05/10/2022
Quelques semaines avant les polémiques assez caricaturales et peu constructives autour de la "valeur travail", la revue ENJEUX d'Unité et Action proposait une réflexion sur le temps libre, le temps libéré, en mettant cette notion de travail au regard de l'évolution historique des formes et de la place du travail dans notre vie.
Cette réflexion ne manque pas d'entrer aujourd'hui en résonance avec une actualité marquée par la nouvelle offensive contre les retraites, qui remet au cœur des débats l'articulation entre le temps de travail au cours de la vie et le temps libéré.
Retrouvez en ligne ce dossier :
"Toute notre organisation sociale semble orientée vers le travail, l'activité de chacun contribuant au fonctionnement, à l'organisation, au progrès du collectif. On pourrait débattre à l'infini pour juger quels sont ceux, qui par leur travail, sont les plus utiles, ceux qui font le «minimum syndical» ou ceux qui «se la coulent douce», mais la place de chacun est définie à partir de son travail et du temps passé à la tache. Au cours du siècle dernier, les formidables gains de productivité, c'est-à-dire le travail nécessaire pour produire un bien ou un service, n'ont pas engendré de diminution du temps de travail de même ampleur. Ils ont pour l'essentiel et de façon très inégalitaire, augmenté le niveau de richesse, sans vraiment libérer de temps. Et les néo-libéraux, trop souvent au pouvoir, face aux crises du capitalisme ne proposent que de travailler plus et plus longtemps comme unique solution pour l'avenir. Cette course effrénée à plus de travail, dénature le travail lui-même, le rend plus difficile, plus pénible, et contribue à désocialiser ceux qui n'ont pas « la chance » d'avoir un travail. La « qualité du travail » s'en ressent, il devient moins efficace, moins satisfaisant pour ceux qui l'exercent. Il est peut-être temps de changer de paradigme : remplacer cette apologie du travail par celle du Temps libre. Il ne s'agit pas de nier la valeur du travail, au contraire, il s'agit de lui rendre toute sa place en le concentrant à ses aspects utiles, libérant ainsi du temps pour chacun d'entre nous. Le vingtième siècle a vu une diminution hebdomadaire du temps de travail, la retraite, les congés «payés», le développement des loisirs ... Est-il iconoclaste de penser que cette dynamique pourrait et devrait se développer et qu'elle pourrait apporter des réponses aux actuels défis économiques, sociaux et environnementaux ?
Ce dossier tente d'apporter des éléments d'analyse à cette question."
https://unite-action.fr/?post_type=avada_portfolio&p=1033