Une grosse usine de méthanisation se prépare silencieusement depuis 4-5 ans sur le territoire réservé à Villages Nature, en compensation de la fermeture d’une porcherie de Seine et Marne à Bailly-Romainvilliers (45 km à l’est de Paris).
Cette usine est portée par la société CVO77 = Suez Organique + l’exploitant de la porcherie. Elle a réservé à cet effet environ 8 hectares du territoire réservé du secteur est de Villages Nature pour traiter 35 000 t de déchets d’origine régionale aux ¾ alimentaires
Disney et l’Etat transgressent en douce les accords qu’ils ont signés.
Depuis quand une usine de méthanisation entre-t-elle dans le champ d’application d’une convention ayant statut de Projet d’Intérêt Général, qui consacre un territoire à une destination touristique ?
L’accord qui court entre EuroDisney et le gouvernement serait-il déchiré avant 2020 ?
Le contraste est saisissant entre les exigences de développement du projet Villages Nature qui doit être respectueux de son environnement sur tous les paramètres possibles, et la promesse demain de l’installation d’une usine à haut potentiel de nuisances de tous ordres.
Les documents d’urbanisme, censés protéger un territoire ou définir sa destination ne valent décidément pas grand-chose en France. Dès lors qu’ils constituent un obstacle à la poursuite des affaires ou au montage d’un projet, il suffit de les contourner, les adapter, ou s’asseoir dessus. L’Etat de droit en France, vraiment ?
COMMENT IMPOSER UNE USINE AU MÉPRIS DES POPULATIONS CONCERNÉES
produire une étude d’impact qui fait l’impasse sur des réalités locales et qui minore toutes les nuisances
avancer le plus longtemps possible sans émettre la moindre information à destination des habitants impactés, reculer le plus t**d possible les rendez-vous sollicités par les habitants
donner accès au dossier le plus t**d possible et placer les habitants dans une situation impossible : un mois pour se manifester de façon pertinente sur un dossier technique (environ 2500 pages)
ne donner aucune suite aux entretiens avec les acteurs locaux (les élus, les promoteurs du projet, l’Administration) : pas de compte-rendu des échanges, pas de réponse aux courriers, pas de programme de rencontres. Émettre de rares promesses évasives sans engagement écrit
ne rien faire pour diminuer les nuisances d’une installation : par exemple, décider de l’emplacement de l’entrée / sortie des camions en face d’une propriété située en territoire protégé (document d’urbanisme ZPPAUP (Zone de Protection de Patrimoine Architectural Urbain et Paysager))
dans le comité de pilotage du projet, tenir soigneusement à l’écart les riverains concernés
laisser courir la rumeur que le projet est acté, alors qu’il n’en est encore rien dans son déroulement, qu’il est encore évitable. Comme s’il était doué de ressorts propres contre lesquels personne ne peut rien.
DE GRAVES NUISANCES PRÉVISIBLES SUR UN SITE PROTÉGÉ
Les partenaires et concepteurs du projet présentent un dossier le plus rassurant possible. Mais les riverains d’usines comparables dénoncent la réalité des nuisances vécues :
odeurs nauséabondes dans un rayon d’au moins 2 km
trafic (sous-estimé) de camions pour le transport des déchets et des sous-produits de l’usine
pollution des nappes phréatiques et cours d’eau, par débordements, inondations, perte d’étanchéité des cuves, voire accidents d’exploitation
émissions de poussières, risques d’explosion et d’incendie sur site
et encore : défiguration paysagère, pollution lumineuse.
NOS PRÉCONISATIONS
Le déplacement du projet sur un espace déjà consacré aux activités industrielles et centres logistiques qui fleurissent en Seine et Marne le long des grands axes routiers.
Ne pas laisser faire des arrangements locaux au détriment du droit.
Que les signataires des accords de la convention entre Disney et l’Etat, veuillent bien les respecter et les faire respecter.