Franpierre Haïti

Franpierre Haïti Le fonds de dotation Franpierre Haïti soutient et vient en aide à la Congrégation des Petits Frères et Petites Soeurs de l'Incarnation à Haïti.

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Qui finance les Gangs à Haïti?

Les gangs en Haïti sont financés par une combinaison de sources illicites et, dans certains cas, par des acteurs influents au sein du pays. Voici les principales sources de financement identifiées :

1. **Trafic de drogue** : Les gangs haïtiens, notamment ceux opérant à Port-au-Prince comme G9 ou G-Pèp, tirent une grande partie de leurs revenus du trafic de drogue. Haïti sert de plaque tournante pour le transbordement de cocaïne et d'autres stupéfiants entre l'Amérique du Sud et les marchés nord-américains ou européens. Les gangs contrôlent des ports, des pistes d'atterrissage clandestines et des routes pour faciliter ce commerce.

2. **Extorsion et rackets** : Les gangs imposent des "taxes" ou des paiements aux entreprises, commerçants et habitants des zones qu'ils contrôlent. Par exemple, ils rackettent les marchés locaux, les chauffeurs de transport en commun et même les ménages pour des services comme l'accès à l'eau ou à l'électricité.

3. **Kidnapping contre rançon** : Les enlèvements sont une source majeure de revenus. Les gangs ciblent des individus, des familles ou même des groupes (comme des écoliers ou des missionnaires) pour exiger des rançons, souvent de plusieurs milliers à des millions de dollars.

4. **Trafic d’armes** : Les gangs participent au commerce illégal d'armes, souvent en provenance des États-Unis, notamment de Floride. Ils revendent ces armes ou les utilisent pour renforcer leur pouvoir.

5. **Corruption et soutien politique** : Certains rapports, y compris des enquêtes de l’ONU, suggèrent que des gangs reçoivent un soutien financier ou logistique de politiciens, d’élites économiques ou de membres des forces de l’ordre corrompus. Ces acteurs peuvent utiliser les gangs pour maintenir leur influence, déstabiliser des adversaires ou contrôler des territoires. Par exemple, des allégations pointent vers des liens entre certains gangs et des figures politiques lors des élections ou des périodes de troubles.

6. **Activités économiques illégales diverses** : Cela inclut le vol de marchandises, le contrôle de ressources comme le carburant, et parfois des activités liées à la contrebande de biens ou de migrants.

# # # Contexte et nuances
- **Rôle des élites** : Des rapports, comme ceux du *Global Initiative Against Transnational Organized Crime*, indiquent que les gangs ne sont pas toujours des entités autonomes mais peuvent être instrumentalisés par des acteurs puissants, y compris des hommes d’affaires ou des politiciens, pour servir leurs intérêts.
- **Faiblesse de l’État** : La faible gouvernance et la corruption institutionnelle en Haïti permettent aux gangs de prospérer, car l’État manque de moyens pour contrer leurs activités ou enquêter sur leurs sources de financement.
- **Diaspora et transferts** : Dans certains cas, des fonds provenant de la diaspora haïtienne, souvent sous forme de rançons ou d’extorsion, alimentent indirectement les gangs.

# # # Sources récentes
- Des posts sur X et des articles récents (comme ceux de *Al Jazeera* ou *The Guardian*) soulignent que les gangs ont intensifié leurs activités depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, profitant du vide politique pour élargir leur contrôle territorial et leurs réseaux de financement.
- Un rapport de l’ONU de 2023 a mis en lumière les liens entre certains gangs et des acteurs politiques, notant que des armes et des fonds circulent souvent avec la complicité de responsables corrompus.

25/05/2025

Voici un état des lieux synthétique de la situation actuelle en Haïti (printemps 2024) :

1. Politique et gouvernance
• Vide institutionnel persistant depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse (juillet 2021) et l’absence d’élections générales vraiment inclusives.
• Premier ministre Ariel Henry maintient un gouvernement de facto, mais fait face à une forte contestation populaire et à des appels à sa démission de la part de la société civile et de certains acteurs politiques.
• Tentatives de « dialogue national » menées par la société civile n’ont pas encore débouché sur un consensus stable pour organiser des élections crédibles.

2. Sécurité et criminalité
• Contrôle par des gangs armés de vastes quartiers de Port-au-Prince et d’autres villes : kidnapping, cambriolages et exécutions sommaires se sont intensifiés.
• Affrontements réguliers entre bandes rivales, déplacements massifs de population interne (estimation de plusieurs dizaines de milliers de personnes déplacées).
• Déploiement, sous mandat de l’ONU, d’une mission de police internationale (force dirigée par le Kenya, environ 2 500 policiers) ; premières unités arrivées fin 2023, mais l’impact sécuritaire reste limité face à la résilience des réseaux armés.

3. Economie et conditions de vie
• Effondrement de la gourde haïtienne face au dollar ; taux d’inflation élevé (20–25 % sur un an selon les estimations).
• Pénurie chronique de carburant et de gaz butane, engendrant des coupures d’électricité prolongées et une paralysie partielle des transports.
• Augmentation du chômage et paupérisation de larges pans de la population ; près de 60 % des Haïtiens en situation d’insécurité alimentaire aigüe (données OCHA).

4. Crise humanitaire et sanitaire
• Accès aux soins gravement entravé : hôpitaux sous-financés, coût élevé des médicaments, coupures d’électricité récurrentes dans les établissements de santé.
• Risque de résurgence de maladies hydriques (choléra, diarrhées aiguës) et de malnutrition infantile, en particulier dans les zones contrôlées par les gangs, où l’aide humanitaire peine à pénétrer.
• ONG internationales et agences de l’ONU mènent des opérations d’urgence, mais l’insécurité limite leur zone d’intervention.

5. Réactions de la communauté internationale
• Résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU autorisant la police internationale, appels répétés à la formation d’un gouvernement de transition inclusif.
• Aide bilatérale (États-Unis, Union européenne, Canada) concentrée sur l’aide humanitaire et le soutien au renforcement des capacités policières haïtiennes.
• Pressions diplomatiques pour que les autorités haïtiennes s’engagent rapidement dans un calendrier électoral crédible.

6. Perspectives et défis
• Rétablissement de la sécurité conditionné au désarmement et à la démobilisation des gangs ; projet de programme de DDR (désarmement, démobilisation, réinsertion) en discussion, mais sans date de lancement.
• Nécessité d’un accord politique large pour organiser des législatives et une présidentielle, tout en garantissant un climat sécuritaire minimal.
• Importance d’un soutien international coordonné et pérenne (sécurité, gouvernance, développement) pour éviter un effondrement plus profond.

En résumé, Haïti traverse une crise multidimensionnelle (politique, sécuritaire, économique et humanitaire) sans sortie de crise évidente à court terme. La restauration d’un État de droit et la tenue d’élections acceptées par toutes les forces vives du pays sont aujourd’hui jugées indispensables pour amorcer une stabilisation.

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85140

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