29/05/2026
Le 15 avril 2026 le directeur de Bergerac nous apportait une réponse définitive : celle de ne pas participer à l'hommage légitime aux travailleurs indochinois qui sont passés par la Poudrerie de Bergerac entre 1940 et 1948.
Le 17 avril le DSC CGT lui faisait la réponse suivante
" Monsieur Hermann,
J’ai bien reçu votre réponse du 15 avril 2026. Je constate que vous n’apportez aucun élément nouveau sur le fond : vous maintenez votre refus d’exposer les photographies des travailleurs indochinois sur le mur d’enceinte de la poudrerie, et vous justifiez ce refus par un rappel d’autorité – « la société reste seule décisionnaire du devoir de mémoire qui lui incombe ».
Permettez-moi de vous dire que cette position est moralement lamentable, historiquement insoutenable et syndicalement inacceptable.
Tout d’abord, le devoir de mémoire n’est pas une propriété patronale. Les Travailleurs indochinois ne sont pas venus à Bergerac par choix. Ils ont été recrutés de force par l’administration coloniale française pour travailler dans votre usine. Beaucoup y sont morts. Leur histoire n’appartient pas à Eurenco. Elle appartient aux familles, aux syndicats qui les ont défendus, et à la classe ouvrière dans son ensemble. La CGT a porté leurs revendications dès 1945. Nous ne vous demandons pas l’autorisation de commémorer, nous vous demandons simplement de ne pas entraver un hommage légitime.
Mon courrier du 13 avril n’était ni une intimidation ni un manque de respect. J’y employais des mots forts « inertie coupable », « mauvais côté de l’Histoire » parce que la situation le justifie. Le respect n’est pas la soumission.
Un directeur d’usine qui bloque un projet mémoriel porté par un historien, des élus, un sous-préfet et la DRAC doit s’attendre à être interpellé fermement. Je ne vous ai ni insulté ni menacé. J’ai exercé mon mandat.
Votre accusation de « pression » ou d'« intimidation » est infondée et constitue elle-même une tentative de museler une critique syndicale légitime. C’est une nouvelle tentative pour un cadre représentant la direction d’Eurenco de porter à mon encontre atteinte à la liberté d’expression syndicale. La justice a déjà tranché, je vous invite à vous rapprocher de la direction générale pour en avoir le délibéré.
Ensuite, vous ne pouvez pas clore unilatéralement ce débat. Vous écrivez : « je considère ce point comme clos ». Cela n’a aucune valeur. Un représentant du personnel CGT ne se pliera jamais à une déclaration d’autorité.
Le dialogue social n’est pas une audience chez le prince. Tant que des Travailleurs indochinois sont morts dans cette enceinte sans que leur mémoire ne soit honorée dignement, ce point restera ouvert pour la CGT.
Pour finir Monsieur le Directeur du site d’Eurenco Bergerac ex PNB, je ne vous demandais pas d’aimer mon ton. Je vous demandais d’agir.La proposition de Pierre Daum était simple : exposition temporaire d’une trentaine de photographies sur le mur d’enceinte, à partir de mai, avant l’inauguration du Mémorial le 30 mai. La DRAC confirmait que c’était possible (simple déclaration en mairie). Il n’y avait donc aucun obstacle technique ou juridique. Seule votre volonté manquait.
Je pensais que la direction d’Eurenco aurait l’intelligence et la dignité de participer à cet hommage. Je me suis trompé. L’histoire vous a tendu la main. Vous aviez la possibilité de la prendre ou de la repousser. Dont acte.
La CGT Eurenco prendra évidemment tout le temps pour le faire savoir. Et évidemment encore, la CGT Eurenco commémorera la mémoire de ces travailleurs, de nos camarades Indochinois comme il se doit.
Je vous prie d’agréer, Monsieur Hermann, l’expression de ma détermination syndicale."
La CGT Eurenco appelle tous les salariés disponibles à participer à l'inauguration du Mémorial aux 4000 Travailleurs indochinois passés par la poudrerie de Bergerac
Lieu de l'inauguration: Mairie de CREYSSE
En présence de l'ambassadeur du Vietnam en France
12 Grande-Rue 24100 Creysse Samedi 30 mai 2026 à 11h00
PS: Photo prise devant l'entrée du hangar où les travailleurs indochinois étaient parqués.... aujourd'hui entrée du parking donnant accès au local du CSE