14/10/2024
Face aux difficultés récurrentes rencontrées par les Assistants Familiaux, et dans un contexte de crise qui perdure depuis des années, la Direction de l'Enfance et de la Famille du Département du Var a organisé un temps d'échange avec le personnel concerné.
Trois rendez-vous étaient proposés, dont le premier ce lundi 14 octobre 2024 au Castellet de 9h à 11h, suivi d'une réunion à Saint-Maximin de 14h à 16h, et une dernière à Fayence aux mêmes horaires demain.
À l'issue de cette rencontre, le constat est sans appel. Que ce soit en tant qu'assistants familiaux ou représentants syndicaux, il apparaît clairement que cette réunion était mal adaptée aux réalités du terrain. Les horaires choisis semblaient ne pas tenir compte des contraintes inhérentes à la profession, notamment en ce qui concerne les obligations de scolarisation des enfants.
Comment envisager des échanges pertinents sans la présence ou sans prendre en compte les propositions des acteurs principaux comme le SNT CFE-CGC l’avait déjà soulevé cette lacune lors d'une précédente réunion bilatérale en juin 2024.
Il semble que la Direction ait voulu donner une illusion d'écoute et de compréhension, mais en réalité, aucune réponse concrète n’a été apportée aux préoccupations des assistants familiaux. Plutôt que de s'intéresser à leur surcharge de travail ou à leurs conditions d'accueil, le discours dominant a insisté sur la nécessité d’augmenter encore le nombre d’enfants placés, sans aucune considération pour les limites matérielles ou humaines.
Il est également alarmant d’entendre des remarques telles que « au département, il faut répéter pour éduquer », une phrase lourde de sens qui pourrait suggérer une déconnexion entre les responsables et les réalités du terrain.
Autre exemple le PPE, la direction répond « on est un peu feignant, mais on fait ce que l’on peut », alors que le S.D.A.F. s’efforce d’alerter sur l’obligation que chaque enfant ait son PPE.
Un personnel souvent isolé et non intégré dans les équipes pluridisciplinaires, comme pourtant prévu par la loi Taquet, est encore sollicité pour des efforts supplémentaires sans réelle reconnaissance ni protection.
Enfin, des situations d’accueil qui, initialement prévues pour être temporaires, se prolongent au-delà de la légalité, mettent en danger les assistants familiaux, risquant ainsi de perdre leur emploi. Le procès qui s'ouvre aujourd'hui dans le Nord, où des enfants ont été confiés à des familles non agréées, montre clairement que seul le personnel d'accueil est poursuivi, alors que l'ASE, responsable des placements, n'est pas inquiétée.
En conclusion, cette réunion a démontré un manque de préparation, des horaires inappropriés, et une volonté apparente de culpabiliser un personnel déjà épuisé, sans offrir de solutions concrètes. Le SNT CFE-CGC continuera de défendre avec détermination la sécurité au travail et le bien-être des assistants familiaux.
L’Aide Sociale à l’Enfance est en crise, et dans un contexte de carence de familles d’accueil, il est urgent que la collectivité prenne des mesures pour soutenir cette profession. Il ne s'agit plus d'agir dans l’urgence, mais de réformer en profondeur les conditions de travail et d’accueil.