01/02/2026
La visite du Quartier Goupil de la Garde Républicaine à Saint Germain-en-Laye
Le vendredi 3 octobre 2025, cinquante membres des Amis du Cadre Noir ont eu le plaisir de découvrir, à l’orée de la forêt de Saint Germain, le Quartier Goupil, véritable école du régiment de cavalerie de la Garde Républicaine.
Cette grande bâtisse ocre, datant du XIXème siècle, héberge depuis 1966 le centre d'instruction de la garde républicaine sur 3 hectares de terrain.
Commandés par un capitaine, 31 sous-officiers permanents assurent les deux missions principales du centre d'instruction :
- La formation équestre ;
- Le débourrage des jeunes chevaux achetés à 3 ans et destinés à assurer annuellement la relève des escadrons du régiment de cavalerie.
La formation équestre :
Le Quartier Goupil assure la formation équestre des officiers et sous-officiers affectés au régiment de cavalerie, celle des gendarmes auxiliaires et des gendarmes adjoints, ainsi que celle des gendarmes départementaux assurant des patrouilles équestres en période estivale, la Garde Républicaine ayant 14 postes à cheval.
Chaque année, le centre d’instruction accueille entre 100 et 150 stagiaires et une cinquantaine de chevaux.
Durant un an, ils vont apprendre ensemble, les principes de l'équitation militaire.
Ponctuellement, le centre d'instruction assure également la formation de stagiaires étrangers, des polices municipales montées et des gardes champêtres de l’Office National des Forêts.
Le recrutement des instructeurs se fait au niveau galop 7. Ils recevront ensuite une formation de 2 ans à l’Ecole Militaire d’Equitation au Quartier du Carrousel de Fontainebleau.
Le Quartier Goupil dispose d’une section concours complet, le déplacement des chevaux les habituant aux missions dès lors que le régiment de cavalerie de la Garde Républicaine est engagé dans la défense opérationnelle du territoire.
Il assure également le maintien de l’ordre (et non le rétablissement de l’ordre), notamment par des délimitations de zones, comme à Sainte Soline.
Il est à noter que 70% de l’effectif du régiment de cavalerie est désormais féminin, Mme Carole BRANCOURT étant la première femme à avoir intégré le régiment en l’an 2000, après une affectation au Groupement de Sécurité de la Présidence de la République (GSPR).
Le débourrage :
Le cheval est acheté auprès d’éleveurs français, les appels d’offre se faisant uniquement en France. Ce sont principalement des males (tous hongres), selles français, de robe alezan (avec quelques robes noires au sein du 2e et 3e escadrons, stationnés à la caserne Carnot).
Les chevaux de la Garde sont réformés du régiment à 18 ans.
Le prix moyen budgété pour un cheval est de 8000 €.
Le débourrage va durer 6 mois, le cheval étant ensuite livré aux escadrons.
La Garde a adopté la méthode Blondeau, du nom de son créateur, célèbre cavalier/dresseur installé à Saumur et qui a travaillé lui-même avec la Garde.
L'éducation du jeune cheval se fait ainsi en douceur et respecte la psychologie de l'animal avec 3 maître mots : confiance, respect, connexion.
Le travail commence dans le box puis à l'extérieur avec l'apprentissage des trois allures.
Le cheval sort en extérieur en promenade après une semaine de stage, sachant que les chevaux sortent tous les jours et 2 à 3 fois par semaine en forêt.
Les chevaux apprennent à se déplacer sur terrain accidenté : feux, bouteilles, bâche, moquettes, matelas, passage sous tissus suspendus, flashs, fumigènes.
Ceci permet d’assurer les missions des cavaliers de la garde républicaine : sécurité publique dans les rues et les abords des stades, défilés militaires mais aussi recherches de personnes dans des zones reculées ou boisées.
En toutes circonstances, le cheval doit être serein et son cavalier faire preuve de sang-froid. « Calme, en avant, droit », selon l’adage du général Alexis L’Hotte.
A l’issue, un verre de l’amitié offert par Les Amis du Cadre Noir nous a réuni avec les gendarmes qui avaient présenté leur travail : ce fut un moment particulièrement riche pour permettre aux un et aux autres d’échanger sur ce qui nous avait été dit et montré durant la matinée.
Après un déjeuner très apprécié, nous avions rendez-vous à La Malmaison, situé à Saint Germain-en-Laye, pour découvrir ou redécouvrir ce lieu si cher à Napoléon et à Joséphine où ils ont pu vivre en toute intimité, loin des palais officiels.
Malgré la pluie, certains ont parcouru le parc de la propriété pour admirer le charme d’une campagne partiellement inspirée par Joséphine qui a conservé son caractère d’authenticité.
Ce fut la dernière visite qui était organisée en 2025 et qui a permis à tous les participants de passer une très agréable journée.
Frédéric Gras