16/05/2026
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Merci à toutes celles et ceux qui ont répondu à l'appel du CDDF65
Merci aux journalistes qui étaient là.
Nous étions une quarantaine à braver le mauvais temps pour dire STOP à la culture du viol devant La Plage puis le RG Room et pour que la honte change de camp.
En chanson avec des slogans et des pancartes.
Nous avons également invoqué l'affaire Patrick Bruel et nous nous sommes donné RDV en septembre à Pau si sa tournée de la honte n'est pas annulée.
Faisons de chaque programmation problématique une tribune des idées féministes et mettons au centre de nos préoccupations les paroles et les vies des femmes.
En attendant on signe et on partage la pétition:
https://www.change.org/p/annulation-de-la-tourn%C3%A9e-de-patrick-bruel
Prise de parole:
Le RG Room a choisi de programmer NAPS, de son vrai nom Nabil Boukhobza, qui a été condamné à sept ans de prison en février, pour le viol d’une femme durant son sommeil en 2021, dans une chambre d’hôtel parisienne. Depuis, ayant interjeté appel, l’artiste a été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Il est également mis en examen dans une autre procédure pour viols et agressions sexuelles. Trois femmes ont déposé plainte contre lui et l'accusent d'avoir abusé d'elles dans un hôtel de Saint-Cyr-sur-Mer, dans le Var. Des faits pour lesquels une enquête est toujours en cours.
Le CDDF65 a interpellé M.Ludovic Basso, gérant du RG Room et président de la SAS « La Plage », afin qu’il envoie un message fort de soutien aux femmes victimes de violences en déprogrammant Nabil Boukhobza.
Celui-ci a fait le choix de maintenir sa programmation. Tout en nous assurant dans un courrier réponse de son soutien aux droits des femmes, il justifie sa décision en séparant l'homme de l'artiste, une façon de se dédouaner du choix délibéré de programmer un artiste problématique, et de rejeter le travail judiciaire encore en cours dans la sphère du domaine strictement privé.
Nous sommes et demeurerons toujours du côté des victimes et des plaignantes.
Le CDDF65, les collectifs et associations féministes n’ont pas vocation à se substituer à la justice mais elles portent haut et fort la parole des femmes qui doit être entendue, et leur parole ne peut pas rester lettre morte dans notre société. La venue de NAPS au RG Room, sans qu’aucune mention ne soit faite de sa condamnation en première instance et de sa mise en examen ne peut que signifier un refus de tenir compte de leur parole et des plaintes.
Prendre en compte la parole des femmes victimes de violences nécessite que
chacun-e prenne ses responsabilités. Déprogrammer c’est possible, c’est une question de courage de la part des politiques et des organisateurs et organisatrices de spectacles.
Dans les Ardennes, l’artiste Lomepal a été déprogrammé du festival « Le Cabaret Vert » suite à une enquête pour viol. En Belgique Le Dour festival a déprogrammé plusieurs artistes accusés d’agressions sexuelles afin de rester « un espace de respect, de liberté et d’inclusion. » et « de préserver un cadre conforme aux valeurs que nous défendons ».
Partout en France des voix s’élèvent pour que soit retenu le principe de précaution.
50 personnalités et associations féministes sont signataires d’une tribune et d’une pétition pour l’annulation de la tournée de Patrick Bruel.
La présomption d’innocence est un principe juridique qui doit s’appliquer dans les tribunaux et qui doit être respecté comme tel. Il est par contre dépendant d’un système judiciaire qui ne sait pas traiter les affaires de violences faites aux femmes et aux enfants. Le rôle de la preuve y est central, hors il est souvent impossible de fournir une preuve de VSS (parce que les traces de lésions ne sont pas toujours visibles, parce que les faits peuvent dater etc). On estime de 70% des plaintes pour VSS n’aboutissement pas à une condamnation faute de preuve.
Ce système judiciaire est pensé en fonction d’une victime idéale qui n’existe pas. Il ne prend pas en compte la sidération ou l’amnésie post-traumatique.
Il entretient l’idée que les histoires de viol sont simples : un homme violent, inconnu face à une femme qui tente de se débattre ce qui n’arrive dans les faits que très rarement.
Il entretient le fameux « parole contre parole » qui par essence discrédite les femmes : parce que leur sont rattachés les clichés de menteuses, vénales et manipulatrices.
La question de la justice face aux affaires de VSS est un véritable sujet de fond que les féministes traitent depuis longtemps.
Certains pays ont radicalement changé la façon dont leur système judiciaire traite les affaires de violences faites aux femmes. Des collectifs de justice réparatrice existent en France et ailleurs et tentent de faire justice autrement. Au-delà, de nombreuses féministes anticarcérales militent pour une justice totalement repensée en dehors des prisons et des tribunaux.
Si le système judiciaire tel qu’il existe aujourd’hui en France ne sait pas traiter les VSS nous pouvons collectivement :
Croire les victimes et penser leurs témoignages comme preuves.
Ne plus attendre une condamnation avant de se faire une opinion ou d’agir.
Penser plutôt un principe de précaution : que le doute profite à la victime plutôt qu’à l’accusé.
Sans politique publique à grands moyens, sans prévention et sans éducation, les garçons et les hommes continueront de perpétrer des violences
En France, un viol ou une tentative de viol toutes les 2 minutes 30 et parmi les femmes âgées de 18 à 74 ans 210 000 ont été victimes de viols ou tentatives de viols dans l’année Source: rapport d’enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité (VRS), édition 2022), et pour 1 femme sur 6, l’entrée dans la sexualité se fait par un rapport non consenti et désiré. Pour 36% de ces répondantes, ce rapport a eu lieu avant leurs 15 ans.
Enquête Consentement dans les rapports sexuels (2020)
Les organisations féministes et syndicales exigent :
Une loi-cadre intégrale contre les violences, comme en Espagne.
3 milliards d’euros nécessaires pour la mettre en œuvre
Une Éducation à la Vie Affective Relationnelle et à la Sexualité (EVARS) effective partout
L’arrêt immédiat de la baisse des financements et un rattrapage du budget des associations qui accompagnent les victimes et assurent l’éducation populaire sur les questions de violences et d’égalité femmes-hommes.
Le CDDF 65 ne stigmatise ni un genre musical ni son public. Nous étions là lors de la venue de Gérard Dépardieu à Tarbes et nous serons là à chaque fois, en solidarité avec toutes les victimes de la violence machiste, les femmes, les filles, les personnes LGBTQIA+, à toutes celles qui souffrent et qui luttent, en dépit des risques encourus.
À Tarbes comme ailleurs, comme dans toutes les affaires de violences sexistes et sexuelles, les victimes doivent être entendues et protégées, les agresseurs présumés ne doivent pas bénéficier d’une tribune hors norme qui sape l’égalité entre les plaignantes et l’accusé. Le mercantilisme ne doit pas primer sur les violences faites aux femmes, faire de l'argent ne doit pas compter davantage que le respect des droits des femmes. Il est nécessaire que la justice soit réellement libre et indépendante pour juger les affaires de violences sexistes et sexuelles. Le monde de l’art et de la culture ne doit plus servir à organiser l’impunité des hommes violents présumés en devenant le portevoix de leur stratégie de défense.
Le Collectif Droits des Femmes 65
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