11/02/2026
LA TRISTE HISTOIRE D’ANTOINE LACROIX, curé de Mézels (épisode 2)
Dans l’épisode précédent, nous avions laissé notre curé en 1791, après sa prestation de « Serment Civique » devant la municipalité de Mézels. Mais quelques mois plus t**d, on lui présente un nouveau Serment Civique…
Et là, notre forte tête s’insurge ! Devant notaire Il déclare que dans le 1er serment, il avait juré fidélité à la Nation, à la Loi et au Roi. Mais ce nouveau serment est très différent : on n’y reconnait plus l'autorité du Pape et l’enseignement de l’église. Et d’ailleurs, Il ne comprend pas le sens de «ces mots vagues d’Egalité et de Liberté »(sic). Il ajoute aussi que l’enseignement de l’Eglise catholique sera toujours son guide. Il veut bien respecter la liberté et l’égalité, mais seulement au nom de l’église. Et si ce n’est pas le cas son premier « serment est donc nul et non avenu »(sic).
Il pensait naïvement que cette distinction subtile, entre doctrine de l’église et loi révolutionnaire, ne prêterait pas à conséquences. Sûr de son bon droit, il exigea même que cet acte notarié soit porté à la connaissance du Citoyen Procureur de St-Céré.
Mais celui-ci ordonna immédiatement son arrestation : cet acte notarié est considéré comme une atteinte à la République et ses motifs, criminels ! Malgré ses protestations, Antoine Lacroix est arrêté puis conduit à la citadelle-prison de Blaye (Gironde). Il fut plus t**d libéré mais mourut peu après, à son retour au séminaire de Cahors.
Jean LABROUE, le prêtre qui prit sa suite à Mézels en 1795, eut plus de chance : considéré lui-aussi comme réfractaire, il réussit à échapper aux gardes nationaux venus l’arrêter.
Ainsi, à trop vouloir jouer sur les mots, ce pauvre Antoine Lacroix y laissa la vie…