14/03/2026
Le château de Brigode, appelé également château du comte de Montalembert, était une vaste résidence construite au XVIIIe siècle dans le village d'Annappes, et en grande partie démoli au XXe siècle.
En 1770, Pierre Jacques Joseph de Brigode (1665-1771), dont la famille avait été expulsée de Hollande quelques années auparavant mais dont les attaches avec Lille etaient déjà fort anciennes, fait élever la résidence à Annappes. Le style est classique avec deux étages principaux et un niveau de combles. Il présente alors de belles façades en pierre blanche et un petit fronton marquant les travées centrales.
Au milieu du XIXe s, lors d’un agrandissement, on y ajouta un perron à colonnes devant l’entrée ainsi qu’une chapelle néo-gothique dans le parc. La bâtisse passe de 8 à 13 travées.
Brigode resta seul château d’Annappes quand, en 1805 le comte de Lannoy fit abattre les restes de l’ancien château d’Annappes.
Son fils Romain-Joseph de Brigode fait plus t**d aménager un parc à l'anglaise. Typique de ce style de jardins, ses perspectives paysagées se développaient entre des groupes de grands arbres ornementaux, à travers des vallonnements et des pièces d’eau au tracé sinueux creusées ou agrandies par des prisonniers russes sous le Premier Empire.
En mars 1815, au début des Cent-jours, le roi de France Louis XVIII, y fait une halte lors de la sa fuite vers la Belgique.
Au cœur de l’histoire, le Parc accueillit notamment Wellington qui y fit déployer ses troupes pour une r***e après la bataille de Waterloo.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, le château héberge notamment le roi George VI du Royaume-Uni en avril 1940 puis Adolf Hi**er, la nuit du 1er au 2 juin 1940, immédiatement après la campagne de France, lors de sa visite de sinistre mémoire dans la région (Fromelles, Bouchain entre autres) puis Paris. Enfin Hermann Goering y donna un repas de 80 couverts en 1941.
Après la guerre, la famille de Montalembert, héritière du domaine, renonça à sa remise en état trop onéreuse. De fait, le château disparait en 1968 mais les dépendances, érigées en 1820, sont gardées et servent de club-house au golf.
Le Petit pavillon est une construction pleine de charme restaurée dans le cade de l’aménagement du parc du Héron. Couvert d’un ample toit de vieilles tuiles, ses façades de briques sont percées de grandes fenêtres jumelées, encadrées de chaines de pierre harpées et réunies par un bandeau mouluré épousant les mouvements des linteaux courbes.
Au début des années 1960, l'agence immobilière SEDAF est chargée de la construction d’un domaine résidentiel dans l’ancien parc du château. Le parc figure à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques, perpétuant le souvenir d’une demeure seigneuriale d’importance dans la région.
François Hanscotte
illustration - le chateau de Brigode et sa chapelle occupés par les Allemands pendant la Grande Guerre
coll particulière