16/03/2026
Pour avoir éprouvé cela deux fois, je sais que la défaite en politique est une situation douloureuse. D’autant plus qu’on a donné le meilleur de soi-même pendant plusieurs mois, et qu’on a voulu y croire jusqu’au bout. Les vainqueurs se réjouissent, on baisse la tête et l’équipe que l’on avait laborieusement constituée se délite peu à peu. Je félicite Claude Philip et son équipe pour leur belle victoire, et je compatis au désarroi de l’équipe de Jacques Barac.
Quelques mots maintenant sur ces élections et sur la campagne. En 2014, Claude Philip obtenait 51% des voix. L’opposition divisée ne parvenait pas à l’emporter. En 2020, le même Claude Philip l’emportait avec 49% des voix, là encore grâce aux divisions de l’opposition et à une liste qui s’était maintenue au second tour.
La situation était différente cette année, puisqu’il n’y avait qu’une seule liste d’opposition. La mairie était gagnable, parce que le maire sortant n’avait pas un bon bilan (il n’avait pas tenu la plupart de ses promesses de 2020) et en raison de l’usure du pouvoir.
Que s’est-il passé ?
Il faut reconnaître que Claude Philip a fait une très bonne campagne : une liste renouvelée et rajeunie ; un programme plus réaliste qu’en 2020 ; des visuels de campagne réussis.
Face à cela, étudions les faiblesses de la liste d’opposition.
- Elle a commencé sa campagne beaucoup trop t**d, début février. Quand on est challenger, on a besoin d’installer une image dans l’opinion. Par exemple, en 2020, Tavel Avenir avait organisé une cérémonie des vœux en janvier, même si la liste n’était pas encore complète à cette date.
- La question de la tête de liste : quand on a une tête de liste connue et reconnue, populaire et consensuelle, « un enfant du pays » comme on dit, on peut se permettre de la mettre en avant et d’axer sa campagne dessus (voir ce qui s’est passé en 2024 à Pont-Saint-Esprit avec Gérôme Bouvier). Quand ce n’est pas le cas, il vaut mieux faire le pari du collectif.
- La liste d’opposition a mené essentiellement une campagne « contre », en pointant tout ce qui n’allait pas dans la commune. Certes, cela permet de faire le plein des mécontents. Mais n’oublions pas qu’une élection se gagne au centre, surtout quand il n’y a que deux listes. Il faut convaincre les centristes indécis. Pour cela, il faut montrer un visage apaisant et rassurant, proposer une vision inspirante et ne pas se définir sans cesse en opposition. Le fait de ne pas avoir mis en avant des femmes, par exemple, était une erreur (sauf le maire sur son affiche).
Pour finir, quelques remarques sur la politique, ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas.
- Certains pensent que la politique, c’est bomber le torse et crier très fort. C’est ce que j’appelle « les listes testostérone ». Or ce n’est pas cela.
- D’autres estiment que le meilleur politique est le plus malin, le plus retors. Ces personnes, que j’appelle les « Machiavel de village », croient que tous les coups sont permis, qu’on peut par exemple se faire élire sur une liste d’opposition, puis changer de bord en cours de mandat. Ce n’est pas cela non plus la politique.
- Le secret le voici : la politique c’est aimer les gens.