03/06/2026
Si vous souhaitez aider Isabelle, Aurore et leurs chats, nous pouvons également être le relais
Merci
Bonjour... ou plutôt mauvais jour.
Ces cinq boîtes de pâtée, c'est tout ce qu'il reste aujourd'hui dans nos stocks. Et encore, elles ont été achetées par mes soins il y a une huitaine de jours, car en réalité, nos réserves sont vides depuis déjà un certain temps...
Cette photo, c'est l'envers du décor des associations de protection animale.
Le casse-tête quotidien des responsables d'association.
La triste réalité des jours qui passent.
Comment payer les factures vétérinaires et nourrir nos protégés ?
Aux yeux du public, les associations existent lorsque l'on a besoin de faire prendre en charge une portée de chatons ou un animal blessé. Mais rarement quelqu'un se demande comment nous gérons l'après, les jours qui suivent, les semaines qui s'accumulent.
Pire encore, lorsque nous refusons une prise en charge faute de moyens, nous sommes parfois critiqués, voire attaqués sur les réseaux sociaux.
Le dépôt d'un animal n'est presque jamais accompagné d'un don ou d'une boîte de pâtée.
C'est normal, paraît-il. Nous sommes là pour ça.
Je lis partout : « Il faut contacter une association. »
Cette phrase magique, censée régler tous les problèmes.
C'est une façon de voir les choses.
Hier encore, j'expliquais que les petites associations ne sont ni la Fondation Brigitte Bardot, ni la banque Rothschild. Nos trésoreries ne débordent pas d'euros.
Là encore, c'est la réalité : certes, nous avons des adhérents qui cotisent, souvent lors de l'assemblée générale. Mais il faut ensuite trouver les fonds pour nourrir et soigner les animaux les 364 autres jours de l'année.
Il y a quelque temps, je participais à une réunion d'associations organisée par la mairie. Je suis partie avant la fin.
Les uns parlaient de leurs tee-shirts à remplacer, les autres de leurs tapis de gym usés ou encore des tuyaux d'un orgue à réparer.
Je n'avais pas ma place dans cette assemblée.
Mon association n'est pas une structure comme les autres.
On n'y danse pas, on n'y chante pas, on ne s'y divertit pas.
Rien de festif.
Mon association prend en charge du vivant.
Du vivant qui souffre.
Du vivant qui boit et qui mange tous les jours.
C'est ma préoccupation première.
C'est à cela que je pense chaque soir.
C'est ce qui m'empêche parfois de trouver le sommeil : comment gérer le lendemain ?
Cette réalité existait déjà il y a douze ans lorsque j'ai créé l'association.
Mais plus le temps passe, plus le climat se dégrade.
Plus nous tombons dans la banalisation, l'indifférence et le silence.
Pendant toutes ces années, je me suis accrochée à l'idée que les choses finiraient par évoluer dans le bon sens.
Beaucoup de stérilisations de chats errants par les associations, donc moins de chatons ? Non.
Une prise de conscience des élus et davantage de soutien ? Non.
Une solidarité forte et durable entre associations ? Non.
Le soutien des vétérinaires ? Eh bien non. Après tout, nous les faisons déjà travailler à moindre coût...
C'est pire.
Dramatiquement pire.
C'est la réalité.
Alors peut-être que nous ne sommes pas assez présents sur les réseaux sociaux pour exprimer notre détresse.
Peut-être que nous ne savons pas faire le buzz.
Peut-être.
Ou alors l'engagement, le respect, la solidarité et la main tendue ne sont plus que de jolis mots vidés de leur sens.
Et moi...
Quelle idiote j'ai été.
J'y ai cru.