28/12/2025
Monsieur le Président de la République,
Permettez que ces mots vous parviennent comme un cri silencieux,
un cri qui monte des maisons modestes,
des cours familiales,
des quartiers oubliés,
là où l’on espère encore.
Monsieur le Président,
nous avons soif.
À Port-Gentil, dans le 4ᵉ arrondissement, l’eau ne coule plus comme elle devrait.
Elle arrive parfois t**d dans la nuit, entre 1 heure et 3 heures du matin, fragile, incertaine, presque honteuse. À cette heure-là, des mères se lèvent en silence, des pères quittent leur lit, des enfants dorment pendant que les adultes remplissent des seaux, des bidons, des bassines… non par choix, mais par nécessité.
Nous ne veillons pas pour prier.
Nous ne veillons pas pour célébrer.
Nous veillons pour survivre.
Le jour venu, il faut pourtant se lever, travailler, tenir debout, être utile à la société. Mais les corps sont fatigués, les esprits sont lourds. Monsieur le Président, comment demander à un peuple d’avancer quand il n’a même pas dormi parce qu’il attendait de l’eau ?
Nous voulons vous le dire avec respect, mais avec vérité :
nous n’avons pas besoin de fontaines publiques.
Nous ne voulons pas tendre des bidons comme au temps de la détresse.
Nous demandons simplement de l’eau dans nos robinets, chez nous, dans nos maisons, pour vivre dignement.
L’eau, ce n’est pas un confort.
C’est la vie.
C’est la santé des enfants.
C’est l’hygiène des familles.
C’est la dignité de tout être humain.
Aujourd’hui, des familles vivent dans l’angoisse permanente :
Va-t-elle couler cette nuit ?
Faudra-t-il encore se lever à une heure indécente ?
Faudra-t-il encore choisir entre le repos et l’eau ?
Monsieur le Président, ce n’est pas ainsi que devrait vivre un peuple.
Ce n’est pas ainsi que devraient grandir nos enfants.
Ce n’est pas ainsi que devrait se construire l’avenir du Gabon.
Nous savons que gouverner est une lourde responsabilité.
Nous savons que les défis sont nombreux.
Mais nous croyons encore que la voix du peuple peut toucher le cœur de son Président.
Ce message vient de Port-Gentil,
mais il porte la douleur de nombreux Gabonais.
Ce n’est pas une plainte politique.
C’est un appel humain.
Monsieur le Président, regardez-nous.
Écoutez-nous.
Aidez-nous.
Parce que sans eau, il n’y a pas de vie.
Parce que l’eau doit couler dans nos robinets, et non dans nos larmes.
Avec tout le respect dû à votre fonction,
SAVE Port-Gentil
Page citoyenne engagée pour la dignité et les droits fondamentaux
Port-Gentil
Brice Clotaire Oligui Nguema
Présidence de la République Gabonaise
Communication gouvernementale
Ville de Port-Gentil
SEEG