05/10/2026
Octobre Rose ne devrait pas être seulement un mois de couleur rose. Il devrait être un mois d’action, de solidarité et d’espoir.
C’est un moment privilégié pour parler aux femmes de prévention, rappeler l’importance du dépistage des cancers féminins et sensibiliser les familles à la vaccination contre le HPV chez les jeunes filles. Mais Octobre Rose doit aussi nous rappeler une réalité beaucoup plus douloureuse : derrière chaque diagnostic de cancer, il y a une femme, une mère, une épouse, une sœur, une fille… et souvent toute une famille qui bascule avec elle.
Dans nos hôpitaux, notamment à l’Institut de cancérologie de Libreville, certaines femmes affrontent la maladie dans des conditions extrêmement difficiles. À la douleur physique s’ajoutent parfois la solitude, l’épuisement moral et le poids financier des soins. Certaines familles peinent à payer les examens, les médicaments contre la douleur, les traitements, les séances de chimiothérapie ou de radiothérapie. Lorsqu’une maladie dure, ce sont parfois toutes les ressources d’un foyer qui s’épuisent.
Alors oui, pendant Octobre Rose, dansons, faisons du sport, organisons des marches, du fitness, des concerts et des campagnes de sensibilisation. Ces initiatives sont importantes. Mais ne perdons jamais de vue l’essentiel : l’être humain qui se trouve derrière le ruban rose.
Pensons à cette femme qui vient de recevoir son diagnostic et qui a peur.
Pensons à celle qui souffre dans une chambre d’hôpital et qui aimerait simplement sentir qu’elle n’est pas seule.
Pensons à cette famille qui doit choisir entre plusieurs dépenses essentielles pour pouvoir poursuivre les soins.
Pensons aussi aux enfants dont la mère lutte contre la maladie et qui vivent, silencieusement, les conséquences de ce combat.
La question que nous devons nous poser n’est donc pas seulement : « Comment sensibiliser ? »
Elle doit aussi être : « Que pouvons-nous concrètement faire pour celles qui sont déjà malades ? »
Nous ne pouvons pas tout attendre de l’État, des hôpitaux ou des grandes institutions. La solidarité appartient à chacun de nous. Une contribution financière, des médicaments, un repas, un transport vers l’hôpital, une visite, un appel téléphonique, une présence auprès d’une famille ou simplement quelques heures de son temps peuvent parfois représenter beaucoup pour une personne en souffrance.
Aucune organisation ne pourra aider toutes les femmes. Aucun individu ne pourra résoudre seul tous les problèmes. Mais ensemble, nous pouvons rendre le parcours d’une malade un peu moins lourd, une journée un peu moins douloureuse et une famille un peu moins seule.
Octobre Rose doit donc être un mois pour prévenir, pour dépister, pour vacciner, mais également pour accompagner, soutenir et aimer.
Parce qu’au-delà des campagnes et des rubans, il y a des vies à préserver et des femmes à entourer.
Ne nous contentons pas de porter le rose. Faisons vivre ce qu’il représente.
Partager, c’est toujours possible.
Marie Laure Mbongo
Présidente de l’Association Mission Possible