03/09/2026
|| SOUFFRANCE AU TRAVAIL : UN RAPPORT ENTERRÉ… MAIS PAS LA RÉALITÉ ! ||
Le 8 juillet 2026, le Sénat a rejeté le projet de rapport de la mission d’information consacrée à la souffrance psychique au travail.
Un rapport qui s’appuyait pourtant sur 45 auditions, deux déplacements de terrain et de nombreuses expertises : médecins, psychologues, sociologues, syndicats, employeurs, entreprises, administrations…
Pourquoi ce rejet ?
Parce que 39 recommandations ont été jugées « trop normatives » pour les employeurs.
Pourtant, derrière ces recommandations, il y a une réalité que personne ne peut enterrer :
- Les souffrances psychiques liées au travail ont doublé en vingt ans.
- Le burn-out, l’épuisement professionnel et les risques psychosociaux ne sont pas de simples « fragilités individuelles ».
- Comme l’a rappelé la présidente de la mission, Monique Lubin : l’épuisement professionnel est la conséquence de formes d’organisation et de conditions de travail préjudiciables à la santé mentale.
Alors oui, il faut parler de prévention.
Mais prévenir sans reconnaître, c’est insuffisant.
Le projet de rapport proposait notamment :
- de mieux écouter les travailleurs, premiers témoins de leurs conditions de travail ;
- de rétablir les CHSCT ;
- de définir clairement les facteurs de risques psychosociaux dans la loi ;
- d’ouvrir une négociation pour créer un tableau de maladies professionnelles permettant de mieux reconnaître les pathologies psychiques liées au travail.
Nous ne pouvons pas accepter que le débat soit enterré avec le rapport.
La reconnaissance des troubles psychosociaux comme maladies professionnelles doit devenir un chantier urgent.
Parce qu’un travail qui rend malade n’est pas une fatalité.
Parce que protéger la santé des travailleurs ne doit jamais être considéré comme une contrainte normative.
Le rapport peut être enterré. La souffrance, elle, ne disparaîtra pas.