06/06/2026
Le 20 mai 2018, à Ychoux dans les Landes, Saïd El Barkaoui reçoit cinq balles dans le dos sous les yeux de sa compagne et de ses enfants. Il meurt le 4 juin, laissant six enfants sans père. Le tireur est son voisin qui l'a pris pour cible aux cris de « Sale Arabe ». Après avoir accompagné la famille dans les mobilisations et le parcours judiciaire, SOS Racisme est présente au procès en tant que partie civile. En 2021, le tribunal reconnaît la dimension raciste du crime et condamne l'assassin à 25 ans de réclusion criminelle, une peine qualifiée d'historique par les avocats des parties civiles.
Hélas, cet acte n'est pas isolé et ne surgit pas de nulle part. Depuis plusieurs années, un climat délétère s'est installé. L'extrême droite - relayée par des médias qui prospèrent sur la stigmatisation des étrangers, de leurs enfants et sur le rejet de l'égalité - a progressivement imposé ses obsessions dans le débat public. Jour après jour, les discours racistes se multiplient. Ce qui suscitait hier l'indignation tend aujourd'hui à être banalisé. Et, ces derniers mois, notre pays semble renouer avec un cycle de violences racistes que l'on croyait révolu. Djamel Bendjaballah à Cappelle-la-Grande. Aboubakar Cissé à La Grand-Combe. Hichem Miraoui à Puget-sur-Argens : à trois reprises en moins d'un an, le racisme a tué.
Il y a encore quelques semaines, à Espaly-Saint-Marcel, un homme armé d'une carabine a tiré à proximité d'un groupe d'enfants âgés de 6 à 11 ans après avoir proféré des insultes racistes. Tous ces actes sont motivés par une haine raciste que la France peine encore à regarder en face.
Aujourd'hui, il est temps de dire stop. À l'approche de l'élection présidentielle, alors que l'extrême droite n'a jamais semblé aussi proche du pouvoir, nous ne pouvons plus nous contenter de constater cette progression de la haine. Chacun a un rôle à jouer. Alors, engagez-vous !
(Source : SOS racisme)