10/03/2026
L’ASCT commémore la plus grande
catastrophe minière de France
C'est un bien triste événement que l'on commémore ce 10 mars 2026 : celui de la plus grande catastrophe minière en Europe, avec près de 1100 morts.
10 mars 1906 : La catastrophe de Courrières la plus grande tragédie minière européenne coûta la vie à 1099 mineurs. La catastrophe de Courrières est la plus importante catastrophe minière d'Europe. Elle a lieu entre Courrières et Lens, le samedi 10 mars 1906 et a fait officiellement 1099 morts dont 242 enfants. Chronologie des évènements : Le point de départ de cette catastrophe est l'explosion d'une poche de grisou dans le chantier Lecoeuvre. Signes avant coureur ? Un incendie s’était déclaré dans une veine. (Nuit du 6 au 7 mars) Pierre Simon, plus connu sous le nom de Ricq, délégué mineur depuis 1891, demande à ce que personne ne descende tant que le feu ne sera pas éteint. Poursuivre l'exploitation du charbon dans ces conditions est en effet trop dangereux. Mais son avis n'est pas suivi. Le 10 mars à 6 heures : La quasi-totalité des effectifs, 1 697 mineurs sont descendus, certains pour les plus jeunes ont à peine douze ans étaient déjà descendu dans les fosses 2,3et 4. 242 enfants périront et seuls 576 rescapés parviendront à s’extirper du brasier. 10 MARS 1906, 6H34, la déflagration... Un coup de grisou suivi d'un coup de poussier dévaste en quelques secondes plus de 100 kilomètre de galeries. Le sauvetage des installations avant celui des mineurs. La Compagnie décide au bout de trois jours de condamner les galeries pour limiter l’incendie et surtout pour préserver le gisement. La gestion de la crise par la compagnie minière fut particulièrement mal vécue par les mineurs et par leurs familles. La compagnie fut accusée d'avoir fait passer la sécurité de murer les galeries et d'inverser l'aérage pour extraire la fumée et étouffer l'incendie au lieu de faciliter le travail des sauveteurs en leur envoyant de l'air frais. Les obsèques. La douleur. La colère. Les obsèques des premières victimes ont lieu, le 13 mars, dans la souffrance et le déchirement des familles. C’est sous une tempête de neige que se déroulent les obsèques officielles. À cause des flammes, un grand nombre de mineurs ne pourront jamais être identifiés. Pour éviter les épidémies, les corps sont ensevelis dans une fosse commune, appelée le silo 6. La cérémonie se déroule à la va-vite ce qui provoque colère et amertume chez les familles. L'ingénieur en chef et le directeur de la compagnie furent tellement hués par la foule qu'ils durent quitter le cimetière. C’est ce jour que, devant la fosse commune de Billy-Montigny, la foule réclame justice et scande : « Vive la révolution ! Vive la grève ! » Le lendemain des obsèques, les mineurs refusent de redescendre. Les deux syndicats de mineurs constituent un comité de grève. La grève, solide, s’étend très vite aux exploitations voisines. Le 16 mars, on recense 25 000 grévistes, et 60 000 à l’apogée du mouvement. Congrès et réunions se multiplient pendant que Clemenceau, ministre de l’intérieur, envoie des soldats. Mais vingt jours après le drame, un ouvrier sauveteur vit à proximité de l’accrochage dans le puits N°2 des gestes désespérés dans l’obscurité. Une équipe descendit et trouva treize hommes qui regagnent la surface. Comment ont-ils pu survivre ainsi pendant 20 jours ? Ils racontèrent leurs 20 jours d'errance dans les galeries plongées dans le noir, la fournaise et la boue. Se heurtant aux éboulis et autres culs de sac, se nourrissant de ce qu'ils trouvent mais sortent des entrailles de la terre épuisés, déshydratés et presque désespérés. L'incroyable... Un quatorzième est retrouvé la 4 avril grâce aux secouristes allemands qui étaient venu en aide. Contrairement aux compagnies minières du Nord-Pas-de-Calais, les mines allemandes disposaient d'équipements de secours comme les appareils respiratoires. Il tournait en rond dans les galeries depuis 24 jours... Des chevaux sont découverts encore vivants. On ne peut que suggérer l’indescriptible et ce qu’on ne peu nommer, car « on ne meurt pas proprement au fond de la mine ». Ces survivants ajoutent à la colère et à la révolte dans le bassin minier. On commença à se demander si les ingénieurs de l'État n'avaient pas fait une erreur en considérant qu'il n'y avait plus de survivants au fond seulement trois jours après la catastrophe. D'autres rescapés auraient peut-être pu être retrouvés. L'affaire se politise... Jean Jaurès, dans l'Humanité, alla jusqu'à pose cette question : « Et serait-il vrai que, par une funeste erreur, ceux qui dirigeaient les sauvetages, croyant qu'il n'y avait plus en effet d'existence humaine à sauver, se sont préoccupés plus de la mine que des hommes ? » Les mineurs en grève exigent de meilleures conditions de travail. 40 000 ouvriers étaient dénombrés dans ce mouvement à la fin du mois de mars. La visite effectuée par le ministre de l'intérieur Georges Clemenceau n'a pas réussi à calmer la situation, bien au contraire. Faute d'y arriver, il fait donner sans ménagement la cavalerie et l'armée. Jusqu'à 20.000 hommes. Les affrontements font une victime en la personne d'un officier tué d'un coup de pierre. Fin avril, les patrons cèdent sur une partie des revendications notamment des augmentations de salaire. A cela s’ajoute la faim des familles et une implacable répression. Au début du mois de mai, les mineurs reprennent le travail, mettant un terme à plusieurs semaines d’une abnégation et d’une combativité exemplaires. Nous devons nous souvenir de ces hommes, de ces mineurs qui, chaque jour, dans l’obscurité de nos sous-sols, risquaient leur vie pour extraire le charbon. Le sang de ces travailleurs a écrit l’histoire des houillères. L’exploitation capitaliste était particulièrement dure dans le secteur minier. Les « gueules noires », qui ont toujours revendiqué de meilleures conditions de travail, resteront un modèle de courage dans la lutte des classes. Au final, après des mois d’enquêtes et de recherches, la compagnie minière ne sera jamais inquiétée juridiquement. Cette époque, pas si lointaine que ça au final, une époque où on ne prenait pas beaucoup en compte la vie d’un homme, du moins quand il était simple ouvrier. La répression de la révolte minière par Clemenceau a aussi valu à ce dernier d'être qualifié de «briseur de grèves» 242 victimes « enfants » :13 ans 4 ,14 ans 47 ,15 ans 73,16 ans 55, 16 ans 55 ,17 ans 65.Rappelons qu’Emile ZOLA, en 1885, dans Germinal, semblait déjà prophétiser l’accident