19/10/2026
Le Makdous et la Fête de la Croix 😁
Ma défunte mère — tout comme les familles de Homs, et plus largement celles du Levant — me disait : « Quand les aubergines "se croisent" (*yusallib*), il est temps de préparer le Makdous. » J'expliquerai la raison dans un instant... Cela se passe à l'occasion de la Fête de la Croix, selon le calendrier oriental (puisque la majorité de nos chrétiens sont orthodoxes), soit le 14 septembre. Cette expression ne témoigne-t-elle pas de la coexistence et de l'harmonie entre chrétiens et musulmans dans notre pays ? J'ai évité à dessein le terme « tolérance » — un mot bien trop faible, voire presque déplacé, dans une société où chrétiens et musulmans font intrinsèquement partie les uns des autres... Et pourtant, on nous rebat les oreilles avec des histoires de « minorités » et de « majorités »... Le slogan de la révolution n'était-il pas : « Un, un, le peuple syrien est un » ?
À présent, je vais évoquer les raisons pour lesquelles le Makdous est préparé lors de la Fête de la Croix, en m'appuyant sur l'intelligence artificielle pour compléter les explications de ma mère 😁 :
Le lien entre les aubergines destinées au Makdous et la Fête de la Croix relève du calendrier agricole, des conditions climatiques et d'une culture locale transmise au Levant (Syrie, Liban et Palestine).
La préparation du Makdous est liée à la date de la Fête de la Croix par plusieurs facteurs clés :
1. Le phénomène du « croisement » (*taslib*) des aubergines
Dans la tradition populaire levantine, on dit que les aubergines « se croisent » (*yusallib*) à l'approche de la Fête de la Croix. Par « croisement », on entend ici :
• Une modification de la texture du fruit : la peau des aubergines locales (notamment celles de Homs) devient plus ferme et plus résistante, tandis que leur chair se raffermit. • Une douceur accrue : L'aubergine perd son amertume estivale habituelle pour acquérir une saveur douce.
• Éclat et qualité : L'aubergine se pare d'un éclat particulier et d'une belle couleur, des atouts qui garantissent la réussite des conserves artisanales et leur bonne conservation dans le temps.
2. Le moment idéal pour la cuisson et le pressage
La fermeté du fruit, juste après la fête de la Croix, influe sur la préparation : il est nécessaire de prolonger légèrement le temps de cuisson des aubergines par rapport à celles récoltées en été, car elles sont désormais plus denses et plus fermes. Cette consistance empêche les aubergines de se déliter ou de s'écraser lors de l'étape du pressage, destinée à en extraire l'eau.
3. La douceur du climat (prévenir l'acidité)
La fête de la Croix coïncide avec la fin de l'été et le début de l'automne. Cette période offre un climat tempéré, tendant vers la fraîcheur, ce qui est idéal pour la maturation du *Makdous*. Si le *Makdous* était préparé durant les fortes chaleurs estivales, il risquerait de s'altérer ou de devenir acide trop rapidement, avant même d'avoir pu maturer correctement dans l'huile.
4. L'harmonie des conserves traditionnelles
La mi-septembre et tout le mois d'octobre constituent, par excellence, la saison de la constitution des réserves domestiques (*bayt al-mouna*). En effet, au moment où les aubergines idéales pour le *Makdous* arrivent à maturité, d'autres ingrédients frais sont également disponibles : les poivrons rouges — que l'on fait sécher sous le soleil automnal —, les noix locales fraîchement récoltées, ainsi que le début de la production de la nouvelle huile d'olive.
Bien à vous,
Nazih kussaibi
Professeur agrégé