01/06/2026
Au nom de Dieu et du Kalachnikov : comment les russes apprend aux enfants à mourir en Crimée.
Camps militaires orthodoxes russes en Crimée 👇
Le quotidien au camp comprend des prières matin et soir, des cours de combat rapproché et de tir, le montage et le démontage d'une mitrailleuse, des danses en kokoshnik et des séances de balalaïka et d'accordéon. Les téléphones portables des enfants leur sont confisqués et ne leur sont remis que quelques minutes le soir, pour appeler leurs parents. Dans une interview accordée à un organe de propagande russe, Kostrov se vante d'avoir participé volontairement à l'invasion de l'Ukraine, sans toutefois fournir de détails.
Parmi les divertissements que les “frères” proposent dans les camps pour enfants figurent les rencontres avec des “héros de l’Opération militaire spéciale”, l’apprentissage de techniques de sabotage, des jeux d’assaut, et bien sûr, des prières.La possibilité d’envoyer des enfants à un “séjour actif avec développement spirituel” est aujourd’hui vantée en Crimée par presque chaque église de l’Église orthodoxe russe. Le principal message “spirituel” de ces camps est que mourir pour la Russie n’est pas effrayant, mais au contraire honorable.“D’abord, on leur explique que ce pays est choisi par Dieu et qu’il suit une voie unique. Ensuite, que les forces du mal et Satan ont envahi le reste du monde, l’ont plongé dans la débauche et veulent désormais faire la même chose avec la terre russe innocente. Puis on leur parle des preux chevaliers qui n’ont pas eu peur de donner leur vie pour la patrie. Et enfin, on leur dit que ces enfants devront eux aussi devenir des guerriers et défendre la Sainte Russie contre le mal. Tout cela ne s’inculque pas en une seule fois, mais s’imprime dans la tête pour toute la vie. Et ensuite, ces personnes vivent avec la conviction profonde que leur destinée est de mourir héroïquement lorsque la Russie les appellera”, raconte un participant direct au projet, un séminariste de Simferopol qui a lui-même travaillé l’an dernier dans un camp orthodoxe pour enfants dans le district de Bakhtchissaraï.Le lavage de cerveau des enfants se fait aux frais des parents. Le plaisir n’est pas bon marché : par exemple, deux semaines pour un enfant dans le camp “Recrut” coûtent à une famille 70 000 roubles (environ 1 000 dollars). Toutefois, les familles nombreuses ou défavorisées ne sont pas oubliées : l’Église paiera pour leurs enfants. Il existe aussi des programmes gratuits — leurs participants “remboursent” leur séjour par des travaux d’obéissance dans les monastères ou les églises.La participation de l’État au projet n’est guère dissimulée. Au moins, la coordinatrice des programmes d’été de l’éparchie de Crimée de l’Église orthodoxe russe est désormais Olena Khavtchenko, conseillère de la déléguée aux droits de l’enfant. Le nombre d’enfants qu’elle prévoit de préparer cet été à “mourir pour la Russie” reste confidentiel. Mais l’Église orthodoxe russe se dit satisfaite de l’ampleur de l’endoctrinement. Sur le site “Pravoslavie.ru”, la péninsule est qualifiée de “centre du pèlerinage de jeunesse de l’année 2026”, et les camps diocésains — de “fondement des loisirs orthodoxes”.