25/04/2026
Stop à l’omerta dans le milieu culturel réunionnais, brisons le silence ensemble.
Suite à la publication de l’enquête du média national « Les Jours »mettant en cause un réalisateur réunionnais pour des faits présumés de viols et de harcèlement sexuel dans le cadre de faux castings, nos organisations refusent de se taire.Ce que révèle cette enquête n’est pas seulement une série detémoignages accablants. C’est un système. Un système où des rapportsde pouvoir sont utilisés pour exploiter, manipuler et contraindre. Unsystème où de jeunes femmes, souvent en début de parcours, sontplacées dans des situations de vulnérabilité extrême. Un système où lesilence, la peur et l’entre-soi permettent à ces violences de perdurer.
Nous le disons clairement : il ne s’agit pas d’« afaires individuelles »qu’il sufirait de laisser à la justice. Il s’agit d’un problème structurel,profondément ancré dans les milieux professionnels, y compris dans le secteur culturel réunionnais.Les faits présumés décrits dans l’article sont inadmissibles. Encore une fois, un homme en position de pouvoir aurait présumément abusé de sa position à des fins égoïstes et perverses, profitant de la jeunesse, de la naïveté, et surtout de l’envie de travailler de jeunes comédiennes.
La présomption d’innocence ne peut pas être utilisée comme un bouclierpour éviter toute remise en question collective ni entretenir l’impunitédes agresseurs supposés. Elle ne doit jamais servir d’alibi à l’inaction.Protéger des personnes potentiellement victimes n’est pas condamner,c’est assumer une responsabilité. C’est donner une valeur à leurs témoignages, trop souvent remis en question ou invisibilisés.
Nous dénonçons avec force toute forme de complaisance, de relativisation ou de silence face à ces faits. Aucun statut, aucune reconnaissance artistique, aucune position sociale ne doit placer quiconque au-dessus de l’exigence fondamentale de respect.
Nous interpellons directement les institutions publiques, les structures culturelles et les financeurs. Continuer à soutenir, programmer ou légitimer, sans condition, des personnes mises en cause dans des affaires aussi graves, c’est prendre une responsabilité politique. C’est envoyer un signal désastreux aux personnes victimes. C’est contribuer à maintenir un climat d’impunité.Nous tenons également à saluer la position courageuse de la directrice de théâtre mentionnée dans l’article qui a fait le choix de ne plus travailler avec ce prédateur présumé, au nom de son devoir de protection et de prévention d’éventuelles victimes.
Dans un contexte où trop d’acteur·rice·s culturel·le·s préfèrent détourner le regard, cette décision démontre qu’il est possible d’agir concrètement, sans attendre, pour protéger les comédien·ne·s. Ce choix est exemplaire. Il trace une ligne claire : celle de la responsabilité, de l’éthique et du refus de toute complaisance face aux violences sexistes et sexuelles.
Nous saluons le travail de la journaliste Juliette Pierron, ainsi que le média « Les Jours », qui ont fait le choix de publier . Dans un contexte où les pressions existent, ce courage est essentiel. Nous encourageonsla presse à ne jamais se taire et à continuer d’exercer pleinement son rôle de contre-pouvoir.Nous afirmons notre soutien total aux personnes victimes qui ont témoigné. Leur parole est précieuse, courageuse, et nécessaire. Elle doit être entendue, être prise au sérieux et protégée : nous vous croyons et nous vous soutenons.Nous appelons à un sursaut . À une rupture claire avec les logiques d’omerta dans le milieu culturel réunionnais. À la mise en place immédiate de dispositifs de prévention, de signalement et de protection réellement efficaces. À une conditionnalité stricte des financements publics , au respect d’engagements concrets en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.Ce combat n’est pas secondaire . Il est politique. Il concerne la dignité , la sécurité et la liberté des femmes.Le silence protège les agresseur·euse·s. Nous choisissons de le briser.
Signataires :
NousToutes974
Mouvman FH+
CGTR SpektaK
Union des Femmes Réunionnaises UFR
CONTACT PRESSE
NousToutes974 : [email protected] | +336 80 17 05 44
Mouvman FH+mouvman [email protected]
CGTRSpektak [email protected]+262692850351
Union des Femmes Réunionnaises [email protected] 0692408355