04/08/2026
Une sorcière aurait-elle jeté un sort au mapping ? 🙁
Bah, Ce n'est que partie remise ! 😉
En tous cas, jadis on ne badinait pas avec les adeptes de Satan et contrairement à ce qu’on croit, la chasse aux sorcières s’est déchainée surtout à partir de la fin du Moyen Age (période souvent jugée obscurantiste), du XVe jusqu’au XVIIe siècle, à une époque dite pourtant de Renaissance…
Les sorcières (il y avait aussi des sorciers) étaient surtout victimes de conflits de voisinage, jalousie, cupidité, bref tout ce qui fait la joie de la vie en communauté… Or, à partir de la fin du XVe siècle, l’occident chrétien (les pays protestants seront également touchés) commence à être travaillé par la hantise d’une véritable contre-société, composée de sorciers et sorcières adeptes du diable, capables de ce fait de nuire aux bêtes et aux gens, et qui se livraient au sabbat à toutes sortes de débauches et actes sataniques.
La répression s’abat alors, très variable selon les régions.
La Lorraine est particulièrement touchée. Dans les terres du duc de Lorraine, le procureur Nicolas Remy, de Charmes, expédie en seulement quinze ans, dans les années 1580-1590, neuf-cents personnes au bûcher !
Et dans nos villages ?
Le 19 décembre 1594, l'abbé de Saint-Clément fit condamner et brûler Nicolas Weldillon dit le gros Collas, pâtre à Vezon, pour avoir eu trois fois copulation charnelle avec le diable sous forme d'une mendiante et avoir été plusieurs fois au sabbat. Il était aussi accusé d'avoir fait mourir, avec des poudres du diable, bêtes et gens, dont le maire de Nouilly !
Toutes les accusations de sorcellerie ne se terminaient pas toujours tragiquement, comme le révèle André Brulé dans Sorciers et guérisseurs à Metz et en Pays messin (XVIe et XVIIe siècles). A Pommérieux, la Zabelle et la Jeanne ont ainsi eu chaud !
Juillet 1618.
La Zabelle, femme de l’Anthoine Hergaulx et la Jeanne, v***e du Thomas La Garde, ont de sérieux ennuis : accusées de sorcellerie, elles sont menacées d’un procès. Les sieurs Blaise le Bourguignon et Gille Vosgien, mainbours (représentants) de la communauté de Pumerieulx, ont-ils voulu se venger d’un sort ou tout simplement leur nuire pour des raisons inavouables ? Toujours est-il qu’on dresse un « acte authentique des habitants et Communauté de Pomerieux, par lequel ils promettent de porter quittes de tous frais les Religieux de St Arnould, s’ils veuillent faire procéder criminellement contre deux femmes dudit lieu, soupçonnées de sortilèges »…
Neufs noms d’habitants du village sont cités, outre les mainbours : Jean le Ruzé, Jean Gerrardin, Demenge Maujolle, Fremy le Bourguignon, Thirriot Renault, Jean Bilgué, Gerard le Gantoy, Jacquemin Morguin et Gerardin Gerardin. Mais si seulement deux ont signé (pas très étonnant à cette date où on savait encore peu écrire) il n’y a que sept marques. Même l’un des deux mainbours, Blaise le Bourguignon, n’a ni signé ni apposé sa marque. Que doit-on en déduire ? Déjà que certains, pourtant entraînés par Gille Vosgien, étaient réticents à lancer cette procédure. Par ailleurs, il semble bien que les religieux de Saint-Arnould (seigneurs de Pommérieux) n’aient pas donné suite à cette demande, aucune trace n’en ayant été retrouvée.
Espérons pour ces dames que l’affaire en est restée là…
La semaine prochaine : le « routard du diable » !