Ligue des Droits de l'Homme-Villefranche Decazeville

Ligue des Droits de l'Homme-Villefranche Decazeville Active depuis plus d'un siècle, la section locale de la LDH lutte pour les droits et la dignité.

150 selon la gendarmerie, 100 selon la Dépêche. Cherchez l'erreur :)
02/05/2026

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18/04/2026

El Salvador : quand un enfant de 12 ans peut être emprisonné à vie

Le stéréotype tue. https://www.facebook.com/share/1b7i6dgSZz/
12/04/2026

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Quand la médecine tue par préjugé : le racisme, angle mort d'un système qui se dit universel

Il est des morts que la République refuse de nommer pour ce qu'elles sont. Des morts racistes. Des morts prévisibles, documentées, répétées. Des morts au bout d'un fil téléphonique où une voix soignante a décidé, souvent sans en avoir pleinement conscience, que cette vie-là valait moins la peine d'être sauvée. Une enquête de Mediapart publiée ce 12 avril 2026 pose enfin, avec la rigueur que le sujet exige, la question que nos institutions sanitaires continuent d'esquiver : le racisme est structurellement présent dans le système de soins français, et il tue.

Naomi Musenga avait 22 ans. Le 29 décembre 2017, elle appelle le Samu depuis Strasbourg. Sa voix est faible, ses mots sont ceux d'une femme qui agonise : elle a très mal au ventre, elle dit qu'elle va mourir, elle supplie qu'on l'aide. L'opératrice, avant même de lui répondre, transfère l'appel à une collègue en commentant, dans un éclat de rire, qu'elle vient d'épeler un nom d'origine africaine et que la dame au bout du fil dit qu'elle va mourir. La collègue répond que c'est sûr, elle va mourir un jour. Naomi mourra quelques heures plus t**d d'un choc abdominal, pris en charge avec un ret**d d'environ deux heures vingt. Il aura fallu attendre le 4 juillet 2024, soit plus de six ans après les faits, pour que l'opératrice soit condamnée à douze mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Strasbourg pour non-assistance à personne en danger. La condamnation est définitive, l'opératrice n'ayant pas fait appel. C'est, selon l'avocat de la famille, la première condamnation de ce type dans l'histoire du Samu français.

L'histoire ne s'arrête pas là. Le 15 octobre 2024, à Montpellier, Meggy Biodore, 25 ans, juriste d'origine guadeloupéenne, décède d'une méningite foudroyante après que ses proches ont tenté à plusieurs reprises d'alerter le Samu sur la dégradation rapide de son état. Fièvre, vomissements, perte de connaissance, paralysie des membres inférieurs, sang dans les selles : les opérateurs lui conseillent de boire de l'eau sucrée, de prendre une do**he chaude, de se rendre chez SOS Médecins. Aucune ambulance ne sera envoyée. Ce sont ses amis qui l'emmèneront à l'hôpital dans leur voiture. Elle décédera peu après son arrivée. Le parquet de Montpellier a ouvert une enquête. Le régulateur du Samu impliqué a été suspendu. Treize jours plus t**d, à Bourges, Israël Tambu Kipepe, 13 ans, décédait lui aussi après deux appels de sa famille au Samu, en arrêt cardiorespiratoire à l'arrivée des secours. Une enquête a été ouverte par le parquet de Bourges.

Ce qui relie ces drames, au-delà de la défaillance des urgences, au-delà de la tension structurelle qui ronge l'hôpital public depuis des années, c'est une constante que chercheurs et associations ont nommée : le syndrome méditerranéen. Ce terme de médecin, appris dans les couloirs des services, transmis dans les huis clos des bureaux comme une évidence de métier, désigne la tendance à minimiser voire nier la douleur des patients perçus comme issus de minorités ethniques, supposés exagérer leurs symptômes, faire du théâtre, exploiter le système. Une interne interrogée dans le cadre d'une thèse de médecine récemment soutenue l'a dit sans détour : le syndrome méditerranéen, c'est une façon sympathique de dire arabe.

La médecin généraliste Célie Coudoro, en exercice depuis novembre 2025, raconte avoir entendu, au cours de ses stages hospitaliers, un médecin décrire aux étudiants une tata maghrébine d'une soixantaine d'années, théâtrale, qui exagérait la douleur, en assurant que c'était réel et qu'ils allaient y être confrontés. Plus t**d, un médecin sénior de 35 ans lui a décrit le même tableau clinique en levant les yeux au ciel et en évoquant ce syndrome méditerranéen. Coudoro, elle-même racisée, a mis du temps à interroger ces discours. Elle a fini par consacrer sa thèse à ce terme, à travers dix entretiens approfondis avec des internes. Tous en avaient plus ou moins entendu parler. Tous le reconnaissaient comme racialisant. Presque aucun ne le qualifiait de raciste. Il y a là, dans cette résistance sémantique, quelque chose de profondément révélateur du déni dans lequel se complaît la profession médicale.

Ce déni a des conséquences mesurables. Une recherche conduite à l'été 2023 par Xavier Bobbia, chef du service des urgences du CHU de Montpellier et professeur de médecine d'urgence, a soumis le même cas clinique d'une douleur thoracique à 1 563 professionnels des urgences en France, en Suisse, en Belgique et à Monaco, publiée dans l'European Journal of Emergency Medicine. Les résultats sont statistiquement significatifs : à symptômes identiques, les femmes et les personnes noires sont systématiquement jugées moins prioritaires. Les hommes blancs sont placés en urgence vitale dans 63% des cas, contre seulement 42% pour les femmes noires. Les personnes d'origine maghrébine arrivent à 61%, les blanches à 58%, les asiatiques à 55%, les noires à 47%. Autrement dit, à symptômes identiques, une femme noire court un risque objectivement plus élevé de ne pas être prise en charge à temps dans un service d'urgences français. Ce n'est pas une impression militante. C'est une mesure scientifique publiée dans une r***e internationale à comité de lecture.

La Commission nationale consultative des droits de l'homme a fait du racisme en santé le thème central de son rapport 2024. Elle documente les refus de soins liés à l'origine réelle ou supposée des patients, les difficultés d'accès aux rendez-vous, les propos stigmatisants. Le rapport de la Défenseure des droits publié en mai 2025, intitulé Prévenir les discriminations dans les parcours de soins : un enjeu d'égalité, va dans le même sens. Il cite, entre autres exemples, le cas d'une femme perçue comme noire ayant essuyé sept appels au Samu sans obtenir d'aide, l'opérateur lui ordonnant simplement de manger du yaourt pour calmer ses douleurs abdominales. Elle sera finalement conduite aux urgences par son frère et se verra diagnostiquer une pancréatite aiguë potentiellement mortelle. Le rapport souligne également que les discriminations liées à l'origine, au genre et à la situation sociale s'additionnent et se renforcent mutuellement.

Il ne s'agit pas seulement de comportements individuels. La médecine elle-même s'est construite sur une norme : le corps de l'homme blanc. Les médicaments sont encore aujourd'hui quasi exclusivement testés sur des hommes. Les illustrations dans les manuels médicaux représentent dans leur immense majorité des corps blancs, situation que le médecin nigérian Chiedebere Ibea a dénoncée en 2021 en publiant des planches anatomiques représentant des peaux noires. L'héritage colonial est inscrit jusque dans les fondations du savoir médical. James Marion Sims, père de la gynécologie américaine, a mis au point entre 1845 et 1849 ses techniques de réparation des fistules vésico-vaginales en opérant à de multiples reprises des femmes esclaves noires sans anesthésie, animé par la conviction raciste alors répandue que les personnes noires ne ressentaient pas la douleur de la même façon que les blanches. Ce passé n'est pas un détail d'histoire : il continue de structurer les représentations, les pratiques et les biais.

La sage-femme et sociologue Priscille Sauvegrain-Mellina travaille depuis vingt ans sur les soins différenciés en périnatalité dans les maternités d'Île-de-France. Elle a montré que les femmes enceintes d'origine subsaharienne participent moins aux cours de préparation à la naissance non par désintérêt, mais parce qu'on suppose qu'elles ne viendront pas et qu'on ne les leur propose pas. Qu'elles bénéficient moins de conseils à l'allaitement parce qu'on suppose qu'elles savent déjà. Que le taux de césariennes chez les femmes nées en Afrique est nettement supérieur à la moyenne nationale. Elle co-anime depuis plusieurs années un cours obligatoire à Sorbonne Université intitulé Soins différenciés, discriminations et racisme en santé avec la psychologue et docteure en psychologie sociale Racky Ka-Sy. Six heures. Obligatoires mais sans évaluation. En sixième année de médecine. Ka-Sy est la première à reconnaître que c'est insuffisant : six heures, c'est peu et c'est un peu t**d dans le cursus. Elle milite pour que l'enseignement commence plus tôt.

Sarraouinia Gakunzi, médecin généraliste et assistante universitaire à Sorbonne Université, a monté dès 2021 un cours sur les biais raciaux destiné aux internes de médecine générale. Elle identifie le problème à sa racine : les étudiants en médecine sont issus de classes sociales favorisées, formés dans l'entre-soi par des enseignants qui diffusent parfois des préjugés, et qui apprennent à ne pas remettre en question les discours d'autorité. Son cours est optionnel, et elle en est consciente : elle s'adresse à ceux qui veulent déjà entendre. Racky Ka-Sy, de son côté, énonce lucidement la condition nécessaire à une transformation réelle : tant qu'il n'y aura pas de diversité dans le corps enseignant, il restera majoritairement indifférent.

La recherche bute aussi sur un obstacle juridique et politique que dénonce l'obstétricien-épidémiologiste de l'Inserm Élie Azria, qui coordonne le projet de recherche Migration et soins différenciés en périnatalité financé par l'Agence nationale de la recherche. La réglementation française encadre très strictement le recueil de variables ethno-raciales dans les données de santé, ce qui rend difficile la mesure précise des inégalités de traitement selon l'origine. Azria ne demande pas une déréglementation, mais un accès scientifiquement encadré à ces variables, pour pouvoir mesurer les discriminations, en identifier les mécanismes et tenter de les réduire. C'est une question de santé publique.

La mobilisation contre les violences sexistes et sexuelles a mis vingt ans à franchir un seuil de visibilité suffisant pour peser sur les institutions. La mobilisation contre le racisme médical commence à peine à se structurer. Des outils émergent : l'Assemblée pour des soins antiracistes et populaires a produit des fiches pratiques à destination des patients et des soignants pour mieux identifier les discriminations raciales dans les parcours de soins. Des cours pionniers apparaissent dans quelques universités. Mais les étudiants en médecine osent encore très peu dire le mot racisme, quand ils parlent sans difficulté de sexisme. Cette asymétrie dit quelque chose d'important sur la hiérarchie implicite des luttes que notre société est prête à mener.

Naomi Musenga, Meggy Biodore, Israël Tambu Kipepe. Ces prénoms s'inscrivent dans une liste que personne n'a envie d'allonger et que tout le monde laisse s'allonger. Les condamner comme victimes d'un système défaillant sans nommer ce système comme raciste, c'est se rendre complice du déni. La médecine française se pense universelle. Elle ne l'est pas encore.

Sources : Mediapart, France 3, France Bleu Alsace, Franceinfo, Rue89

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12/03/2026

́lectionsmunicipales2026 Elections municipales et libertés publiques : la a interrogé les candidats aux trois principales mairies de sa circonscription : Villefranche, Decazeville et Capdenac. A ce jour, seules deux listes nous ont répondu : une sur , une sur . Pas suffisant pour effectuer un comparatif, mais rendez-vous en commentaires pour une analyse des réponses et des programmes ! Et merci aux deux listes qui ont pris la peine de compléter notre questionnaire.

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09/02/2026

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