22/05/2026
Chercheurs d'Autres était hier à l'Élysée pour les 25 ans de la loi Taubira représenté par le directeur David Crochet.
Depuis 2020, nous recevons des invitations à cette cérémonie nationale. Nous avons toujours préféré rester à Toulouse, aux côtés du préfet de la Haute-Garonne, parce que nous croyons que la mémoire se construit d'abord dans les territoires. Cette année, pour les 25 ans, nous avons fait le choix d'être présents à Paris le 10 mai à l'invitation du 1er ministre Sébastien Lecornu et la 21 mai à l'invitation du président de la République Emmanuel Macron en présence de Christiane Taubira, Yaël Braun-Pivet, Edouard Geffray, Gabiel Servile président de la CTG Collectivité Territoriale de Guyane , Davy Rimane , Lenaick Adam, président de la CCOG, Jonhatan Abienso (maire de Maripasoula).
Et bien entendu Jean-Marc Ayrault et Aissata seck de la Fme Mémoire Esclavage
Nous y avons vu de belles choses. Nous y avons aussi observé les tensions qui traversent ce champ : financer des projets mémoriels sur l'esclavage reste difficile, et cette difficulté dit quelque chose d'essentiel. La question mémorielle n'est pas suffisamment prise en charge sur le plan éducatif. 6 000 élèves participent cette année à la Flamme de l'égalité. C'est le seul chiffre que nous connaissons avec certitude sur le nombre d'enfants scolarisés du primaire au lycée qui travaillent véritablement sur ces mémoires dans le cadre d'un projet construit. Sur 9 500 000 élèves.
Nous tirons de cette journée une conviction renforcée. Il faut construire des coalitions. Cette histoire a commencé à la fin du XVe siècle. Ses traces sont partout dans nos villes, nos institutions, nos familles, nos territoires. Elle ne peut pas être transmise par les seules associations qui ont les moyens de faire le voyage à Paris une fois par an. Elle se transmet dans les salles de classe, dans les établissements culturels, dans les quartiers, avec des professeurs, des artistes et chercheurs ultramarins d'Occitanie et d'ailleurs qui portent un savoir vivant. Mais il nous semble qu'il y a un manque criant de référencement des structures en capacité d'accompagner ce mouvement et de formation. Et on doit trouver des financements dédiés en plus de ceux acquis par la Fondation pour la Mémoire de l'Esclavage, dans chaque collectivité.
Par ailleurs, il faut ouvrir l'histoire vers de nouveaux récits. Amérindiens, Indiens, Malgaches sont bien cités dans la loi Taubira. On peut parler aussi des marronnages et de tant d'autres choses. Mais ces histoires sont réduites au silence en France hexagonale. Ce n'est plus possible. Plus entendable, plus acceptable.
Et nous devons parler aussi des mémoires de la colonisation.
C'est l'objet de notre venue au sein des institutions dirigeantes de la France. Cette question doit absolument faire partie des élections présidentielles en 2027.
C'est l'objet du Réseau AGIR, que Chercheurs d'Autres coordonne depuis 2025 à Toulouse : 17 structures engagées sur ces questions en région. Mais Toulouse ne suffit pas. Nous appelons toutes les associations et organisations qui partagent cet objectif, partout en France, à nous rejoindre pour que cette C'est l'objet de notre venue au sein des institutions dirigeantes de la France. La force viendra du commun que nous construisons ensemble.
Makandi u de moo tanga (ensemble on est plus fort)
Nioko bok (on est ensemble)
Prenons contact : [email protected]
Seumboy Agbetiafa Corinne Toka-devilliers ,