23/04/2026
⚖️ Une audience s’ouvre ce jeudi au tribunal administratif dans une action engagée contre l’État pour « carence fautive » dans la lutte contre l’orpaillage illégal en Guyane. Six associations et deux habitants du Haut-Maroni ont saisi la justice, estimant que les autorités n’ont pas suffisamment agi face à ce phénomène ancien et destructeur. Ils demandent notamment la reconnaissance du droit à la santé pour les populations riveraines du fleuve, exposées depuis environ trois décennies aux conséquences de ces activités illégales.
Pour les requérants, les impacts sanitaires et environnementaux sont majeurs et persistants. La directrice de l’ONG Wild & Légal, Marine Calmet, affirme : « Ce que nous réclamons, c’est la reconnaissance de la violation des droits humains ». Elle ajoute également vouloir « que le juge impose à l’État de prendre des moyens supplémentaires pour combattre l’orpaillage illégal en Guyane ». Selon elle, les populations du Maroni subissent quotidiennement une contamination au mercure et une dégradation continue de leur environnement.
La démarche s’inspire aussi de précédents internationaux. Marine Calmet explique : « Nous nous sommes inspirés d’un cas très similaire en Colombie ». Dans ce modèle, l’État a été contraint de revoir sa gouvernance autour du fleuve Atrato et d’associer davantage les populations locales aux décisions publiques. Elle évoque également la mise en place d’un « groupe de gardiens du fleuve », destiné à co-construire des politiques sanitaires, environnementales et sécuritaires adaptées au territoire.
Les associations réclament ainsi une réponse globale de l’État, combinant renforcement des moyens de lutte contre l’orpaillage illégal, politique sanitaire renforcée et soutien à des alternatives économiques locales. L’objectif est de réduire l’emprise de l’orpaillage clandestin tout en offrant des perspectives durables aux habitants du Haut-Maroni. La décision du tribunal administratif est désormais attendue avec attention par les requérants et les populations concernées.
📷 WWF Guyane