31/01/2026
Saviez-vous qu’au Moyen Age, le porche ouest de la cathédrale Saint Tugdual à Tréguier, était réservé aux lépreux ? 🤔
Ce dispositif permettait aux ladres d’assister à la messe depuis l’extérieur de l’édifice, sans côtoyer le monde des vivants.
La lèpre était considérée comme une maladie impure, vénérienne, une transgression sexuelle, une malédiction divine.
Elle suscitait angoisse et rejet en raison de l’horreur physique à laquelle elle amenait les malades. Le simple fait de regarder un lépreux pouvait entrainer la contagion. On pensait également que le ladre infectait l’air. Il fallait à tout prix s’en préserver et des mesures de ségrégations étaient prises, comme l’interdiction faite aux malheureux de boire l’eau des puits, d’entrer dans les maisons, de toucher aux récoltes, de pénétrer dans certains quartiers.
Lorsqu’il en avait les moyens, le lépreux pouvait être admis dans une léproserie. Cette admission était précédée d’un examen notamment d'un prélèvement sanguin. D’autres épreuves pouvaient être pratiquées : on faisait chanter le ladre, une voix rauque était considérée comme un signe de la maladie ; on le piquait au tendon d’Achille avec une aiguille, l’absence de douleur constituait également un indice de lèpre.
Au terme de l’examen, on récitait au malheureux l’office des morts et on procédait même à son inhumation symbolique en jetant sur lui des pelletées de terre.
Le ladre était donc réputé mort au monde, vêtu d’un habit distinctif et d’un chapeau à large bord, muni d’une crécelle,pour prévenir les vivants d’avoir à s’écarter, le lépreux rejoignait la maladrerie.
Les plus pauvres étaient reclus dans des bordes (maisonnettes ou cabanes en dehors des villes) mais les plus nombreux en étaient réduits à la mendicité.
Vers la fin du XIVe siècle la maladie se mit à reculer alors que la tuberculose progressait. Certains y ont vu un possible facteur d’immunité.
Autre temps autre savoir 🌱😊
Sources : « Pestes et épidémies au Moyen Age » François de Lannoy
« Histoire de la médecine, de l’Antiquité à nos jours » Roger Dachez