Asct Haut-Rhin

Asct Haut-Rhin L'Association a pour objet de transmettre la mémoire des hommes qui ont fait l'histoire du bassin potassique.

Un peu d’histoire.Souvent nous avons rappelé que la mémoire minière n’est pas seulement les bâtiments, les machines ou l...
26/05/2026

Un peu d’histoire.

Souvent nous avons rappelé que la mémoire minière n’est pas seulement les bâtiments, les machines ou les chevalements...Mais les hommes ! Ces mineurs anonymes, français, polonais, italiens qui remontent à la surface. Il nous parait indispensable de marquer la présence de ces absents dans la mémoire des vivants. Dans la mémoire des grandes luttes des mineurs, dans la grande mémoire minière ou souvent, malheureusement, l’homme qui fait l’Histoire est oublié.
Nous voulons rappeler à la mémoire collective la grève oubliée de 1941.
Le scandale de la grève oubliée des mineurs de mai-juin1941
Dès la fin du Front populaire, les conditions de travail des “gueules noires” se détériorent de nouveau. Puis la guerre aiguise les difficultés. Le Nord-Pas-de-Calais est occupé et l'Allemagne a besoin de charbon. Pour avoir une production élevée, le temps de labeur est accru, des congés supprimés, le travail au rendement individuel avec chronométrage rétabli, sous l'œil d'un personnel d'encadrement disposé à prendre sa revanche sur 1936. S'ajoutent à cela les problèmes de ravitaillement et de vie chère, l'insuffisance des rations alimentaires.
Peu après le début de l'occupation, des mineurs réagissent par des débrayages ponctuels ; le 11 novembre 1940, ils sont nombreux à cesser le travail. Des grèves perlées entravent la production, tandis que de nouvelles formes d'organisation éclosent, tels les Comités d'unité syndicale et d'action (CUSA), à l'instigation de militants communistes rejoints par des socialistes et des chrétiens.
La riposte allemande ne t**de guère. Des affiches menaçant les mineurs en cas de grève sont placardées et en janvier 1941, quelque 200 d'entre eux sont internés. Bref, la pression est intense. Le 1er mai 1941, drapeaux rouges et tricolores pavoisent terrils et chevalements ; faucilles, marteaux et croix de Lorraine ornent les murs… le 27 mai à la fosse 7 de Dourges, où l'influence des syndicalistes communistes, comme Michel Brûlé(1), est prégnante les mineurs s'engagent dans une mobilisation massive. Le changement dans le système de rémunération est l'étincelle qui met le feu aux poudres, s'ajoutant aux misères du quotidien, tel le manque de savon ou de nourriture. Les mineurs, encadrés par les militants communistes, entament une grève pour protester contre la dégradation de leurs conditions de vie et de travail, revendications auxquelles se mêlent des sentiments patriotiques. Le 27 mai 1941, c’est la grève ! 100 000 mineurs sur les 143 000 recensés arrêtent le travail. La grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais est une importante grève ouvrière qui a duré du 27 mai au 10 juin 1941 dans la région Nord-Pas-de-Calais et son bassin minier. Elle a eu lieu avant l'attaque de l'URSS par l'Allemagne nazie. La répression fut féroce Connu comme l'un des premiers actes de résistance collective à l'occupation nazie en France, le bilan se solde par plus d'une centaine d'arrestations, des exécutions et la déportation de 270 personnes. La plus part de ces grands résistants, qui ont mené une grève contre les n***s seront jugés et condamnés, par des magistrats qui avaient jurés fidélité à Pétain. Les autorités allemandes donnent finalement en partie gain de cause aux mineurs en leur accordant des suppléments alimentaires et des vêtements de travail. A peine quelques mois plus t**d, le 23 juillet 1941 exactement : un train quitte la gare de Huy en Belgique à destination du camp de concentration de Sachsenhausen. A son bord 244 mineurs du Nord et du Pas-de-Calais, qui forment le tout premier convoi de déportés français. Le 22 septembre 1941, un second convoi conduit une soixantaine de grévistes belges, au camp de Neuengamme. 60% d’entre eux n’en reviendront pas.
(1)Brulé Michel :
Né le 26 février 1914 à Courrières (Pas-de-Calais), mineur au puits no 7 le « Dahomey » des mines de Dourges ; militant communiste ; FTPF. Fusillé comme otage le 14 avril 1942 au fort du Vert-Galant à Wambrechies (Nord) On retrouva dans ses effets personnels un billet laconique « courage et espoir »
Note de l’auteur :
En 2014, Christiane Taubira, instaure une commission historique portant le nom de Norbert GILMEZ et chargée d'élaborer des programmes scolaires ou ne serait pas oublié, comme aujourd’hui la grève de 1941 ni celle de 1948.Depuis que Taubira a quitté la Chancellerie, tout est au point mort malgré les nombreuses relances.

M.H

10/05/2026

Roland Kleinhans a nous demandé de publier suite à l’émouvant reportage de l’Association sur les victimes du coup de grisou à la mine Théodore…
"Son douloureux souvenir"
Je connaissais personnellement ces malheureuses victimes. Je travaillais avec eux dans le même quartier. , Und jetza, Pitzouli, Fladala etc… Je vous ai tous connu. Moi on m’appelait Mouloudji, peut-être pour mes cheveux longs ? C’est Mario Zenno qui m’a baptisé. Mais revenons à l’essentiel. J’ai été incorporé le 1er mars 1963 chez les paras au 9iem RCP à Moutauban. Ça m’a peut être sauvé la vie vu que je travaillais avec les victimes dans le quartier de la catastrophe. Après presque deux mois sans sortie enfin la première permission de spectacle. Avec un joyeux groupe d’Alsaciens comme ça on pouvait parler la langue de notre région sans se faire traiter de boches par les autres membres de la section. Et nous voilà parti à la recherche de bistrots de préférence ou il y avait des « belles » Pile à vingt heures je rentre dans un restaurant ou la télé noir et blanc trônait au milieu du café. J’y vois le chevalement Théodore, la tête de Léon Zitrone qui ouvrait le journal de vingt heures par ces mots « je vais commencer le journal par un triste drame le coup de grisou de la mine Théodore. Jamais je n’ai pu oublier ses paroles…La suite on la connait. Ma première sortie se solda par une bien triste soirée….

À peine le Rassemblement national a t-il enlevé la mairie de Liévin qu’il a piétiné la mémoire et la douleur ouvrière Ce...
25/04/2026

À peine le Rassemblement national a t-il enlevé la mairie de Liévin qu’il a piétiné la mémoire et la douleur ouvrière
Cette année, la traditionnelle cérémonie du 1er mai, qui rend hommage aux 42 mineurs de charbon morts le 27 décembre 1974, par la faute d’un coup de grisou dû au manque d’entretien de la fosse Saint Amé, a été annulée
Monsieur Dany Paiva, maire de Liévin, estime cette commémoration n’était qu’une « propagande » destinée à « faire de la politique »
Aucune g***e ne sera plus déposée sur le lieu de la catastrophe en hommage aux hommes sacrifiées
Voilà donc le Rassemblement National à l’oeuvre.
Le parti qui piétine les simples gens, qui saccage notre histoire commune, qui assassine une seconde fois les garçons que le profit a tué
Ceint de l’écharpe tricolore, Dany Paiva a souillé la mémoire et les noms des martyrs de la mine
Et vous, braves gens qui avez voté pour lui en disant « le RN, on n’a jamais essayé », vous voilà ses complices.
Avec lui, vous piétinez les tombes d’Alphonse Baran, de Roger Bernard, Pierre Bertinchamps, Klébert Blanchard, Louis Brasseur, Jean Delplanque, Emile Delvaux, Jean-Michel Devaux, Raymond Dheilly, Edouard Dupuy, Gilbert Fasseau, Henri Fayeule, Pierrecetrmokie du Godard, André Grandin, Raymond Guilbert, Jean-Marie Jolie, Edmond Kaczmarek, Julien Krzych, Jean Kubiak, François Lefrere, Jules Legrand, Roland Lenfant, Emilien Lhermitte, Jean Lorensen, Roger Martiny, Victor Matuszewski, Georges Michel, Joseph Nagy, Henri Obert, Ahmed Ouchlih, Paul Pilch, André Piton, Adrien Pruvost, Daniel Ramez, Alfred Sereuse, Czeslaw Szymanski, Jacques Thery, Paul Vandenabeele, Edouard Walawender, Georges Warin, Joseph Zavodski et de Joseph Zielewsky
Les bassin minier devrait avoir honte de vous, vos pères devraient avoir honte de vous, vos enfants auront honte de vous et le dernier chevalement a des allures de potence dressée
Vous qui chantez bruyamment la France vous trahissez 42 Gueules noires, un peuple dont jamais vous ne serez dignes
Sorj Chalandon

LA MEMOIRE  DES TRAGEDIES DANS LES MINES DE POTASSE D’ALSACE.Lutter contre l’oubli et rendre hommage aux victimes.19 Avr...
19/04/2026

LA MEMOIRE DES TRAGEDIES DANS LES MINES DE POTASSE D’ALSACE.
Lutter contre l’oubli et rendre hommage aux victimes.

19 Avril 1963 MINE THEODORE : 6 MORTS, 2 blessés
Histoire :
Il est aussi de notre devoir de rappeler aujourd’hui, le contexte de ce début d’année 1963. Et de rappeler en l’honneur de nos camarades, combien était justifié les combats qui ont été mené pour la revalorisation du dur métier de mineur, de nos acquis, que le gouvernement de l’époque voulait remettre en cause. Après ce rigoureux hiver, le printemps 1963 fut le théâtre du bras de fer engagé par les mineurs et le gouvernement. La grève générale des mineurs aux Charbonnages de France du 1er mars au 5 avril avait comme revendication principale, l’augmentation des salaires. Les grévistes sont réquisitionnés mais ne cèdent pas. Un immense mouvement de solidarité les accompagne. Les salaires seront revalorisés, entre autre. Aux mines de potasse, la grève s’organise sur la base de grève tournante par postes d’abord, par puits ensuite. Ces arrêts de travail sont ponctués par des manifestations et l’organisation de la solidarité pour les camarades des charbonnages. Elle se termine le 9 avril par la signature d’un accord relevant sensiblement les salaires.
Que s’est-il donc passé le 19 avril 1963 ?
Le vendredi ,19 avril en début d’après-midi à plus de trois km du puit, vers l’aval pendage dans une voie au mur, près des tailles de couche inférieure, une fissure s’était brusquement ouverte. Par cette fissure des torrents de grisou se sont précipités dans la galerie et se sont engouffrés dans les tailles. Aucun signe, ni odeur préalable de gaz, ni mouvement de terrain dans les voies, ni dans les chantiers. Surpris par cette interruption, les mineurs dans le courant du grisou perdent connaissance sur le lieu même de leur travail, ou on devait les retrouver. Immédiatement trois équipes successives de sauveteurs munis d’appareils respiratoires et de réanimation convergeaient vers le lieu du sinistre et inspectaient l’ensemble des chantiers. Tous ces sauveteurs s’acharnaient, avec une science et un courage auquel on doit rendre hommage, à rendre à la vie tous ces intoxiqués. Douze d’entre eux furent sauvés ; mais vers vingt heures, il fallait se rendre à l’évidence : tout avait été fait et cependant six mineurs étaient perdus. D’après les estimations, environ 10 000 m3 de gaz, libérés brusquement, ont envahi les chantiers de travail, surprenant les hommes.
LES VICTIMES :
BISCH PIERRE : porion, 36 ans, marié un enfant, entré aux mines en 1946.
FELLMANN PAUL : préposé à l’entretien, 33 ans marié sept enfants, venu voici 6ans aux mines.
GARCIA MARCEL : mécanicien, 38 ans marié six enfants, venu en Alsace avec la Première Armée, entré aux mines en 1947.
HAAG ALBERT : porion, 50 ans, marié deux enfants, entré aux mines en 1936.
ORATOWSKI STANISLAS : surveillant de bande, célibataire, originaire de Pologne entra aux mines en 1947, fut porté en terre le jour de son 47e anniversaire.
SZTAJNERT PIERRE : surveillant de bande, 42 ans, marié deux enfants, originaire de Pologne, entré aux mines en 1942.

Le 17/10/1971 suite à cette accident est décédé : BUSCH JEAN-PIERRE

19/04/2026

DES RESCAPES RACONTENT

M. Robert Muth, l’un des rescapés de l’accident. Il vient de rentrer de l’hôpital. Nous le trouvons assis à table, pâle, grave, avec une marque bleue sur la pommette droite. C’est la trace de la chute qu’il fit en essayant de se sauver. Comment les choses se sont-elles passées? M. Muth a un haussement d’épaules fatigué. Il n’en sait trop rien.
Je travaillais au traçage, c’est-à-dire à l’endroit où la galerie est poussée plus avant. Le poste venait de commencer. Le chef de quartier M. A1bert Haag, donnait ses instructions et se tenait à proximité; mon chargeur, M. Joseph Muller était là. Moi- même, il faut que je le précise, je suis employé comme haveur.
Subitement la lumière s’éteignit. «Ils sont en train de faire une réparation sur la ligne» dis-je à Muller. Au même instant je vis s’avancer, comme sortant du mur, un nuage blanchâtre. Cela sentait le gaz, Je compris à l’instant. «Sauvez- vous, il y a du gaz!» ai-je crié. Je bondis dans la galerie, courus, butai du pied sur une aspérité, m’allongeai et perdis connaissance. Lorsque je repris mes sens il me semblait sortir d’un rêve. Ma lampe de sécurité brillait à côté de moi sur le sol. Je jetai un coup d’oeil sur ma montre il était l6 heures. Il y avait une heure et demie que j’étais resté évanoui. J’eu beaucoup de peine à me remettre sur les pieds. J’avais les muscles en coton. Je me traînais, tombai encore, et enfin parvins au téléphone et passai un appel « de l’air, de l’air ».
Vingt minutes après arriva un groupe de secours avec l’ingénieur Friery. Un peu plus t**d je me retrouvais au jour, sauvé. En me traînant par la galerie, en bas j’avais passe auprès du corps sans vie de M. Haag.
Et votre compagnon Muller?
« Il est plus jeune que moi, et ses jambes l’ont emporté plus rapidement. Si je suis encore de ce monde, ajoute, pensif, notre interlocuteur, c’est sens doute parce qu’en tombant je m’étais allongé au-dessus d’un renfoncement du sol où le gaz n’a pas pénétré
Dans la galerie, en bas, j’avais passe auprès du corps sans vie de M. Haag.
Et votre compagnon Muller?
« Il est plus jeune que moi, et ses jambes l’ont emporté plus rapidement. Si je suis encore de ce monde, ajoute, pensif, notre interlocuteur, c’est sens doute parce qu’en tombant je m’étais allongé au-dessus d’un renfoncement du sol où le gaz n’a pas pénétré.
M. Gaston Schmidlin a visiblement été marqué par les heures dramatiques qu’il a vécues, et nous parle avec émotion de ses camarades, avec lesquels il a travaillé coté à coté pendant trois ans. Il ne se souvient guère de ce qui s’est passé, ni des émanations de gaz, ni encore de la façon dont il a été emporté, et sauvé. Tout ce qu’il a gardé en mémoire s »est de s’être tout à coup entouré d’un certain nombre de personne qui lui posaient des questions.
Autre rescapé M. Joseph Muller. Il se sauva sitôt qu’il se fut rendu compte du danger, éprouva un sentiment d’étouffement, et tomba. Il avait pris un autre chemin que M. Muth. Sa lampe de sécurité continua de brûler à son coté, et c’est cette lueur sans doute qui signala sa présence aux sauveteurs avançant dans la galerie.

Photos Théodore 1976 quartier 8
08/04/2026

Photos Théodore 1976 quartier 8

Spéciale municipaleA Antoine et à son compère Pierre Parra... « Tout vient à point pour ceux qui savent attendre »La cit...
23/03/2026

Spéciale municipale
A Antoine et à son compère Pierre Parra...
« Tout vient à point pour ceux qui savent attendre »
La cité Théodore la belle, la rebelle... Depuis toujours la cité Théodore votre principale opposante a contribué largement à votre remplacement. Enfin nous pourrons graver les derniers noms des victimes de la mine sur les stèles du chemin du souvenir. Finalement le musée va émerger de plus de vingt ans de brouillard. Tout ne sera pas possible immédiatement car ton inaction a largement contribué à la détérioration du bâtiment. Vingt ans ... Les pierres peuvent être réparées mais une génération entière a été perdue. Combien de vocations n’ont pas pu s’exprimer ? A combien de jeunes nous n’avons pu transmettre la passion pour le patrimoine minier à cause d’un manque de local ? A cause de ta rancœur envers notre association que tu as, discrédité, ignoré, spolié. Ton compère a même demandé l’élimination du Vice Président de l’association avec ton aval. (Abjecte) Pourquoi tant de haine. Alors ne t’étonne pas qu’aujourd’hui nous sommes content de ton dépars en tant que premier magistrat de notre ville. Petite anecdote... Lors de la célébration l’année dernière de ton soixantième anniversaire, entre la poire et le fromage, tu t’es épanché sur un ton vaporeux et hilare « Si par hypothèse je perdrais les élections je partirais dans les iles ». C’était évidemment une boutade sauf que la réalité est entrée par la grande porte. Si tu mets à exécution ton projet envoie nous une carte postale, ça nous ferait plaisir d’avoir de tes nouvelles. Enfin un grand merci à Rémy Schonecker et Philippe Muller respectivement Président et Trésorier de l’ASCT qui depuis plus de vingt cinq ans labourent la cité Théodore et ont largement contribué au succès de la nouvelle équipe. Regardez et savourez les résultats de Ste Barbe...Nous espérons que la nouvelle équipe renverra l’ascenseur... L’ASCT y veillera...

L’ASCT commémore la plus grandecatastrophe minière de FranceC'est un bien triste événement que l'on commémore ce 10 mars...
10/03/2026

L’ASCT commémore la plus grande
catastrophe minière de France

C'est un bien triste événement que l'on commémore ce 10 mars 2026 : celui de la plus grande catastrophe minière en Europe, avec près de 1100 morts.
10 mars 1906 : La catastrophe de Courrières la plus grande tragédie minière européenne coûta la vie à 1099 mineurs. La catastrophe de Courrières est la plus importante catastrophe minière d'Europe. Elle a lieu entre Courrières et Lens, le samedi 10 mars 1906 et a fait officiellement 1099 morts dont 242 enfants. Chronologie des évènements : Le point de départ de cette catastrophe est l'explosion d'une poche de grisou dans le chantier Lecoeuvre. Signes avant coureur ? Un incendie s’était déclaré dans une veine. (Nuit du 6 au 7 mars) Pierre Simon, plus connu sous le nom de Ricq, délégué mineur depuis 1891, demande à ce que personne ne descende tant que le feu ne sera pas éteint. Poursuivre l'exploitation du charbon dans ces conditions est en effet trop dangereux. Mais son avis n'est pas suivi. Le 10 mars à 6 heures : La quasi-totalité des effectifs, 1 697 mineurs sont descendus, certains pour les plus jeunes ont à peine douze ans étaient déjà descendu dans les fosses 2,3et 4. 242 enfants périront et seuls 576 rescapés parviendront à s’extirper du brasier. 10 MARS 1906, 6H34, la déflagration... Un coup de grisou suivi d'un coup de poussier dévaste en quelques secondes plus de 100 kilomètre de galeries. Le sauvetage des installations avant celui des mineurs. La Compagnie décide au bout de trois jours de condamner les galeries pour limiter l’incendie et surtout pour préserver le gisement. La gestion de la crise par la compagnie minière fut particulièrement mal vécue par les mineurs et par leurs familles. La compagnie fut accusée d'avoir fait passer la sécurité de murer les galeries et d'inverser l'aérage pour extraire la fumée et étouffer l'incendie au lieu de faciliter le travail des sauveteurs en leur envoyant de l'air frais. Les obsèques. La douleur. La colère. Les obsèques des premières victimes ont lieu, le 13 mars, dans la souffrance et le déchirement des familles. C’est sous une tempête de neige que se déroulent les obsèques officielles. À cause des flammes, un grand nombre de mineurs ne pourront jamais être identifiés. Pour éviter les épidémies, les corps sont ensevelis dans une fosse commune, appelée le silo 6. La cérémonie se déroule à la va-vite ce qui provoque colère et amertume chez les familles. L'ingénieur en chef et le directeur de la compagnie furent tellement hués par la foule qu'ils durent quitter le cimetière. C’est ce jour que, devant la fosse commune de Billy-Montigny, la foule réclame justice et scande : « Vive la révolution ! Vive la grève ! » Le lendemain des obsèques, les mineurs refusent de redescendre. Les deux syndicats de mineurs constituent un comité de grève. La grève, solide, s’étend très vite aux exploitations voisines. Le 16 mars, on recense 25 000 grévistes, et 60 000 à l’apogée du mouvement. Congrès et réunions se multiplient pendant que Clemenceau, ministre de l’intérieur, envoie des soldats. Mais vingt jours après le drame, un ouvrier sauveteur vit à proximité de l’accrochage dans le puits N°2 des gestes désespérés dans l’obscurité. Une équipe descendit et trouva treize hommes qui regagnent la surface. Comment ont-ils pu survivre ainsi pendant 20 jours ? Ils racontèrent leurs 20 jours d'errance dans les galeries plongées dans le noir, la fournaise et la boue. Se heurtant aux éboulis et autres culs de sac, se nourrissant de ce qu'ils trouvent mais sortent des entrailles de la terre épuisés, déshydratés et presque désespérés. L'incroyable... Un quatorzième est retrouvé la 4 avril grâce aux secouristes allemands qui étaient venu en aide. Contrairement aux compagnies minières du Nord-Pas-de-Calais, les mines allemandes disposaient d'équipements de secours comme les appareils respiratoires. Il tournait en rond dans les galeries depuis 24 jours... Des chevaux sont découverts encore vivants. On ne peut que suggérer l’indescriptible et ce qu’on ne peu nommer, car « on ne meurt pas proprement au fond de la mine ». Ces survivants ajoutent à la colère et à la révolte dans le bassin minier. On commença à se demander si les ingénieurs de l'État n'avaient pas fait une erreur en considérant qu'il n'y avait plus de survivants au fond seulement trois jours après la catastrophe. D'autres rescapés auraient peut-être pu être retrouvés. L'affaire se politise... Jean Jaurès, dans l'Humanité, alla jusqu'à pose cette question : « Et serait-il vrai que, par une funeste erreur, ceux qui dirigeaient les sauvetages, croyant qu'il n'y avait plus en effet d'existence humaine à sauver, se sont préoccupés plus de la mine que des hommes ? » Les mineurs en grève exigent de meilleures conditions de travail. 40 000 ouvriers étaient dénombrés dans ce mouvement à la fin du mois de mars. La visite effectuée par le ministre de l'intérieur Georges Clemenceau n'a pas réussi à calmer la situation, bien au contraire. Faute d'y arriver, il fait donner sans ménagement la cavalerie et l'armée. Jusqu'à 20.000 hommes. Les affrontements font une victime en la personne d'un officier tué d'un coup de pierre. Fin avril, les patrons cèdent sur une partie des revendications notamment des augmentations de salaire. A cela s’ajoute la faim des familles et une implacable répression. Au début du mois de mai, les mineurs reprennent le travail, mettant un terme à plusieurs semaines d’une abnégation et d’une combativité exemplaires. Nous devons nous souvenir de ces hommes, de ces mineurs qui, chaque jour, dans l’obscurité de nos sous-sols, risquaient leur vie pour extraire le charbon. Le sang de ces travailleurs a écrit l’histoire des houillères. L’exploitation capitaliste était particulièrement dure dans le secteur minier. Les « gueules noires », qui ont toujours revendiqué de meilleures conditions de travail, resteront un modèle de courage dans la lutte des classes. Au final, après des mois d’enquêtes et de recherches, la compagnie minière ne sera jamais inquiétée juridiquement. Cette époque, pas si lointaine que ça au final, une époque où on ne prenait pas beaucoup en compte la vie d’un homme, du moins quand il était simple ouvrier. La répression de la révolte minière par Clemenceau a aussi valu à ce dernier d'être qualifié de «briseur de grèves» 242 victimes « enfants » :13 ans 4 ,14 ans 47 ,15 ans 73,16 ans 55, 16 ans 55 ,17 ans 65.Rappelons qu’Emile ZOLA, en 1885, dans Germinal, semblait déjà prophétiser l’accident

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60, Rue Joseph Vogt
Wittenheim
68270

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