16/10/2024
Manifeste du CÉGOM Région Occitanie
Les Outre-mer, partie intégrante de la France, restent aujourd'hui en 2024, un symbole des combats inachevés. Nos compatriotes, là-bas, sont encore privés de certains droits fondamentaux. Nous ne pouvons plus détourner le regard.
Il y a plus de cent soixante-dix ans, nos ancêtres ont arraché leur liberté, mettant fin à des siècles de servitude. L'abolition de l'esclavage en France, proclamée en dix-huit cent quarante-huit, fut un tournant décisif dans l'histoire de notre pays. Mais la liberté ne se limite pas à la simple abolition des chaînes. Elle implique l'égalité des droits, la dignité et la justice pour tous, sans distinction de couleur, d'origine ou de condition sociale.
Aujourd'hui encore, cette promesse de liberté pleine et entière reste incomplète pour nos compatriotes des Outre-mer. Trop longtemps, des inégalités persistantes ont entravé leur accès aux droits fondamentaux, à l'égalité des chances et à une reconnaissance pleine de leur identité et de leur histoire.
Aujourd'hui, dans nos territoires ultramarins, de Mayotte, de la Guadeloupe, de la Martinique à la Guyane, en passant par la Réunion, les défis sont nombreux et pressants. Nos compatriotes vivent une période de grande précarité. La vie chère asphyxie les familles, les privant d'un accès décent aux biens essentiels, et beaucoup se sentent laissés pour compte par un système qui ne prend pas suffisamment en compte les spécificités de leurs réalités.
Ces territoires, bien que si éloignés géographiquement, font pleinement partie de notre République. Ils sont le cœur battant de notre diversité culturelle, de notre histoire partagée, et de notre avenir commun. Nous ne pouvons plus ignorer leurs souffrances. La lutte contre les inégalités, contre la précarité, et pour une vie digne ne concerne pas seulement les habitants des Outre-mer, elle concerne chacun d'entre nous.
Il est temps pour nous, ici, dans l'Hexagone, de prendre conscience de ces réalités. Ce n'est qu'en étant solidaires, en agissant ensemble, que nous pourrons apporter des réponses durables à ces crises. Chacun d'entre nous a un rôle à jouer dans cette quête de justice sociale, que ce soit en soutenant les initiatives locales, en se faisant l'écho des revendications des ultramarins, ou en interpellant les responsables politiques pour que des solutions concrètes soient enfin mises en œuvre.
Notre drapeau, celui de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, doit être bien plus qu'un symbole que l'on honore seulement lors des commémorations. La fraternité, en particulier, doit se vivre au quotidien, au-delà des dates marquantes de notre histoire. Il s'agit de tendre la main à ceux qui souffrent, d'agir avec compassion, et de reconnaître en chaque Français, qu'il soit de l'Hexagone ou des Outre-mer, un frère, une sœur.
Nous devons porter haut l’amour de notre drapeau, non seulement en le brandissant fièrement, mais en incarnant ses valeurs dans chacune de nos actions. La fraternité ne peut se limiter à des mots, elle doit devenir un engagement concret. Nous sommes tous concernés, car c’est ensemble, unis par notre diversité, que nous construirons un avenir meilleur.
Alors, pendant la journée commémorant de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions prévue chaque année le 10 mai, souvenons-nous des luttes du passé, mais surtout, engageons-nous à faire vivre cette fraternité dans tous les aspects de notre société. C'est en la faisant résonner au quotidien que nous honorerons véritablement l'héritage de ceux qui ont lutté pour la liberté.
Vivre la France ! ! !
Vivre la République ! ! !
Le CÉGOM-RO
Paul CAÏUS-YOBO