26/05/2026
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Le documentaire “Guyane, amours taboues”, à retrouver sur France.TV, fait le choix de l’incarnation pour raconter ce que signifie grandir q***r dans un territoire où l’homosexualité reste largement enfermée dans le silence.
On y suit notamment Mathilda Pierre, 26 ans, pansexuelle, comédienne et metteuse en scène, qui dirige une troupe de théâtre d’adolescents. À travers les répétitions et les ateliers, les planches deviennent un espace de parole, mais aussi de remise en question des injonctions sociales, familiales et religieuses.
Le film met aussi en lumière celles et ceux qui essaient concrètement de faire bouger les lignes. Lionel, professeur d’histoire-géo, organise depuis plusieurs années une semaine de sensibilisation contre l’homophobie dans son établissement. Les élèves y jouent des scénettes de coming out, discutent des conséquences du rejet parental et découvrent que certaines grandes figures historiques étaient LGBT.
En Guyane, “makoumè”, l’équivalent de “pédé”, reste une insulte courante. “Être un homme, un vrai, c’est être un charo”, raconte Marcus, bisexuel et membre de la troupe, en évoquant cette virilité imposée où la masculinité se mesure aux conquêtes. La pièce créée par les jeunes acteurs, “Ces choses que l’on ressent”, puise directement dans leurs récits et ceux de leurs proches : violences familiales, peur du rejet, idées noires.
Mais “Guyane, amours taboues” refuse le misérabilisme. Le documentaire suit la troupe jusqu’à la première de la pièce, au festival des Tréteaux du Maroni, dans l’ancien bagne de Saint-Laurent-du-Maroni devenu lieu culturel. “Avant, ici, on bâillonnait les hommes. Aujourd’hui, la parole y est libérée”, lance Mathilda Pierre. Toute l’ambition du film dans cette phrase : guérir les blessures des générations précédentes et offrir aux suivantes un endroit où exister sans masque.
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rossi.rossi