Dans sa forme la plus aboutie, une oasis se construit autour de cinq principes fondamentaux, cinq leviers de changement individuel et collectif.
« L'agriculture vivrière de proximité permet de tendre vers l'autonomie alimentaire de manière écologique par l'intégration harmonieuse de l'activité agricole à l’environnement. Elle peut offrir un support d'activités conviviales de transmission et de partage de savoir-faire et de savoir-être. Il est nécessaire qu’une oasis développe des actions spécifiques pour produire une partie de sa nourriture de façon écologique : potager biologique partagé au sein de l’oasis, installation d’un producteur sur ses terres, relation directe et soutenue avec un producteur local pour l’approvisionnement de la majeure partie des aliments… »
Cet axe de développement est très intéressant car il nous re situ au centre du paradigme.
Pourquoi attendre tel un oisillon que quelqu'un nous nourrisse ?
Pourquoi ne pas grandir et voler de ses propres ailes ?
Voilà l'objectif ici : redevenir autonome.
Dans une société consumériste telle que la notre l'enjeu est de taille. Réfléchir avant d'agir. Imaginer avant d'acheter. Vivre avant de mourir.
Cette année nous avons mis en place des buttes de potager, le premier potager. Autour de la maison le potager estivale et en bas du terrain le potager ombragé. Nous essayons autant que possible de penser le potager de manière annuelle. Les vivaces seront privilégiées, la flore sauvage locale, et quelques légumes seront plantés.
C'est là un vaste domaine ou l'être peut s'exprimer. Apprendre à trouver sa nourriture est si gratifiant. Apprendre à se servir de ce qu'offre la nature.
A constituer une pharmacopée naturelle qui puisse nous aider à prévenir plutôt que guérir.
La fabrication de conserves est aussi un objectif afin que la période hivernale soit ponctuée de bons produits maison. Le troc avec les amis jardiniers est aussi très intéressant car il constitue le tissu social du rural qui disparaît de plus en plus.
Beaucoup de choses à réaliser. Le temps est notre richesse. Il faut se libérer ce trésor pour vivre pleinement.
« Nos habitats et le confort de nos modes de vie ont un coût important en énergie et en eau. Les matériaux de construction sont bien souvent toxiques et nécessitent une énergie grise considérable. Une oasis cherche à diminuer l’empreinte de son habitat par la création de lieux de vie en harmonie avec le paysage, pensés pour réduire la consommation en énergie non renouvelable et en eau (phytoépuration, énergies solaires ou éoliennes, collecte des eaux de pluie, conception bioclimatique, toilettes sèches…) et utiliser des matériaux naturels. »
Cette année 2018 à vu le projet d’isolation thermique se réalisé avec des panneaux de fibre de bois pour l’isolation extérieure et un parement bois.
La sobriété énergétique est primordiale, c’est notre guide pour le développement des projets.
Disparition des électroménager trop gourmand en énergie. Réfrigérateur, congélateur, micro-onde, grille pain, tv, etc... disparaissent au profit d'une qualité de vie plus simple et plus lente. Quelques exceptions, la machine à laver le linge et la vaisselle sont conservées.
L'éclairage est passé en basse consommation. A ce sujet nous recherchons toujours des informations concernant les différents produits du marcher. Les cycles de vie de chaque produits étant souvent énergivores.
Nous pensons conserver nos abonnements fournisseurs et les utiliser au minimum.
La production d'énergie électrique n'est pas encore envisager. Les projets alternatifs en la matières paraissent lourds à réaliser.
Il est demandé à tous les visiteurs du site d'être responsable de leur consommation. Des toilettes sèches sont à disposition. D'autres sont en projet.
Les eaux de pluie seront dirigées sur des zone de stockage naturelles telles que les planches ou les buttes de potager.
L'installation d'une réserve souple est en réflexion.
Pour l'instant l'eau chaude sanitaire est produite par des cumulus classique.
Des essais de bouilleur sur Rocket Stove sont en cours. C'est un principe permettant à la fois de recycler des matériaux usagers mais aussi de monter en température avec peu de matériaux et rapidement. Une démonstration pourra être faites.
Sur le lieu nous essayons autant que possible de consommer de manière responsable afin de produire un minimum de déchets.
Le recyclage à la source est important. L'exemple de la commune de Capanori en Italie est un bel exemple.
Le verre, les conserves sont réutilisés, les plastiques évités, cartons brûler dans le foyer de l'habitation.
« L’une des causes des problèmes de la société occidentale (surconsommation, exclusion, misère…) est l’individualisme qui s’est installé au fil des décennies dans nos modes de vie. Une oasis reconnait qu’un nouvel équilibre est à inventer qui intègre le besoin individuel d’intimité et de souveraineté mais aussi la coopération, la cohésion et la solidarité que permettent des espaces et services collectifs. Les oasis intègrent des moyens de "faire et vivre ensemble", notamment la mise en commun de moyens, d’infrastructures d’accueil ou de partage, des jardins partagés… »
Le lieu est ouvert à tous et à tout projets, le prérequis : le dialogue ...
De l'atelier privé, à l'accueil d'écoles, de foyers de jeunes, d'étudiants, aux touristes de passages, aux colibris en herbe comme nous.
Ici l'ouverture est importante. La vie regorge de possibilités. Savoir les saisir est vital et permet à chacun de se réaliser.
La mutualisation des outils, des terres, des énergies est inévitable.
« La gouvernance d’une oasis traduit l’accord que nous nous donnons pour cheminer ensemble et faire évoluer notre lieu de vie. Elle doit être claire et faciliter des relations humaines bienveillantes. Elle doit respecter les besoins du collectif comme la souveraineté de chacun. »
Une association à vu le jour en 2017 pour gérer les ateliers qui se déroulent sur le lieu. De plus elle aura un deuxième objectif, la création d'une AMAP.
« La recherche d’autonomie d’une oasis ne doit en aucun cas être vue comme un repli sur soi. L’oasis doit au contraire être ouverte à celui qui cherche un lieu de ressourcement, dans une volonté de partage, de convivialité et de transmission. Une oasis propose des formes d’accueil et d’éducation (permanentes ou temporaires, visites, ateliers, participation à des réseaux…) pour faire bénéficier le reste de la société de son expérience. »
Le lieu est depuis toujours ouvert sur l'extérieur. Au début Woofing, puis couchsurfing. Aujourd'hui accueil de différents publics pour échanger sur les leviers existants qui permettent de changer la société.
Il existe aujourd'hui trois types d'oasis, qui correspondent aux envies et à la progression de tous :
Les oasis de vie
Dans l'intention initiale, les oasis sont les lieux de "vivre-ensemble" où cohabitent plusieurs cellules familiales. Elles proposent une alternative à l'habitat individuel. Une oasis de vie est donc une oasis où habitent au moins deux foyers différents, dans le respect des invariants notés plus hauts.
Les oasis-ressources
Certains lieux qui respectent les cinq piliers ci-dessus ne sont pas destinés à être des lieux de vie permanents. Ils ont davantage une vocation d'accueil, de transmission par des formations ou des stages... Sur ces lieux n'habite qu'une famille, voire personne, mais un certain "faire-ensemble" est développé par les personnes qui y travaillent ou s'y retrouvent très souvent.
Les graines d'oasis
Il s'agit des oasis en projet, qu'elles soient à l'état d'idée, de projet conçu mais non réalisé ou encore de lieux en construction. Les graines d'oasis ont pour intention de respecter les cinq invariants présentés plus haut.