10/08/2026
Loin de moi de vouloir faire de la politique, mon but n'étant pas d'en faire... et cela irait à l'encontre de notre association.
Mais souvent, j'entends et on me dit : les autres ont tous ce qu'il faut... nous Français, n'avons rien...
Alors voici un début d'explication :
Oui. Certaines associations qui interviennent auprès des migrants, demandeurs d’asile et réfugiés reçoivent effectivement des financements publics, parfois de façon importante.
Mais il faut distinguer les différentes formes de financement.
État français : le ministère de l’Intérieur finance notamment des dispositifs d’accueil, d’hébergement, d’accompagnement et d’intégration. Les associations peuvent être prestataires ou recevoir des subventions.
Union européenne : le Fonds « Asile, migration et intégration » (FAMI) finance des projets liés à l’asile, à l’intégration, à la migration et au retour. La France dispose de 1,215 milliard d’euros sur la programmation 2021-2027 des trois fonds européens « affaires intérieures », dont le FAMI.
Collectivités locales : régions, départements, communes et intercommunalités peuvent également attribuer des subventions aux associations intervenant dans l'action sociale ou l'intégration.
Marchés publics : ce n'est pas exactement une « subvention ». Une association peut être choisie par l'État pour assurer une mission rémunérée. Par exemple, dans le programme AGIR, les opérateurs sont généralement des associations ou groupements d'associations désignés par le préfet à l'issue d'une procédure de marché public.
Dons privés : certaines associations disposent également de dons de particuliers, fondations ou entreprises.
Il existe même des chiffres assez parlants :
Selon un rapport de la Cour des comptes publié en 2025, les subventions publiques aux structures de l'économie sociale et solidaire comprenaient, en 2024, environ 12 % consacrés à l'accueil et à l'orientation des réfugiés et demandeurs d'asile.
(vie-publique.fr).
Donc oui, l'argent public finance bien une partie de l'activité associative concernant les migrants. En revanche, cela ne signifie pas que toutes les associations de ce domaine sont subventionnées, ni que leurs budgets proviennent exclusivement de l'État.
Voici une liste simple, sans tableau, avec les principaux organismes et les chiffres disponibles :
Forum réfugiés
En 2024 : environ 49,2 millions d’euros de financements publics.
Cela représente environ 98 % de ses ressources d’exploitation.
Environ 44,2 M€ provenaient de l’État.
France terre d’asile (FTDA)
Entre 2019 et 2023 : environ 57,5 M€ par an en moyenne provenant de la mission « Immigration, asile et intégration ».
L’association gère notamment des structures d’accueil et d’hébergement pour demandeurs d’asile et réfugiés.
La Cimade
En 2024 : environ 6,84 M€ de subventions et concours publics.
Elle reçoit notamment des financements du ministère de l’Intérieur et de fonds européens.
Coallia
Entre 2019 et 2023 : environ 115 M€ par an en moyenne provenant de crédits liés à l'immigration et à l'asile.
C'est un acteur particulièrement important dans l'hébergement et l'accompagnement.
Ensemble du secteur associatif
En 2023, environ 263 M€ de crédits publics ont été attribués aux associations pour l'accompagnement des demandeurs d'asile et des réfugiés, selon la Cour des comptes.
Point important : ces montants ne sont pas tous des « subventions ». Une association peut recevoir de l'argent public parce qu'elle est rémunérée pour effectuer une mission de service public, par exemple gérer un centre d'accueil ou assurer l'accompagnement de demandeurs d'asile.
J’ai vérifié les données disponibles, et je préfère être précis : il n’existe pas un classement homogène des 10 associations avec exactement le même indicateur financier.
Certaines publient leurs subventions, d’autres leurs financements publics globaux, et certaines assurent des missions rémunérées par l’État.
Voici donc les principaux acteurs pour lesquels on dispose de chiffres suffisamment documentés :
Coallia
Environ 115 M€ par an en moyenne provenant des crédits de la mission « Immigration, asile et intégration » sur 2019-2023.
C'est l'un des plus gros opérateurs du secteur.
Son activité ne concerne toutefois pas exclusivement les migrants : Coallia intervient également dans le logement, l'hébergement et l'action sociale.
France terre d’asile
Environ 57,5 M€ par an en moyenne provenant de la mission « Immigration, asile et intégration » sur 2019-2023.
En 2024, l'association comptait près de 1 500 salariés.
Forum réfugiés
En 2024 : environ 49,2 M€ de financements publics.
Cela représentait environ 98 % de ses ressources d'exploitation.
Environ 44,2 M€ provenaient directement de l'État.
Une partie correspond à des prestations et non à des subventions au sens juridique.
La Cimade
En 2024 : 6,842 M€ de subventions et concours publics.
Budget total : environ 22,3 M€.
Elle comptait 151 salariés et 2 678 bénévoles.
Adoma
Acteur majeur de l'hébergement social et de l'accueil des demandeurs d'asile.
Il faut toutefois être prudent avec ce cas : Adoma est une filiale du groupe CDC Habitat, et non une association classique. Elle reçoit des financements publics dans le cadre des dispositifs d'hébergement.
Aurore
Association très importante dans l'hébergement et l'accompagnement social.
Elle intervient notamment dans des dispositifs destinés aux demandeurs d'asile et aux réfugiés, mais son activité dépasse largement l'immigration.
Croix-Rouge française
Elle gère également des dispositifs d'accueil et d'hébergement pour demandeurs d'asile et réfugiés.
Là encore, il serait trompeur d'attribuer à « l'immigration » l'ensemble de ses financements publics, puisque son activité couvre énormément d'autres domaines.
SOS Solidarités / Groupe SOS
Intervient dans plusieurs dispositifs sociaux, dont certains concernant les personnes migrantes et demandeuses d'asile.
Comme pour Aurore et la Croix-Rouge, les financements liés à l'immigration constituent seulement une partie de l'activité globale.
Entraide Pierre Valdo
Association spécialisée notamment dans l'accueil et l'accompagnement des demandeurs d'asile et réfugiés.
Elle fonctionne largement grâce aux financements publics associés aux dispositifs qu'elle gère.
CASP – Centre d'action sociale protestant
Intervient dans l'hébergement, l'accompagnement social et l'accueil de personnes étrangères et demandeuses d'asile.
Ses financements proviennent de plusieurs sources publiques selon les dispositifs.
Le chiffre global à retenir.
La Cour des comptes estime qu'en 2023, environ 263 millions d'euros de crédits publics ont été attribués aux associations pour l'accompagnement des demandeurs d'asile et des réfugiés.
Et il y a une distinction importante : 263 M€ ne signifie pas 263 M€ de « cadeaux » faits aux associations. Une partie importante rémunère des missions concrètes : hébergement, restauration, accompagnement administratif, accompagnement juridique, gestion de centres, etc.
En revanche, les chiffres de Forum réfugiés et de France terre d'asile montrent bien que certaines associations sont devenues des opérateurs majeurs de la politique française de l'asile, avec une dépendance très forte à l'argent public.
Donc pour ceux qui auront eu le courage de tout lire, vous comprendrez qu'il y a "salaires" pour une catégorie de personnes qui œuvrent dans le caritatif, certains à haut niveau et à coup sûr, sont salariés et probablement pas pour peu.
Ainsi vous comprendrez également la nécessité de trouver, sans cesse de nouveaux migrants, renouveller le "stock" pour justifier sa propre existence et ainsi expliquer les besoins de financement.
Ce qui me fait dire que dernière une apparente humanité ou Immigration civilisationnelle se cache derrière une histoire de "gros sous" comme on le dit communément...
Pour ceux qui se posaient et me posaient la question, cette réponse partielle tout à fait personnelle est probablement soumise à controverse et je m'en excuse par avance.
Merci à vous tous, merci de votre confiance, merci pour la force que vous nous donnez en lisant et likant nos posts.
A titre local, nous ne sommes pas rémunérés, nous mettons la main à la poche régulièrement, nous recevont que peu de dons suffisamment rares pour remercier du fond du cœur les personnes qui le font.
A titre info, le budget de fonctionnement vient entièrement de nos fonds propres à 90%.
Portez vous bien.