16/12/2025
Parmi les rescapés de la Shoah, le rabbin Israel Spira, dernier rabbin du ghetto de Bluzhov, a raconté ce souvenir de Hanouka à Auschwitz. En décembre 1944, dans le froid glacial, il se trouvait dans le camp de travaux forcés de Janina, annexe d’Auschwitz.
Avec quelques compagnons, ils avaient réussi à faire passer un minuscule récipient d’huile graissante, un fil arraché à un vêtement pour servir de mèche, et un morceau de métal faisant office de bougeoir. La nuit venue, à l’abri derrière un baraquement, le rabbin récita les bénédictions de Hanouka, la voix tremblante, entouré de quelques déportés.
Lorsque la petite flamme s’alluma — improbable, fragile, battue par le vent — l’un des hommes éclata en sanglots :�« Rabbi, comment peux-tu remercier Dieu pour un miracle ? Où est le miracle ici ? Où est-il ? »
Le rabbin lui prit la main et répondit doucement : « Le miracle… c’est que nous sommes encore là, debout, et que malgré tout, nous allumons encore la lumière. »
Tous restèrent silencieux, hypnotisés par la flamme. Dans ce camp où la mort régnait sans limite, cette toute petite lumière devint une victoire : le signe que leur humanité n’avait pas disparu. Le lendemain, contre toute attente, personne ne sut comment les gardes n’avaient rien vu, et aucun des prisonniers présents ne fut puni. La flamme, qui n’aurait pas dû survivre une seconde, brûla bien au-delà de ce que la raison pouvait expliquer. C’est ainsi qu’ils y virent un véritable miracle de Hanouka.
Cette histoire résonne douloureusement aujourd’hui. En cette première journée de Hanouka, alors qu’un attentat a frappé à Sydney, elle nous rappelle que la haine n’appartient pas qu’au passé. Allumer une lumière n’est jamais un geste naïf : c’est un acte de résistance. Hier à Auschwitz, aujourd’hui ailleurs, la flamme reste un rappel : tant qu’une lumière peut être allumée, tout n’est pas
©️ Karen Bloch Éditrice pour Memories Foundation - & Mémoires
ZAHOR - Souviens-toi !
Avec brigitteohnona David Ohnona davidohnona nathalieattali karenbloch___