17/08/2026
Association des étudiants de la province de la ngounié,_AEPN.
« L’indépendance ne se célèbre pas seulement. Elle se construit. »
Mes chers compatriotes,
Mes frères et sœurs,
Jeunesse gabonaise,
Mères et pères de famille,
Aînés de notre Nation,
Forces vives du Gabon,
En ce 17 août, je ne veux pas simplement vous souhaiter une bonne fête de l’Indépendance.
Je veux vous parler.
Je veux vous parler avec le cœur.
Parce que l’indépendance du Gabon n’est pas seulement une date inscrite dans nos calendriers. Elle n’est pas seulement un drapeau que nous levons, un hymne que nous chantons ou une cérémonie que nous organisons.
Le 17 août 1960, le Gabon a proclamé son indépendance.
Mais 66 ans plus t**d, une question demeure :
Qu’avons-nous fait de cette indépendance ?
Et surtout :
Que devons-nous encore en faire ?
Mes chers compatriotes,
L’indépendance n’est pas un mot.
L’indépendance, c’est une réalité.
C’est le père qui peut rentrer chez lui avec de quoi nourrir ses enfants.
C’est la mère qui peut payer la scolarité de son enfant sans avoir à tendre la main.
C’est le jeune qui peut trouver un emploi sans devoir appartenir à un réseau, à une famille ou à un clan.
C’est le diplômé qui peut être recruté pour sa compétence.
C’est celui qui n’a pas de diplôme mais qui accepte d’apprendre, de travailler et de progresser.
C’est le Gabonais qui peut prendre un taxi devant chez lui.
C’est la femme qui peut rentrer chez elle en sécurité.
C’est le malade qui peut être soigné dignement.
C’est l’enfant de l’intérieur du pays qui peut aller à l’école dans de bonnes conditions.
C’est le jeune de Makokou, de Mouila, de Lambaréné, de Tchibanga, de Franceville, d’Oyem, de Port-Gentil ou de Libreville qui peut regarder son avenir sans avoir envie de fuir son propre pays.
Voilà l’indépendance.
L’indépendance, ce n’est pas seulement avoir un État.
C’est avoir un État qui permet à ses citoyens de vivre dignement.
Mes chers compatriotes,
Nous devons également avoir le courage de reconnaître ce qui avance.
Je veux saluer les efforts engagés sous la conduite du Président de la République, Son Excellence Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, particulièrement dans les infrastructures et les chantiers qui touchent directement la vie quotidienne des populations.
En 2026, le ministère des Travaux publics a annoncé avoir réalisé 132 kilomètres de routes en 100 jours, alors que l’objectif initial était fixé à 51 kilomètres. Un chantier de 306 kilomètres entre Alèmbé, Lopé, Carrefour Leroy et Mikouyi a également été lancé.
Ce sont des chiffres.
Mais derrière ces chiffres, il y a des vies.
Une route, ce n’est pas seulement du goudron.
Une route, c’est un producteur qui peut vendre sa marchandise.
C’est un enfant qui peut aller à l’école.
C’est une femme enceinte qui peut atteindre un centre de santé.
C’est un commerçant qui peut rejoindre un marché.
C’est une famille qui peut circuler.
Une route, c’est une liberté.
Voilà pourquoi je soutiens les efforts qui vont dans le sens du désenclavement de notre pays.
Mais soutenir ne signifie pas fermer les yeux.
Aimer le Gabon, ce n’est pas dire que tout est parfait.
Aimer un dirigeant, ce n’est pas lui dire que tout est bon lorsque tout n’est pas encore bon.
Le véritable soutien n’est pas l’applaudissement permanent.
Le véritable soutien, c’est la vérité.
Parce qu’un peuple qui applaudit même lorsque les choses vont mal finit par tromper ses propres dirigeants.
Et un dirigeant qui n’entend plus que les applaudissements finit par ne plus entendre son peuple.
Alors, au Président de la République, je veux dire ceci :
Continuez à construire. Continuez à écouter. Continuez à corriger. Continuez à aller sur le terrain.
Et surtout, gardez autour de vous des hommes et des femmes capables de vous dire la vérité.
Le Gabon n’a pas besoin d’une cour d’applaudisseurs.
Le Gabon a besoin de bâtisseurs.
Mes chers compatriotes,
J’en appelle aussi à notre dignité.
Nous devons arrêter de nous détruire entre nous.
Les réseaux sociaux ne doivent pas devenir le lieu où nous perdons notre âme.
Les insultes.
Les humiliations.
Les campagnes de haine.
Les mensonges.
Les soutiens aveugles.
Les attaques personnelles.
Les humiliations publiques.
Tout cela ne construit pas une Nation.
On peut être en désaccord sans se détester.
On peut critiquer sans insulter.
On peut soutenir un Président sans insulter ceux qui ne le soutiennent pas.
On peut être opposé à une décision sans souhaiter l’échec du pays.
Parce que le Gabon est plus grand que nos querelles.
Je le dis à ceux qui pensent qu'il faut toujours applaudir pour obtenir une faveur :
Ne vendez pas votre dignité pour quelques applaudissements.
Ne vendez pas votre conscience pour un poste.
Ne vendez pas votre honneur pour quelques billets.
Ne vendez pas votre avenir pour une petite faveur.
Car il arrive un moment où l’homme possède beaucoup de choses et ne possède plus rien de lui-même.
On peut remplir ses poches et vider son âme.
Et une Nation dans laquelle chacun cherche uniquement son intérêt finit par perdre ce qu’elle a de plus précieux :
sa dignité.
À notre jeunesse, je veux parler particulièrement.
Mes jeunes frères et mes jeunes sœurs,
Je sais que vous êtes nombreux à chercher du travail.
Je sais que vous êtes nombreux à envoyer des CV.
Je sais que beaucoup d’entre vous ont des diplômes et attendent encore leur première véritable opportunité.
Je sais aussi que certains sont découragés.
Mais je vous demande une chose :
Ne laissez personne vous instrumentaliser.
Ne laissez personne transformer votre frustration en haine.
Ne laissez personne utiliser votre jeunesse pour régler ses propres comptes.
Ne laissez personne vous convaincre que votre avenir dépend uniquement d’un homme, d’un parti, d’un clan ou d’un réseau.
Souvenez-vous d’une chose :
Ce n’est pas celui qui vous promet aujourd’hui une faveur qui vous a donné votre vie.
Vous étiez là avant leur promesse.
Vous serez encore là après leur départ.
Alors construisez votre propre avenir.
Formez-vous.
Apprenez.
Travaillez.
Entreprenez.
Cherchez.
Essayez encore.
Et si une porte se ferme, cherchez-en une autre.
Et je veux dire quelque chose de très concret à notre jeunesse.
Nous avons aujourd’hui des chantiers partout dans le pays.
Des routes.
Des ouvrages.
Des infrastructures.
Des projets agricoles.
Des projets industriels.
Des projets de transport.
Des projets numériques.
Le gouvernement lui-même présente l’employabilité et la formation professionnelle comme des priorités de sa feuille de route 2026.
Alors, jeunes Gabonais :
Allez sur les chantiers.
Allez demander du travail.
Allez demander à apprendre.
Si vous êtes maçon, allez-y.
Si vous êtes électricien, allez-y.
Si vous êtes soudeur, allez-y.
Si vous êtes mécanicien, allez-y.
Si vous n’avez aucune qualification, allez-y aussi.
Demandez à apprendre.
Commencez quelque part.
Parce qu’un jeune qui commence au bas de l’échelle mais qui apprend chaque jour est déjà en train de construire son indépendance.
Et notre pays aura besoin de compétences dans les années qui viennent.
Le Rapport national sur le développement humain 2026 identifie notamment des métiers liés à la soudure qualifiée, aux infrastructures numériques, aux drones, à l’énergie et à de nombreux grands projets du pays.
Préparons donc nos jeunes aux emplois de demain.
Mais je veux également parler aux entreprises.
À toutes les entreprises qui travaillent au Gabon.
À toutes celles qui construisent nos routes.
Nos bâtiments.
Nos infrastructures.
Nos ouvrages.
Nos projets privés.
À celles qui viennent investir dans notre pays :
Le Gabon vous accueille.
Mais le Gabon doit aussi profiter de votre présence.
Vous travaillez sur notre territoire.
Vous utilisez nos routes.
Vous bénéficiez de nos marchés.
Vous développez vos activités grâce aux opportunités offertes par notre pays.
Alors donnez aussi une chance à notre jeunesse.
Formez-la.
Employez-la.
Faites-la monter en compétence.
Transmettez votre savoir-faire.
Ne considérez pas le jeune Gabonais uniquement comme une main-d’œuvre.
Considérez-le comme le futur cadre, le futur technicien, le futur ingénieur, le futur entrepreneur de votre propre secteur.
L’investissement ne doit pas seulement produire des infrastructures.
Il doit produire des compétences.
Mes chers compatriotes,
Notre indépendance a une histoire.
Elle a été proclamée le 17 août 1960.
L’accord de transfert des compétences avait été signé le 15 juillet et est entré en vigueur le 16 août. Le Gabon est alors devenu un État souverain dans le cadre des relations nouvelles qui s’établissaient avec la France.
Nous devons regarder cette histoire avec lucidité.
Sans haine.
Sans complexe.
Sans falsification.
Nous ne devons ni avoir honte de notre histoire, ni la réécrire pour nous faire plaisir.
Le Gabon a été une colonie.
La colonisation a été une réalité historique.
Puis est venue l'indépendance.
Et avec elle est née la responsabilité d'un peuple de construire son propre État.
Aujourd'hui, personne ne nous demande d'oublier notre histoire.
Au contraire.
Nous devons la connaître pour savoir où nous allons.
Nos pères fondateurs ont posé les premières pierres de cet État.
À nous maintenant de construire la Nation.
Parce qu'un État peut être indépendant juridiquement et rester dépendant économiquement, technologiquement, intellectuellement ou même moralement.
La véritable indépendance commence lorsque nous devenons capables de produire ce que nous consommons, de former ceux dont nous avons besoin, de transformer nos ressources, de créer nos propres entreprises et de donner à notre jeunesse une raison de croire en son pays.
Mes chers compatriotes,
Il y a quelque chose que nous devons comprendre.
Le Gabon ne changera pas uniquement parce qu'un Président changera les choses.
Le Gabon changera lorsque chacun de nous acceptera de changer quelque chose en lui-même.
Le fonctionnaire doit servir.
Le commerçant doit respecter.
L'entrepreneur doit payer ses employés.
Le jeune doit travailler.
Le responsable politique doit rendre des comptes.
Le citoyen doit respecter la loi.
Le dirigeant doit écouter.
Le journaliste doit vérifier.
L'utilisateur des réseaux sociaux doit mesurer ses paroles.
Le parent doit transmettre des valeurs.
Et chacun doit comprendre que la République n'est pas une machine à distribuer des privilèges.
La République est une responsabilité collective.
À nos aînés, je veux dire :
Merci.
Vous avez connu un autre Gabon.
Vous avez vu le pays se construire.
Vous avez connu les premières années de notre indépendance.
Vous avez porté des familles.
Vous avez travaillé.
Vous avez parfois souffert en silence.
Ne laissez pas notre génération croire qu'elle est la première à avoir aimé ce pays.
Nous sommes vos héritiers.
Et nous devons être dignes de ce que vous nous avez transmis.
Aux gouvernants, je dis :
Ne gouvernez pas seulement pour ceux qui viennent vous applaudir.
Allez voir ceux qui ne peuvent pas venir vous rencontrer.
Allez dans les quartiers.
Allez dans les villages.
Allez dans les provinces.
Écoutez celui qui n'a aucun contact.
Écoutez la femme qui cherche du travail.
Écoutez le jeune diplômé.
Écoutez l'agriculteur.
Écoutez le chauffeur de taxi.
Écoutez le petit commerçant.
Écoutez le fonctionnaire.
Écoutez même celui qui vous critique.
Parce que parfois, la critique contient une vérité que l'éloge nous empêche de voir.
Mes chers compatriotes,
Nous devons cesser de croire que notre bonheur dépend uniquement de ce que nous pouvons obtenir aujourd'hui.
La vie ne se résume pas au plaisir.
La vie, c'est aussi la dignité.
C'est le respect.
C'est l'honneur.
C'est la conscience tranquille.
C'est pouvoir regarder ses enfants dans les yeux.
C'est pouvoir se coucher le soir sans avoir honte de ce que l'on est devenu.
Parce qu'on peut avoir de l'argent et manquer de paix.
On peut avoir un poste et manquer d'honneur.
On peut être applaudi et être profondément seul.
Et lorsque l'âme est sale, aucune richesse ne suffit à la nettoyer.
Alors choisissons une autre voie.
Une voie de travail.
Une voie de responsabilité.
Une voie de vérité.
Une voie de dignité.
Une voie d'amour pour notre pays.
À ceux qui désespèrent du Gabon, je dis :
Ne partez pas dans votre cœur avant même d'être partis physiquement.
Ce pays est à nous.
Il est imparfait.
Il a des blessures.
Il a des ret**ds.
Il a des injustices.
Mais il a aussi des hommes et des femmes extraordinaires.
Il a une jeunesse formidable.
Il a des ressources.
Il a des terres.
Il a des forêts.
Il a une façade maritime.
Il a des talents.
Il a une histoire.
Il a surtout quelque chose qu'aucun gouvernement ne peut créer à notre place :
le peuple gabonais.
Alors ne renonçons pas.
Mes chers compatriotes,
En ce 17 août, ne célébrons pas seulement ce que nos pères ont obtenu.
Demandons-nous ce que nous allons transmettre à nos enfants.
Que leur laisserons-nous ?
Un pays endetté ou un pays productif ?
Un pays divisé ou un pays uni ?
Un pays où l'on réussit par les relations ou un pays où la compétence compte ?
Un pays où l'on insulte celui qui pense autrement ou une République où le débat est possible ?
Un pays où nos jeunes attendent ou un pays où ils travaillent ?
Un pays qui exporte ses matières premières ou un pays qui transforme ses richesses ?
Voilà la véritable question de notre indépendance.
L'indépendance de 1960 était une naissance.
Notre génération doit en faire une maturité.
Alors, Gabonaises et Gabonais,
Aimons notre pays.
Mais aimons-le suffisamment pour lui dire la vérité.
Soutenons ceux qui travaillent pour lui.
Mais exigeons des résultats.
Encourageons notre Président lorsqu'il avance.
Mais rappelons-lui, avec respect, lorsqu'il faut corriger.
Respectons nos adversaires.
Protégeons nos institutions.
Refusons les injures.
Refusons la haine.
Refusons la manipulation.
Refusons l'instrumentalisation de notre jeunesse.
Refusons de vendre notre dignité.
Et surtout :
refusons de croire que notre avenir est déjà écrit.
Notre avenir est encore devant nous.
Il dépend de ce que nous décidons de faire aujourd'hui.
Gabonaises, Gabonais,
Le 17 août, nous levons notre drapeau.
Mais demain matin, lorsque la fête sera terminée, il faudra retourner au travail.
Il faudra retourner dans les écoles.
Dans les bureaux.
Dans les ateliers.
Dans les champs.
Dans les entreprises.
Sur les chantiers.
Dans les hôpitaux.
Dans les universités.
C'est là que l'indépendance continuera de se construire.
Parce que l'indépendance n'est pas seulement le souvenir d'un jour.
C'est le travail de tous les jours.
Que Dieu bénisse le Gabon.
Qu'Il protège notre peuple.
Qu'Il donne à nos dirigeants la sagesse.
Qu'Il donne à notre jeunesse le courage.
Qu'Il donne à nos familles la paix.
Et qu'Il nous donne à tous la force de bâtir un Gabon où chaque enfant pourra un jour dire :
« Je suis né dans ce pays, j'y ai grandi, j'y ai travaillé, et j'y ai trouvé ma place. »
C'est cela, pour moi, la véritable indépendance.
Vive le Gabon.
Vive le peuple gabonais.
Vive la République.
Bonne fête de l'Indépendance à toutes les Gabonaises et à tous les Gabonais.