21/03/2026
L’intérim comme "variable d’ajustement" : À quel prix pour nous ?
Depuis plusieurs années, nous observons une transformation inquiétante de notre entreprise. Alors que nos effectifs en CDI ne cessent de fondre, le recours à l’intérim se stabilise à un niveau record : environ 1 500 CDI pour 800 intérimaires.
Aujourd'hui, plus d'un tiers de la force de travail est précaire. Cette stratégie de "l'accordéon" — on embauche quand ça monte, on coupe quand ça baisse — n'est pas sans conséquences. Elle pèse directement sur notre quotidien et sur la pérennité de notre outil de travail.
Un cycle épuisant pour les salariés en poste
Le recours massif et cyclique à l’intérim crée un climat d'instabilité permanente :
La perte de savoir-faire : À chaque reprise d'activité, nous accueillons de nouveaux collègues qu'il faut former de zéro. Ce temps de formation est pris sur notre propre temps de travail, sans allègement de nos objectifs.
La surcharge chronique : Entre le départ des anciens intérimaires et l'efficacité des nouveaux, c'est à nous, les CDI, d'absorber le surplus d'activité. Nous jouons les "amortisseurs" au détriment de notre santé.
La dégradation de la qualité : On ne remplace pas des années d'expérience par une formation de quelques jours. Le turnover incessant nuit gravement à la qualité de notre production et dévalue notre expertise.
L’humain n’est pas un curseur de logiciel
Gérer une entreprise comme un simple flux de trésorerie est une erreur de calcul. Un salarié (qu'il soit en CDI ou intérimaire) n'est pas une machine que l'on débranche.
Pour les intérimaires : C'est une précarité organisée qui empêche de se projeter.
Pour les CDI : C'est une perte de sens et une fatigue mentale de devoir perpétuellement recommencer les mêmes formations pour des collègues qui ne resteront peut-être que quelques mois.
Nous demandons une autre vision :
Une entreprise solide est une entreprise qui fidélise. Nous avons besoin de stabilité, de reconnaissance de notre charge de travail et d'un plan de recrutement en CDI à la hauteur de l'activité réelle de la société.