21/05/2026
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Dans son livre-enquête Urgences vitales : pourquoi l’hôpital public craque publié chez Flammarion, le journaliste Nicolas Berrod met en lumière le profond malaise qui traverse l’hôpital public français. Parmi les nombreux dysfonctionnements dénoncés par les soignants, un sujet cristallise particulièrement les tensions : l’explosion des postes administratifs et des niveaux hiérarchiques.
Au micro de RMC, plusieurs professionnels de santé décrivent un système devenu trop bureaucratique. Sabrina, ancienne agente de service hospitalier à l’hôpital de Vichy, dénonce une multiplication des cadres pendant que les personnels de terrain manquent de reconnaissance et de soutien. Après vingt ans de service, elle affirme avoir été écartée à la suite d’un accident de travail, tandis que “des cadres et des cadres supérieurs” continuent selon elle de se multiplier.
Même constat pour Vincent, ancien cadre de santé ayant quitté l’hôpital public. Il évoque des “strates et des strates” de direction qui absorbent une part importante des budgets hospitaliers, au détriment du personnel soignant et des patients. Selon lui, les ressources humaines occupent désormais une place disproportionnée dans les dépenses des établissements.
Le médecin urgentiste Aurel Guedj critique lui aussi le nombre d’administratifs, qu’il juge excessif par rapport au secteur privé. Il estime que cette lourdeur ralentit les prises de décision alors même que les équipes réclament davantage de lits et de moyens humains dans des situations parfois vitales.
L’enquête revient également sur les effets controversés de la tarification à l’activité, système de financement accusé d’encourager la rentabilité plutôt que la qualité des soins. Plusieurs intervenants appellent désormais à s’inspirer davantage du fonctionnement du privé pour alléger les structures administratives et redonner des moyens au terrain.