Association Mémorielle du Sud77

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Créée en 1994 à l'initiative des Maires du Canton Historique de Moret-sur-Loing, l’Association Mémorielle du Sud 77 œuvre sans relâche à honorer et transmettre la mémoire des victimes de la Seconde Guerre mondiale et du nazisme dans le Sud Seine-et-Marne.

01/11/2026
🇵🇱🌺 | « Celles de 14 » : Portrait n°16 – Rosa Luxemburg🕊️ En Novembre 1918, alors que la Première Guerre mondiale touche...
30/10/2026

🇵🇱🌺 | « Celles de 14 » : Portrait n°16 – Rosa Luxemburg

🕊️ En Novembre 1918, alors que la Première Guerre mondiale touche à sa fin, une femme retrouve la liberté après plusieurs années marquées par la prison depuis 1915. Elle a été emprisonnée en raison de son opposition à la guerre et n'a jamais renoncé à défendre ses convictions. Mais cette liberté retrouvée sera de courte durée...

Le 15 Janvier 1919, elle est de nouveau arrêtée à Berlin. Quelques heures plus t**d, elle est assassinée d'une b***e dans la tête par un groupe de paramilitaires allemands. Son corps est ensuite jeté dans un canal, où il restera plusieurs mois. Cette femme s'appelle Rosa Luxemburg.

Née le 5 Mars 1871 à Zamość, dans l'actuelle Pologne alors sous domination de l'Empire russe, Rosa Luxemburg est la cinquième enfant d'une famille juive relativement aisée. Elle grandit principalement à Varsovie, où elle se distingue très tôt par ses capacités intellectuelles.

Dans ce pays où les libertés politiques sont étroitement surveillées, elle s'intéresse dès l'adolescence aux idées socialistes et fréquente des cercles militants clandestins.

📚 En 1889, à seulement 18 ans, elle quitte la Pologne pour la Suisse afin de poursuivre ses études à l'Université de Zurich, l'un des rares établissements européens accueillant alors les femmes dans l'enseignement supérieur.

Elle y étudie l'économie politique, le droit et la philosophie, tout en rencontrant Leo Jogiches, un révolutionnaire d'origine lituanienne, qui devient son compagnon et son partenaire politique.

En 1897, elle obtient un doctorat consacré au développement industriel de la Pologne, une réussite encore exceptionnelle pour une femme à cette époque.

✍️ Déjà engagée dans les mouvements socialistes polonais, elle s'installe en Allemagne en 1898. Pour obtenir la nationalité allemande et éviter une éventuelle expulsion en raison de ses activités politiques, elle contracte un mariage blanc avec Gustav Lübeck.

Elle rejoint le Parti social-démocrate d'Allemagne (Sozialdemokratische Partei Deutschlands), où ses qualités d'oratrice, son intelligence et son tempérament combatif lui permettent de s'imposer dans un univers politique très largement masculin.

Journaliste, enseignante et théoricienne marxiste, elle publie plusieurs ouvrages consacrés à l'économie et à la transformation de la société. Ses prises de position suscitent régulièrement des débats, y compris au sein même de son propre parti.

Son engagement lui vaut également de connaître la prison. En 1906, alors qu'elle participe au mouvement révolutionnaire qui secoue l'Empire russe, elle est arrêtée à Varsovie avant d'être libérée quelques mois plus t**d.

🌍 À mesure que les tensions s'aggravent entre les puissances européennes, Rosa Luxemburg dénonce la montée des nationalismes et le risque d'un conflit généralisé. Elle considère que les rivalités entre États menacent avant tout les populations appelées à en supporter les conséquences.

En 1914, quelques mois avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, elle est condamnée à un an de prison pour avoir publiquement appelé les soldats à refuser de combattre les travailleurs d'autres pays.

🇩🇪 Lorsque la guerre éclate en Août 1914, elle s'oppose à la décision du Parti social-démocrate allemand de soutenir les crédits militaires demandés par le gouvernement impérial.

Avec Karl Liebknecht, Clara Zetkin et plusieurs autres militants, elle participe à la constitution d'un courant hostile à la guerre, qui donnera naissance à la Ligue Spartakiste (Spartakusbund), du nom de Spartacus, figure de la révolte des esclaves dans la Rome Antique.

Leur opposition au conflit s'accompagne d'un projet de transformation révolutionnaire de la société allemande, qui les place en rupture avec la direction de leur parti.

⛓️ En Février 1915, Rosa Luxemburg commence à purger sa peine de prison. Elle poursuit néanmoins son travail intellectuel et rédige un texte dénonçant la guerre, publié clandestinement en 1916 sous le pseudonyme de Junius.

Libérée en Février 1916, elle est de nouveau arrêtée en Juillet et placée en détention administrative, sans nouvelle condamnation judiciaire. Elle restera emprisonnée jusqu'en Novembre 1918.

✉️ Durant ces années de captivité, Rosa Luxemburg entretient une correspondance abondante avec ses proches. Ses lettres témoignent de son intérêt pour la littérature, les animaux et la nature, qu'elle observe parfois depuis sa cellule. Elles révèlent une femme sensible et attentive au monde qui l'entoure, bien au-delà de l'image de la militante révolutionnaire.

Elle suit également avec attention les événements de Russie en 1917. Favorable au renversement du régime tsariste, elle n'en critique pas moins certaines décisions des bolcheviks, notamment les restrictions imposées aux libertés démocratiques.

C'est d'ailleurs dans ses réflexions sur la Révolution russe, rédigées en 1918, qu'elle formule cette pensée devenue célèbre : « La liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement. » Une réflexion qui plus d'un siècle après, conserve toute son actualité et rappelle combien le respect des opinions différentes demeure essentiel à toute société démocratique...

🕊️ Le 9 Novembre 1918, Rosa Luxemburg est libérée alors que l'Empire allemand s'effondre. L'empereur Guillaume II abdique, la République est proclamée et l'Allemagne entre dans une période de profonds bouleversements politiques.

De retour à Berlin, elle participe avec Karl Liebknecht à la publication du journal « Die Rote Fahne » (« Le Drapeau rouge »), puis à la fondation du Parti communiste d'Allemagne (Kommunistische Partei Deutschlands) à la fin de Décembre 1918.

Mais les tensions s'aggravent rapidement entre les différents mouvements politiques. En Janvier 1919, une insurrection éclate à Berlin. Rosa Luxemburg exprime des réserves sur ce soulèvement, qu'elle juge insuffisamment préparé, tout en refusant d'abandonner les militants qui y participent.

⚔️ Le gouvernement allemand fait appel à des unités militaires et à des corps francs pour réprimer le mouvement. Les affrontements sont particulièrement violents.

Le 15 Janvier 1919, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont arrêtés par un groupe de paramilitaires allemands et conduits à l'Hôtel Eden de Berlin. Rosa Luxemburg y est frappée de plusieurs coups de crosse à la tête.

Sous prétexte de la conduire en prison, ses gardiens la font ensuite monter dans une voiture. Au cours du trajet, elle est abattue d'une b***e dans la tête, puis son corps est jeté dans le Landwehrkanal. Karl Liebknecht est lui aussi assassiné ce même soir.

Rosa Luxemburg n'avait que 47 ans. Son corps sera retrouvé le 31 Mai 1919, près de quatre mois et demi après son assassinat, puis inhumé le 13 Juin 1919 aux côtés de Karl Liebknecht, au cimetière central de Friedrichsfelde, à Berlin.

🌺 Figure majeure du socialisme révolutionnaire européen, Rosa Luxemburg laisse derrière elle une œuvre politique qui continuera de susciter des débats bien après sa mort. Son destin témoigne également des profondes divisions qui ont traversé les sociétés européennes pendant la Première Guerre mondiale et dans les mois qui ont suivi l'Armistice.

🌺 Elle s'appelait Rosa Luxemburg. Elle était l'une de ces « Celles de 14 » dont l'Histoire mérite de se souvenir.

Son parcours sera à découvrir aux côtés de ces autres femmes d'exception, mises à l'honneur du 11 au 20 Novembre prochain à Villecerf à travers l'exposition itinérante « Celles de 14 ».

📌 À retenir :
📅 Du 11 au 20 Novembre 2026, de 14h à 18h
🏅 Inauguration le 11 Novembre à 16h
📍 Espace des Prés de la Forge (ancien site ALLO FLOCK) – 16, Route de Montereau – 77250 Villecerf
🎟️ Entrée gratuite

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Bientôt… À ne pas manquer…Association Mémorielle du Sud77Villecerf
28/10/2026

Bientôt… À ne pas manquer…

Association Mémorielle du Sud77
Villecerf

🇫🇷🌺 | « Celles de 14 » : Portrait n°15 – Sarah Bernhardt🎭 En 1916, près du front, des soldats français assistent à une r...
28/10/2026

🇫🇷🌺 | « Celles de 14 » : Portrait n°15 – Sarah Bernhardt

🎭 En 1916, près du front, des soldats français assistent à une représentation théâtrale. Parmi les artistes venus leur apporter quelques instants de répit figure une femme de 71 ans, amputée de la jambe droite depuis un peu plus d'un an. Elle se déplace difficilement, parfois dans une chaise à porteurs, mais rien ne semble pouvoir l'empêcher de rejoindre ces hommes éprouvés par la guerre.

Cette femme a pourtant déjà connu tous les honneurs. Surnommée « La Divine », elle a triomphé sur les plus grandes scènes du monde, de Paris à New York, et fasciné des générations de spectateurs. Mais en cette année de guerre, c'est devant les Poilus qu'elle a choisi de se produire. Cette femme s'appelle Sarah Bernhardt.

Née le 22 Octobre 1844 à Paris, sous le prénom de Rosine, Sarah Bernhardt connaît une enfance marquée par les absences de sa mère et une éducation dans différents établissements. À 15 ans, elle entre au Conservatoire de Paris pour y étudier l'art dramatique.

En 1862, elle fait ses débuts à la Comédie-Française, mais ses premières années sont difficiles. Elle rejoint ensuite le Théâtre de l'Odéon, où son talent commence véritablement à s'imposer.

🎭 En 1869, elle remporte un premier grand succès dans « Le Passant » de François Coppée. Trois ans plus t**d, son interprétation de la Reine dans « Ruy Blas » de Victor Hugo lui vaut un triomphe. Le célèbre écrivain admire sa voix, qu'il qualifie de « voix d'or ».

De retour à la Comédie-Française, elle interprète les grands rôles du répertoire, notamment dans « Phèdre » et « Hernani ». Mais Sarah entend rester maîtresse de ses choix artistiques. En 1880, elle quitte définitivement l'institution et entreprend de grandes tournées internationales qui lui assurent une renommée exceptionnelle.

Cette indépendance se manifeste également dans sa vie professionnelle. Elle dirige plusieurs théâtres parisiens, dont le Théâtre de la Renaissance, avant de prendre en 1898 la direction du Théâtre des Nations, qui portera ensuite son nom. À une époque où les femmes occupent rarement de telles responsabilités, elle s'impose aussi comme une femme d'entreprise.

🎨 Passionnée de peinture et de sculpture, Sarah réalise des œuvres présentées dans les salons artistiques. Elle écrit également des pièces de théâtre, des romans et ses mémoires, tout en s'intéressant aux débuts du cinéma. Femme de convictions, elle prend notamment position lors de l'affaire Dreyfus aux côtés d'Émile Zola.

🏥 Son engagement auprès des soldats remonte d'ailleurs à une époque où elle n'est pas encore devenue cette immense célébrité. En 1870, pendant le siège de Paris, elle participe aux soins des blessés dans le Théâtre de l'Odéon transformé en ambulance, dans le cadre des premières initiatives de secours associées à la Croix-Rouge française. Lorsque les bombardements frappent le quartier en Janvier 1871, les blessés les plus gravement atteints doivent être transportés dans les caves pour être protégés des obus.

Parmi les hommes qu'elle aurait soignés figure un jeune militaire, Ferdinand Foch, avec lequel elle aurait noué une amitié durable. Près d'un demi-siècle plus t**d, leurs chemins se croiseront à nouveau dans une France en guerre.

🇫🇷 Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en Août 1914, Sarah Bernhardt est déjà une figure incontournable du théâtre français. Décorée de la Légion d'honneur quelques mois auparavant, elle poursuit ses activités artistiques malgré une santé devenue fragile.

Depuis plusieurs années, elle souffre d'une grave affection au genou droit, liée à une tuberculose osseuse. Son état s'aggrave au point de rendre une intervention inévitable. Le 22 Février 1915, elle est amputée de la jambe droite, au-dessus du genou. Mais loin d'abandonner la scène, elle adapte désormais ses rôles et ses mises en scène à son handicap, jouant souvent assise.

🎭 En 1916, elle se produit auprès des Poilus dans le cadre de représentations destinées à soutenir leur moral. Selon un récit rapporté par le Comité International de la Croix-Rouge, Ferdinand Foch, devenu général, aurait facilité ses visites auprès des soldats, qui lui auraient donné le surnom affectueux de « la Mère Lachaise ».

Elle interprète notamment « Les Cathédrales », une œuvre patriotique d'Eugène Morand qu'elle avait créée sur scène et dans laquelle elle incarne la Cathédrale de Strasbourg, symbole de l'Alsace que la France espère retrouver. Sa voix résonne ainsi devant des hommes qui pour beaucoup, n'ont jamais eu l'occasion de la voir sur scène.

🇺🇸 Son engagement se poursuit également de l'autre côté de l'Atlantique. En 1916, elle entreprend une nouvelle tournée aux États-Unis, alors que le pays n'est pas encore entré dans le conflit. Par ses spectacles et ses prises de position, elle contribue à sensibiliser le public américain au sort de la France et de ses alliés.

Elle met également le cinéma au service de cet engagement. En 1917, elle apparaît dans « Mères françaises », un film réalisé par Louis Mercanton, où elle interprète une femme engagée auprès des blessés de guerre, notamment d'un soldat devenu aveugle.

🕊️ Après l'Armistice du 11 Novembre 1918, Sarah Bernhardt poursuit sa carrière, malgré les difficultés que lui impose son état de santé. En 1921, elle est promue Officier de la Légion d'honneur.

Sarah Bernhardt s'éteint le 26 Mars 1923 à Paris, à l'âge de 78 ans. Sa disparition suscite une vive émotion et ses obsèques rassemblent une foule considérable venue lui rendre un dernier hommage. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise.

🌺 À travers son parcours, Sarah Bernhardt rappelle que l'engagement pendant la Grande Guerre ne s'est pas limité aux champs de bataille. Après avoir porté secours aux blessés lors du siège de Paris en 1870, elle a choisi, près d'un demi-siècle plus t**d, de mettre sa voix et son talent au service des Poilus. Deux engagements différents, mais une même volonté de se rendre utile lorsque son pays traversait l'épreuve de la guerre.

🌺 Elle s'appelait Sarah Bernhardt. Elle était l'une de ces « Celles de 14 » dont l'Histoire mérite de se souvenir.

Son parcours sera à découvrir aux côtés de ces autres femmes d'exception, mises à l'honneur du 11 au 20 Novembre prochain à Villecerf à travers l'exposition itinérante « Celles de 14 ».

📌 À retenir :
📅 Du 11 au 20 Novembre 2026, de 14h à 18h
🏅 Inauguration le 11 Novembre à 16h
📍 Espace des Prés de la Forge (ancien site ALLO FLOCK) – 16, Route de Montereau – 77250 Villecerf
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🇫🇷🇺🇸🌺 | « Celles de 14 » : Portrait n°14 – Anna Coleman Ladd🎨 En 1918, dans un atelier parisien, une femme observe le vi...
25/10/2026

🇫🇷🇺🇸🌺 | « Celles de 14 » : Portrait n°14 – Anna Coleman Ladd

🎨 En 1918, dans un atelier parisien, une femme observe le visage d'un soldat français. La guerre lui a emporté une partie de ses traits. À partir de photographies prises avant le conflit, elle entreprend, avec de l'argile, du plâtre, du cuivre et de la peinture, de lui rendre une apparence aussi proche que possible de celle qu'il a perdue.

Ce soldat est l'un de ces milliers d'hommes que la Première Guerre mondiale a laissés défigurés, ceux que l'on appellera les « gueules cassées ». Et cette femme, qui a choisi de mettre son talent d'artiste au service de leur reconstruction, s'appelle Anna Coleman Ladd.

Née le 15 Juillet 1878 à Philadelphie, aux États-Unis, Anna Coleman Watts se passionne dès sa jeunesse pour les arts, et plus particulièrement pour la sculpture. Elle étudie notamment à Paris et à Rome, avant de poursuivre sa formation aux États-Unis.

En 1905, elle épouse Maynard Ladd, un médecin américain, et s'installe à Boston. Elle y mène une carrière de sculptrice, réalisant des bustes, des portraits et des œuvres inspirées de la mythologie. Elle s'intéresse également à la littérature et écrit plusieurs ouvrages. En 1914, elle participe à la fondation de la Guild of Boston Artists, destinée à promouvoir les artistes de la région.

Mais lorsque les États-Unis entrent dans la Première Guerre mondiale en Avril 1917, son existence prend une autre direction.

🏥 Cette même année, son mari rejoint la France dans le cadre des activités de la Croix-Rouge américaine. Anna le suit et découvre l'ampleur des souffrances provoquées par la guerre, notamment celles des soldats grièvement blessés au visage. Sur les champs de bataille, les éclats d'obus et les b***es provoquent des mutilations effroyables. Certains hommes perdent leur nez, leur mâchoire ou une partie de leur visage.

Malgré les progrès de la chirurgie réparatrice, beaucoup conservent des blessures qui bouleversent leur existence. À la douleur physique s'ajoute celle du regard des autres. Certains redoutent de retrouver leur famille ou simplement de se montrer en public. Pour ces hommes revenus vivants des tranchées, la guerre continue bien au-delà du champ de bataille.

🇬🇧 Anna Coleman Ladd découvre alors le travail du sculpteur britannique Francis Derwent Wood, qui réalise à Londres des masques destinés aux soldats défigurés. Convaincue que son propre savoir-faire peut être utile, elle s'inspire de ses méthodes pour entreprendre une mission semblable en France.

Avec le soutien de la Croix-Rouge américaine, elle ouvre à Paris un atelier de fabrication de masques, installé Rue Notre-Dame-des-Champs. Elle y travaille avec plusieurs assistants, parmi lesquels les sculpteurs Jane Poupelet et Robert Wlérick.

Mais Anna ne veut pas que cet atelier ressemble à un hôpital. Des fleurs, des œuvres d'art et des drapeaux décorent les lieux. Les soldats y sont accueillis avec attention, dans une atmosphère chaleureuse destinée à leur redonner confiance.

🎨 Son travail exige une patience et une précision considérables. À partir de photographies prises avant les blessures, elle étudie les traits du soldat et réalise un moulage de son visage. Elle reconstitue ensuite les parties manquantes et fabrique un masque en cuivre qu'elle ajuste minutieusement.

Chaque masque est peint pour se rapprocher de la couleur naturelle de la peau. Anna reproduit parfois les sourcils et les moustaches à l'aide de véritables cheveux. Maintenus notamment par des lunettes, ces masques demandent plusieurs semaines de travail.

Ils ne guérissent pas les blessures et ne rendent pas aux visages leur mobilité naturelle. Mais ils permettent à certains soldats de retrouver une apparence plus familière et d'envisager à nouveau une vie sociale.

✉️ Les liens de reconnaissance et d'affection qui s'étaient noués entre Anna et ces hommes qu'elle avait aidés perdureront bien au-delà de la Grande Guerre. Plusieurs années après le conflit, certains continueront à donner de leurs nouvelles et à adresser leurs vœux à Anna et à son mari.

Toutes ces lettres témoignent de ce que ces hommes estiment lui devoir à jamais. L'un de ces soldats lui écrit notamment : « Grâce à vous, j'aurai un foyer. La femme que j'aime ne me trouve plus repoussant, comme elle en avait le droit. »

🕊️ Lorsque l'Armistice du 11 Novembre 1918 met fin aux combats, la mission de l'atelier n'est pas terminée. Pour les soldats défigurés, le retour à la paix ne signifie pas la disparition des blessures.

Anna quitte Paris à la fin de l'année 1918, mais l'atelier poursuit son activité grâce à ses collaborateurs. À la fin de l'année 1919, environ 185 masques ont été réalisés. Faute de financements suffisants, l'atelier finit cependant par fermer ses portes.

De retour aux États-Unis, Anna reprend son activité artistique. Son engagement auprès des blessés français lui vaut plusieurs distinctions. En 1932, la France la nomme Chevalier de la Légion d'honneur, reconnaissant ainsi les services qu'elle a rendus aux soldats mutilés.

Anna Coleman Ladd s'éteint le 3 Juin 1939 à Santa Barbara, en Californie, à l'âge de 60 ans, quelques mois seulement avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

🌺 Son parcours rappelle que, pour des milliers de soldats, survivre aux combats signifiait aussi devoir réapprendre à vivre avec un corps transformé et affronter le regard des autres.

Anna Coleman Ladd n'était ni médecin ni chirurgienne. Elle était sculptrice. Pourtant, grâce à son talent, à sa patience et à son humanité, elle a contribué à rendre à des hommes profondément meurtris une part de leur apparence, de leur confiance et de leur dignité.

Elle qui avant la guerre, sculptait des visages dans la matière, a consacré une partie de sa vie à redonner aux survivants des tranchées quelque chose d'inestimable, la possibilité de retrouver leur place parmi les vivants.

🌺 Elle s'appelait Anna Coleman Ladd. Elle était l'une de ces « Celles de 14 » dont l'Histoire mérite de se souvenir.

Son parcours sera à découvrir aux côtés de ces autres femmes d'exception, mises à l'honneur du 11 au 20 Novembre prochain à Villecerf à travers l'exposition itinérante « Celles de 14 ».

📌 À retenir :
📅 Du 11 au 20 Novembre 2026, de 14h à 18h
🏅 Inauguration le 11 Novembre à 16h
📍 Espace des Prés de la Forge (ancien site ALLO FLOCK) – 16, Route de Montereau – 77250 Villecerf
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🇫🇷🌺 | « Celles de 14 » : Portrait n°13 – Camille Claudel🕊️ En 1917, alors que la Première Guerre mondiale ravage l'Europ...
23/10/2026

🇫🇷🌺 | « Celles de 14 » : Portrait n°13 – Camille Claudel

🕊️ En 1917, alors que la Première Guerre mondiale ravage l'Europe, une femme écrit depuis un établissement psychiatrique du Vaucluse. Depuis quatre ans, elle réclame sa liberté. Elle qui avait connu les ateliers parisiens, travaillé aux côtés des plus grands sculpteurs et donné naissance à des œuvres d'une beauté saisissante ne peut désormais plus créer.

Tandis que des millions d'hommes combattent sur les champs de bataille, elle mène une autre lutte, silencieuse et désespérée, contre la maladie et un enfermement dont elle espère sortir. Cette femme s'appelait Camille Claudel.

Née le 8 Décembre 1864 à Fère-en-Tardenois, dans l'Aisne, Camille grandit dans une famille où son père encourage sa vocation artistique, tandis que sa mère se montre d'abord réticente à l'idée de la voir embrasser une carrière encore largement réservée aux hommes. Elle est également la sœur de Paul Claudel, futur écrivain et diplomate.

Dès l'enfance, elle manifeste une véritable passion pour la sculpture, modelant la terre avec une étonnante habileté. À Nogent-sur-Seine, son talent attire l'attention du sculpteur Alfred Boucher, qui encourage sa famille à lui permettre de poursuivre cette vocation. En 1881, les Claudel s'installent à Paris, où Camille poursuit sa formation artistique, notamment à l'Académie Colarossi.

🎨 En 1883, elle rencontre Auguste Rodin dont elle devient l'élève, la collaboratrice puis la compagne. Dans son atelier, elle participe notamment à la réalisation des « Bourgeois de Calais ». Leur relation, aussi passionnée que tumultueuse, nourrit leurs créations respectives. Mais Camille cherche progressivement à s'affirmer comme une artiste à part entière, dans un univers largement dominé par les hommes.

Ses sculptures témoignent d'un talent remarquable. « Sakountala » exprime toute la tendresse d'une étreinte, « La Valse » donne aux corps enlacés un mouvement saisissant, tandis que « L'Âge mûr », souvent interprété comme une évocation de sa rupture avec Rodin, traduit avec une grande intensité les sentiments d'abandon et de séparation.

Après sa rupture définitive avec Rodin en 1898, Camille poursuit sa carrière et développe des créations plus personnelles. En 1905, une exposition lui est consacrée à Paris. Malgré la reconnaissance de plusieurs artistes et critiques, elle peine cependant à vivre de son travail.

Peu à peu, les difficultés financières, la solitude et des troubles psychiques fragilisent son existence. Persuadée d'être persécutée, notamment par Rodin, elle s'isole et détruit une partie de ses sculptures.

🏥 Le 10 Mars 1913, quelques jours après la mort de son père, Camille Claudel est internée à l'asile de Ville-Évrard, près de Paris, à la demande de sa famille et sur la base d'un certificat médical. Elle a 48 ans et ne retrouvera jamais la liberté.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en Août 1914, elle est toujours internée. En Septembre 1914, elle est transférée à l'asile de Montdevergues, à Montfavet, près d'Avignon, où elle passera le reste de son existence.

✉️ En 1917, elle adresse une lettre bouleversante au Docteur Michaux, qui l'avait examinée avant son internement. Elle y dénonce ses conditions de vie, exprime son sentiment d'abandon et supplie qu'on lui permette de quitter l'établissement ou, à défaut, de rejoindre un hôpital parisien.

Dans cette même correspondance, elle s'inquiète également du sort du fils du médecin, susceptible de combattre dans les tranchées. Même derrière les murs de son asile, elle n'oublie pas la guerre qui déchire le pays.

🕯️ Après l'Armistice du 11 Novembre 1918, la France retrouve progressivement la paix. Mais pour Camille Claudel, rien ne change. Malgré des avis médicaux envisageant à certaines périodes une sortie sous conditions, elle demeure internée.

Le 3 Mars 1927, dans une lettre adressée à son frère Paul, elle écrit avec désespoir : « après 14 ans aujourd’hui d’une vie pareille je réclame la liberté à grands cris. » Elle rêve de retrouver Villeneuve, où réside sa famille, et regrette amèrement de ne plus pouvoir consacrer sa vie à la sculpture. Malgré ses appels, elle ne quittera jamais l'établissement.

Le 19 Octobre 1943, en pleine Seconde Guerre mondiale, Camille Claudel s'éteint à Montdevergues, à l'âge de 78 ans, après plus de trente années d'internement. Elle est inhumée au cimetière de Montfavet, mais sa tombe finira par disparaître, la concession n'ayant jamais été renouvelée.

Longtemps éclipsée par la renommée de Rodin et par le récit tragique de son existence, son œuvre retrouve progressivement la reconnaissance qu'elle mérite. En 2017, un musée entièrement consacré à son art ouvre à Nogent-sur-Seine, là même où son talent avait commencé à s'épanouir.

🌺 Le destin de Camille Claudel rappelle que la Première Guerre mondiale ne s'est pas seulement vécue sur les champs de bataille, dans les hôpitaux ou dans les usines. Tandis que le monde traversait l'un des conflits les plus meurtriers de son histoire, cette artiste de génie menait son propre combat, loin des regards.

Elle qui avait su donner à la pierre et au bronze tant de mouvement, de passion et de vie allait pourtant passer trente années derrière les murs d'un établissement psychiatrique, privée de la liberté qui avait nourri son art.

🌺 Elle s'appelait Camille Claudel. Elle était l'une de ces « Celles de 14 » dont l'Histoire mérite de se souvenir.

Son parcours sera à découvrir aux côtés de ces autres femmes d'exception, mises à l'honneur du 11 au 20 Novembre prochain à Villecerf à travers l'exposition itinérante « Celles de 14 ».

📌 À retenir :
📅 Du 11 au 20 Novembre 2026, de 14h à 18h
🏅 Inauguration le 11 Novembre à 16h
📍 Espace des Prés de la Forge (ancien site ALLO FLOCK) – 16, Route de Montereau – 77250 Villecerf
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🇫🇷🌺 | « Celles de 14 » : Portrait n°12 – Marcelle Capy🖋️ En 1916, alors que la Première Guerre mondiale fait rage, un li...
21/10/2026

🇫🇷🌺 | « Celles de 14 » : Portrait n°12 – Marcelle Capy

🖋️ En 1916, alors que la Première Guerre mondiale fait rage, un livre paraît en France avec une particularité saisissante. Certaines de ses pages sont entièrement blanches, d'autres portent une mention sans équivoque : « Coupé par la censure ». Son auteure, une jeune journaliste de 25 ans, a osé dénoncer les horreurs de la guerre et défendre la paix à une époque où de telles convictions suscitent de vives oppositions.

Mais cette femme ne se contente pas d'écrire ! Pour raconter le quotidien des ouvrières qui fabriquent les mu*****ns destinées au front, elle ira jusqu'à travailler anonymement dans une usine d'armement. Cette femme s'appelait Marcelle Capy.

Née Marcelle Marquès le 16 Mars 1891 à Cherbourg, elle grandit dans une famille attachée à ses racines paysannes du Quercy. Fille d'un officier de Marine, elle passe une partie de son enfance auprès de ses grands-parents à Pradines, près de Cahors, dans le Lot.

Passionnée de littérature, elle poursuit ses études à Toulouse, où elle se prépare à intégrer l'École Normale Supérieure de Sèvres. Mais vers l'âge de 18 ans, une rencontre avec Jean Jaurès contribue à bouleverser ses ambitions. Sensible aux injustices sociales, elle choisit finalement l'écriture et le journalisme, adoptant le nom de Capy, emprunté à sa famille maternelle.

📰 Avant même la Grande Guerre, Marcelle s'intéresse au monde ouvrier et aux difficultés rencontrées par les femmes. Elle mène des enquêtes au plus près de celles et ceux dont elle veut raconter la vie, travaillant notamment dans une fabrique d'ampoules électriques et une filature pour témoigner de leurs conditions de travail.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en Août 1914, elle a 23 ans. Alors qu'une grande partie de la presse soutient l'effort de guerre dans le cadre de l'Union Sacrée, elle refuse de renoncer à ses convictions pacifistes. Ses positions provoquent des désaccords jusque dans les journaux auxquels elle collabore. En Août 1915, elle quitte notamment « La Bataille Syndicaliste », dont elle ne partage plus la ligne éditoriale.

📖 En 1916, elle publie « Une voix de femme dans la mêlée », préfacé par Romain Rolland, prix Nobel de littérature en 1915. Elle y dénonce les souffrances des soldats, les privations des populations civiles et les conséquences humaines du conflit. Malgré la censure qui frappe durement l'ouvrage, elle trouve notamment le soutien de la journaliste féministe Séverine et s'affirme comme l'une des voix féminines du pacifisme français.

🏭 En Novembre 1917, elle décide de partager directement le quotidien des femmes employées dans les usines d'armement. Pendant trois mois, elle travaille anonymement parmi celles que l'on surnomme les « munitionnettes », afin de témoigner de la pénibilité de leurs tâches. Elle découvre notamment le travail épuisant des contrôleuses d'obus.

Dans l'un de ses témoignages, elle décrit une ouvrière manipulant 2 500 projectiles de sept kilos au cours d'une journée de onze heures. Chaque obus devant être soulevé deux fois, cela représente quelque 35 tonnes manipulées quotidiennement.

Marcelle tente elle-même l'expérience, mais doit renoncer après seulement trois quarts d'heure, vaincue par l'épuisement. À ses côtés, une jeune ouvrière accomplit pourtant cette tâche depuis un an. Dans « La Voix des Femmes », elle raconte son admiration pour cette travailleuse et révèle l'extraordinaire effort physique imposé aux munitionnettes.

⚖️ Son enquête révèle également de profondes inégalités salariales. Dans certaines usines, les femmes perçoivent des rémunérations inférieures à celles de jeunes garçons, alors même qu'elles accomplissent des travaux particulièrement éprouvants. Pour Marcelle Capy, ces ouvrières devenues indispensables à l'effort de guerre méritent une véritable reconnaissance de leur travail et de leurs droits.

Le 5 Janvier 1918, elle participe à la fondation de l'hebdomadaire pacifiste « La Vague », aux côtés notamment du député socialiste Pierre Brizon. Elle y assure le secrétariat de rédaction et contribue à sa direction politique, poursuivant ainsi son engagement par l'écriture jusqu'à la fin du conflit.

🕊️ Après l'Armistice du 11 Novembre 1918, Marcelle Capy continue de défendre la paix et les droits des femmes à travers ses articles, ses ouvrages et ses conférences, en France comme à l'étranger.

En 1930, elle publie « Des hommes passèrent... », un roman inspiré de la vie rurale dans le Quercy pendant la guerre. Elle y raconte notamment l'arrivée de prisonniers allemands employés dans les fermes pour remplacer les hommes partis au front. À travers ces rencontres, elle interroge les préjugés et les possibilités de réconciliation. L'ouvrage reçoit le prix Séverine en 1932.

Dans les années 1930, alors que les tensions internationales s'aggravent, elle poursuit son militantisme au sein de la Ligue internationale des combattants de la paix.

📖 En 1936, elle fait rééditer « Une voix de femme dans la mêlée » dans sa version intégrale. Dans son introduction, elle revient sur la censure subie vingt ans plus tôt et rappelle combien la guerre peut aussi étouffer la liberté de penser, d'écrire et de juger.

La Seconde Guerre mondiale ouvre cependant un chapitre plus controversé de son parcours. Pendant l'Occupation, elle écrit dans des journaux liés au Régime de Vichy ou à la Collaboration, notamment « L'Effort » et « Germinal ». Ces contributions suscitent des critiques et témoignent des contradictions de son engagement pacifiste.

Après la guerre, elle poursuit ses activités littéraires et militantes, mais sa notoriété décline progressivement. Elle se retire finalement à Pradines, dans ce Quercy auquel elle est restée profondément attachée.

Marcelle Capy s'éteint le 5 Janvier 1962, à l'âge de 70 ans. Journaliste, écrivaine, féministe et militante pacifiste, elle laisse une œuvre marquée par ses combats, mais aussi par les contradictions de son époque et de ses propres engagements.

🌺 Son parcours rappelle que la Première Guerre mondiale ne s'est pas seulement jouée dans les tranchées. Elle s'est aussi vécue dans les usines, où des milliers de femmes ont travaillé dans des conditions éprouvantes pour produire les a***s et les mu*****ns. En partageant leur quotidien et en racontant leurs souffrances, Marcelle Capy a contribué à faire entendre des voix trop souvent oubliées.

🌺 Elle s'appelait Marcelle Capy. Elle était l'une de ces « Celles de 14 » dont l'Histoire mérite de se souvenir.

Son parcours sera à découvrir aux côtés de ces autres femmes d'exception, mises à l'honneur du 11 au 20 Novembre prochain à Villecerf à travers l'exposition itinérante « Celles de 14 ».

📌 À retenir :
📅 Du 11 au 20 Novembre 2026, de 14h à 18h
🏅 Inauguration le 11 Novembre à 16h
📍 Espace des Prés de la Forge (ancien site ALLO FLOCK) – 16, Route de Montereau – 77250 Villecerf
🎟️ Entrée gratuite

***sBleuHorizon

Adresse

Villecerf
77250

Téléphone

+33685756645

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