04/09/2026
Une vidéo différente, cet été, après plusieurs vagues de canicule successives.
Je voulais filmer en immersion, caméra embarquée, pour mesurer concrètement la résilience d'une forêt comestible face à la sécheresse.
Direction la Forêt des Délices, mon premier projet de jardin-forêt, un hectare sur les coteaux du Volvestre. Un terrain en pente, en zone difficile à cultiver — le genre de sol que l'agriculture conventionnelle délaisse.
Il y a 6 ans, nous y avons planté plus de 300 espèces. Une grande partie du site a été laissée en régénération naturelle, une autre plantée en fruitiers. Au fil des années, j'y ai installé des guildes des associations de plantes qui se soutiennent mutuellement (fixation d'azote, ombrage, couvre-sol, attraction d'auxiliaires). C'est la méthode que j'ai trouvée la plus efficace pour faire persister un jardin-forêt dans la durée : sans guildes, un jardin-forêt jeune reste fragile et demande un entretien constant ; avec elles, le système commence à s'autoréguler.
Résultat : malgré la canicule, le vivant est toujours là, et il continue de prospérer. J'ai récolté des figues et des abricots sur place, de quoi reprendre des forces au milieu du travail.
Ce que montre cette forêt, ce n'est pas seulement qu'elle a survécu à la sécheresse. C'est qu'un sol vivant, une diversité de strates et des associations végétales bien pensées permettent à un écosystème de continuer à produire quand les conditions se durcissent là où un système agricole simplifié, dépendant de l'irrigation et des intrants, aurait beaucoup plus de mal à tenir.
Face au dérèglement et à la multiplication des canicules, le jardin-forêt ouvre un champ des possibles : une autre agriculture, plus proche de celle que pratiquaient nos ancêtres, les peuples premiers.
La question n'est peut-être pas de savoir si nos sols pourront encore nourrir sous 40 degrés. Mais de savoir depuis combien de temps nous avons cessé de nous demander comment le vivant, lui, a toujours fait.
Voir la vidéo : https://youtu.be/Tvxl1Rw49tY