16/05/2026
Communiqué confédéral du 12 mai 2026 :
LOI SURE, PLUS VITE, PLUS FORT, MOINS JUSTE !
Le projet de loi SURE (pour « Sanction Utile, Rapide et Effective »), déposé par le ministre de la Justice Gérald Darmanin, marque une nouvelle offensive autoritaire contre les droits fondamentaux. Sous prétexte de désengorger les tribunaux, l'État veut généraliser une justice expéditive et disciplinaire.
Avec ce projet de loi, l'État assume enfin son vrai visage : celui d'une machine à écraser les droits, à fabriquer du coupable en série et à balancer les victimes aux oubliettes. Sous prétexte d'efficacité, on instaure une justice d'abattoir : plus de procès, plus de débat, plus de vérité. Juste des peines négociées dans l'ombre, des aveux arrachés sous la pression et des vies brisées sur l'autel de la rapidité. Trente ans de prison sans audience ? Bienvenue dans le monde où l'État joue au procureur, juge et bourreau, sans même se donner la peine de simuler un semblant d'équité.
Ce n'est pas une réforme, c'est une déclaration de guerre contre les plus fragiles. Les CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité) avaient ouvert la brèche, la loi SURE transforme cela en règle : la justice devient une usine à condamner les pauvres, celles et ceux qui n'ont ni avocat, ni réseau pour résister.
Pendant ce temps, les puissants, eux, continueront à s'acheter l'impunité. L'aveu comme preuve reine ? Une porte grande ouverte au chantage, aux erreurs judiciaires et à la loi du plus fort.
Au milieu des violences judiciaires, la parole des victimes de violences sexuelles et sexistes sera désormais effacée des dossiers, noyée dans des négociations opaques où elles n'ont plus le droit d'exister. Encore une fois, le système judiciaire français entretient le silence des victimes : si nous n'attendons plus de lui une quelconque réparation, même la reconnaissance des faits sera balayée de manière expéditive.
Ce projet, c'est la consécration d'une justice de classe, rapide pour les uns, inexistante pour les autres. Une justice qui ne juge plus, mais qui gère. Qui ne cherche pas la vérité, mais qui fabrique du coupable à la chaîne.
Après avoir liquidé les jurys populaires, voici l'étape suivante : une justice sans peuple, sans débat, sans humanité.
Ils appellent ça de l'efficacité. Nous, on appelle ça une honte.
Pour plus d'informations, voir le communiqué du syndicat de la magistrature, des avocats de France et du collectif colère noire :
https://www.syndicat-magistrature.fr/documents/1864/CP_commun_PJL_SURE.pdf