutées à la liste définitive des. admis : par le biais de la vente et d’achat des concours, ou du « rattrapage ethnique » ou politique ; telles sont les réputations souvent associées principalement. aux concours de l’ENA ou de l’ENS, sous Ouattara.
L’ETAT IVOIRIEN FACE À SES ENGAGEMENTS :
Aucun État dans le monde ne peut garantir du travail à ses citoyens ; certes. Toutefois, dans l’État de droit, l’État a l’obligation de créer les conditions équitables d’obtention du travail à tous. C’est ce qu’indique l’alinéa 2 de l’Article 21 de la Déclaration Universelle des Droits de
l’Homme : « Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays. »
Aussi, en faveur de la Jeunesse ivoirienne, le Peuple a-t-il imposé des exigences à l’État de. Côte d’Ivoire, dont il ne peut aucunement se soustraire. Ainsi, l’Article 14 de la Constitution. ivoirienne mérite analyse et méditation :
« Toute personne a le droit de choisir librement sa profession ou son emploi. L'accès aux emplois publics ou privés est égal pour tous, en fonction des qualités et des compétences. Est interdite toute discrimination dans l'accès aux emplois ou dans leur exercice, fondée sur le sexe, l’ethnie ou les opinions politiques, religieuses ou
philosophiques. »
Si l’on s’en tient à cette prescription de la Constitution, les seules critères requis pour pouvoir accéder aux fonctions publiques en Côte d’Ivoire sont : les « qualités » et les « compétences ». En s’inscrivant aux différents concours organisés par la Fonction. Publique, la plupart de ces jeunes disposent généralement des diplômes requis. Ce qui. présuppose qu’ils disposent des aptitudes académiques pour exercer la fonction. Il ne. devrait alors leur rester qu’à compétir avec les autres milliers de candidats, afin que les. meilleurs d’entre eux soient retenus, en fonction des places disponibles.
Or, dans la réalité de la société ivoirienne, les discriminations dans l’accès aux emplois publics sont diverses et quasi évidentes : si ce n’est l’ethnie ou la région, c’est le parti. politique qui offre les postes ; à moins que l’on dispose du passe-droit, qui se chiffre en millions. Ce qui constitue une faillite de l’État.
Mais au-delà des millions demandés aux candidats pour leur garantir la réussite au concours, parfois même sans que le requérant n’ait à concourir, la grave préoccupation que soulève l’organisation des Concours de la Fonction Publique ce sont, sans nul doute, les frais de participation au concours.
En comparant entre eux les 400 à 500 Concours organisés chaque année par la Fonction Publique ivoirienne, le coût moyen atteint les cents mille (100.000) f.cfa. Et pour se donner plus de chances d’admission, chaque candidat postule à deux concours au moins, sinon à trois. Et pour chaque concours, ils sont des centaines de milliers à compétir… Il est donc clair que chaque année, ce sont des dizaines de Milliards que l’État rackette auprès des jeunes et de leurs parents souvent très modestes ou même pauvres. En plus dans un contexte général de Cherté de la vie quotidienne..Pour la FIDHOP et TCT, ceci est inadmissible !
DES RECOMMANDATIONS DE LA FIDHOP ET TCT :
Pour permettre aux jeunes ivoiriennes et ivoiriens de j***r de leur Droit au Travail, la. FIDHOP et le Mouvement TROP C’EST TROP, préconisent ce qui suit :
1- La gratuité pour tous les Jeunes Ivoiriens à tous les Concours organisés par la Fonction Publique. À défaut, réduire drastiquement les frais de participation à ces concours publics.
2- Lutter activement contre toutes sortes de corruptions et de favoritismes à tous les Concours de la Fonction Publique ; ce qui exige de la transparence à toutes les étapes.
3- Constituer désormais un dossier unique pour tout candidat à tous les concours de la Fonction Publique pour la même année.
4- Limiter le nombre de candidats inscrits à chaque concours ; ce qui éviterait de nourrir de faux espoirs chez de milliers de jeunes, et de confimer que l’État est plutôt préoccupé à renflouer ses caisses, au lieu de se préoccuper à caser les
jeunes diplômés.
5- Proclamer et afficher obligatoirement les résultats ; si possible dans les directions régionales de la Fonction Publique à travers le pays, en plus des résultats sur le Net.
6- Accentuer la rigueur dans le recrutement et la formation des personnels de l’Enseignement en particulier ; puisqu’il en va de l’avenir de la Nation.
Rendu public depuis NEW-YORK, USA, le mardi 5 Mai 2026.
POUR LA FIDHOP :
Dr BOGA SAKO GERVAIS
PRESIDENT-FONDATEUR
POUR LE MOUVEMENT TROP C’EST TROP:
M. JEAN-BLAISE AYEMENE,
COORDONNATEUR DE LA DIASPORA.