24/04/2026
Au cours d’une conférence très riche, inspirée de son livre : « Nos vies sur la brèche, une philosophie de l’intenable », le philosophe Jean-Philippe Pierron nous a parlé de l’éthique de l’intenable, de notre posture de funambule sur la brèche, en faisant « l’éloge des engagements impurs ».
La brèche, ce sont ces moments où des choix impossibles s’imposent à nous avec la question « À quoi tenons-nous ? »
L’insoutenable, l’irréparable, l’imprescriptible, l’impardonnable ne relèvent pas des catégories de la vie morale ordinaire qui s’affronte à la brèche.
La morale, nous dit Jean-Philippe Pierron n’est pas qu’une affaire de principe car nos vies ne sont pas linéaires et sont faites de doutes ; l’éthique est, elle, du côté du désir, du vivant, et de "quel homme je veux être".
Penser l’éthique de la vie bonne n’ignore pas l’ambiguïté, le compromis qui est un arbitrage qui ne perd pas de vue l’objectif visé.
Le philosophe considère qu’il ne faut pas choisir entre l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité, il faut les penser dans une dialectique à synthèse ajournée.
Comment faire alors pour habiter la brèche en équilibriste et que ce soit un mode d’existence ? Jean-Philippe Pierron a proposé quelques pistes :
Accepter l’imperfection car à trop vouloir être pur, on s’empêche d’agir.
Convoquer l’imagination avec ses possibles, et imaginer pour mieux vivre.
Pratiquer aussi l’humour qui permet de lutter contre l’esprit assujetti
Et être sensible à la dimension festive des utopies concrètes