24/04/2026
Il y a un an, le 25 avril 2025, dans le silence de la mosquée Khadidja de La Grand-Combe, Aboubakar Cissé, 22 ans, a été arraché à la vie alors qu’il priait. L’agresseur, inconnu de la victime, n’a laissé aucun doute sur ses motivations : ses mots étaient ceux d’une haine islamophobe assumée.
Nos pensées vont à ses proches, à sa famille mais aussi à l’ensemble des musulmanes et des musulmans de La Grand-Combe et au-delà, à toutes celles et ceux qui se sentent atteints par ce crime.
Un an après ce crime, le racisme continue à se propager. Il y a quelques jours en Haute-Loire, un homme a fait usage de sa carabine après avoir poursuivi des enfants et avoir exprimé sa volonté de « tuer des Noirs et des Arabes ». Avant le crime qui a ôté la vie à Aboubakar Cissé, c’est Djamel Bendjaballah qui était tué par un militant néonazi. Quelques semaines après le drame de La Grand-Combe, c’est Hichem Miraoui qui était assassiné par un admirateur autoproclamé du Rassemblement national. A chacun de ces crimes, que d’indignations absentes ! Que de condamnations aussi timides qu’éphémères ! Que de tentatives, parfois, de justifications !
Aujourd’hui, nous voulons nous souvenir d’Aboubakar et honorer sa mémoire, mais nous voulons aussi refuser que l’inacceptable devienne banal. Aboubakar Cissé avait 22 ans. Il avait un avenir, des rêves, une place dans ce monde. Ce qui lui a été retiré ne pourra jamais être réparé, mais nous pouvons encore choisir le monde dans lequel nous décidons de vivre : un monde qui regarde la haine en face et refuse de détourner les yeux.
Les silences face à la haine sont lourds et les paroles qui la promeuvent sont bruyantes. La parole raciste se déploie dans de nombreux médias, à commencer par C News, tandis que la parole antiraciste est marginalisée dans l’espace médiatique. Cette ambiance est nourrie par des responsables politiques qui - par idéologie, lâcheté ou électoralisme - se taisent face à la haine quand ils ne la suscitent pas.
Cela ne doit pas nous sidérer. Cela doit nous mener à nous mobiliser pour dire « Non au racisme », quel que soit celui ou celle qui se trouve frappé par cette vieille haine.
Rassemblons-nous massivement ce samedi 25 avril à 14h sur la place de la République à Paris pour rendre hommage à Aboubakar Cissé et dire « Non au racisme ».