05/05/2026
𝗤𝗨𝗔𝗡𝗗 𝗟’𝗛𝗘𝗨𝗥𝗘 𝗗𝗘𝗦 𝗖𝗢𝗠𝗣𝗧𝗘𝗦 𝗦𝗢𝗡𝗡𝗘 𝗗𝗔𝗡𝗦 𝗟𝗘𝗦 𝗠𝗔𝗜𝗥𝗜𝗘𝗦
Passée l'euphorie des victoires, la réalité budgétaire rattrape les nouveaux maires fraichement élus. Entre audits financiers, "politique de la terre brûlée" et budgets de transition, l’ambiance est électrique dans les conseils municipaux.
𝗨𝗻 𝗵𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗮𝗴𝗲 𝗹𝗼𝘂𝗿𝗱 𝗮̀ 𝗽𝗼𝗿𝘁𝗲𝗿
Partout, le constat est le même : les nouvelles équipes, quelques soit leur couleur politique, « découvrent » la gestion 𝗰𝗮𝘁𝗮𝘀𝘁𝗿𝗼𝗽𝗵𝗶𝗾𝘂𝗲 de leurs prédécesseurs.
· À Aubagne, on parle de factures en souffrance.
· À Eyguières, on évoque une dette d'1,5 M€ concernant l'aérodrome
· À Fos-sur-Mer et Barbentane, les maires disent devoir "éteindre les incendies" face à des situations comptables imprévues.
· A Tarascon, le nouveau maire RN souhaite faire la lumière sur des "anomalies" budgétaires
· A Saint-Rémy, on évoque « une trajectoire d’endettement insoutenable »
Ceci dit, on se demande ce qu’ont fait le préfet et la Cours Régionales des Comptes (CRC) pendant toutes ces années ? Pour rappel, le Préfet a la charge de vérifier la légalité des budgets, notamment leur sincérité, la CRC celle d’auditer régulièrement les budgets des collectivités locales.
𝗩𝗼𝘁𝗲𝗿 𝗹𝗲 𝗯𝘂𝗱𝗴𝗲𝘁 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗻𝗲 𝗽𝗮𝘀 𝗯𝗹𝗼𝗾𝘂𝗲𝗿
Au pieds du mur, la majorité des maires (Fos, Istres, Eyguières, Barbentane ...) ont choisi la "raison". Ils votent un budget de "transition", souvent douloureux (baisse des subventions aux associations, annulation de travaux), avec une priorité en tête : pouvoir arbitrer et garder ainsi la main sur le destin de leur commune.
𝗦𝗮𝘂𝗳 𝗮̀ 𝗦𝗮𝗶𝗻𝘁-𝗥𝗲́𝗺𝘆-𝗱𝗲-𝗣𝗿𝗼𝘃𝗲𝗻𝗰𝗲…
Contrairement aux autres, notre nouveau maire a refusé de voter le budget, le jugeant trop "𝗱𝗮𝗻𝗴𝗲𝗿𝗲𝘂𝘅". Mais au lieu de proposer un budget "de transition" comme l’ont fait d'autres maires des alentours, celui de Saint-Rémy préfère confier cette délicate tâche à l’État.
Conséquence : La Chambre Régionale des Comptes (CRC) prend les commandes. Si ce geste dédouane politiquement la nouvelle majorité de l'héritage de l'ancienne, il pose deux problèmes majeurs : la quasi paralysie des services jusqu'au vote d'un budget mais surtout la perte d’autonomie. En effet, en laissant l’État décider, la ville s’expose à une vision 𝗽𝘂𝗿𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗺𝗮𝘁𝗵𝗲́𝗺𝗮𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 (hausses d'impôts, coupes drastiques) là où les autres maires ont préféré garder un "𝗿𝗲𝗴𝗮𝗿𝗱 𝗵𝘂𝗺𝗮𝗶𝗻" sur leurs choix.
𝗤𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗹𝗲𝗰𝘁𝘂𝗿𝗲 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗲 « 𝗰𝗼𝘂𝗽 𝗱𝗲 𝘁𝗵𝗲́𝗮̂𝘁𝗿𝗲 » 𝘀𝗮𝗶𝗻𝘁-𝗿𝗲́𝗺𝗼𝗶𝘀 ?
· Une lecture 𝗮𝗰𝗲𝗿𝗯𝗲 : Un manque de courage et de compétences budgétaires pour monter un budget complexe avec des décisions difficiles à prendre ?
· Une lecture 𝗯𝗶𝗲𝗻𝘃𝗲𝗶𝗹𝗹𝗮𝗻𝘁𝗲 : Un refus courageux de cautionner un budget "dangereux" et la volonté de tourner la page pour partir sur des bases nouvelles ?
𝗘𝘁 𝘃𝗼𝘂𝘀, 𝗾𝘂’𝗲𝗻 𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲𝘇-𝘃𝗼𝘂𝘀 ?
Vallait-il mieux voter un budget "imparfait" pour garder le contrôle de sa ville, ou refuser de cautionner l'héritage quitte à perdre son autonomie au profit de l'État ?
𝗗𝗲 𝘃𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗿𝗶𝘀𝗲𝘀 𝗯𝘂𝗱𝗴𝗲́𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗼𝘂 𝘂𝗻 𝘃𝗿𝗮𝗶 𝗷𝗲𝘂 𝗱𝗲 𝗱𝘂𝗽𝗲𝘀 ?
Entre réelle mauvaise gestion passée et mise en scène politique, la frontière est mince. En dramatisant la situation financière, certains nouveaux élus ne s'offrent-ils pas un "joker" pour les prochaines années. Si tout va mal, c'est la faute de leur prédécesseur ; si tout va bien, c'est grâce à leur perspicacité.
🗣️𝗘𝘁 𝘃𝗼𝘂𝘀, 𝗾𝘂𝗲𝗹 𝗲𝘀𝘁 𝘃𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗮𝘃𝗶𝘀 ?
Sommes-nous face à une transparence nécessaire sur les comptes et à un moment de vérité vis-à-vis des administrés ? Ou sommes-nous les otages d’une stratégie de communication pour masquer l'incapacité à tenir certaines promesses de campagne ? Les maires jouent-ils la carte de l'honnêteté ou celle du poker-menteur ?
💬 Dites-le nous en commentaire ! 👇