02/06/2026
Pesticides génétiques : stop au 🪴
🧬 Souvenez-vous de l’insecticide ARNi Calantha, approuvé par dérogation d’« urgence » en Belgique alors qu’il n’est pas encore autorisé en Europe ? Selon le ministre belge de l’Agriculture, David Clarinval, « ce produit est meilleur pour l’environnement que de nombreuses alternatives existantes. »
🤔 D’où cette idée lui vient-elle ?
Alors que les études scientifiques s’accumulent pour démontrer l’impact destructeur des pesticides chimiques sur la biodiversité, le développement de pesticides génétiques s’accompagne d’une promesse de durabilité. Dès la page d’accueil de son site internet, GreenLight Biosciences présente l’ARNi comme une solution pour répondre « à la nécessité et aux exigences de remplacer les pesticides chimiques ».
⚠️ Mais, dans les faits, les pesticides génétiques semblent davantage conçus pour fonctionner en combinaison avec les substances chimiques que pour les remplacer.
Dans son rapport consacré à l’évaluation des risques des pesticides ARNi, l’OCDE souligne ainsi qu’il est « probable que l’ARN double brin et les produits chimiques conventionnels soient utilisés en combinaison dans des sprays ». L’usage de l’interférence ARN peut ainsi permettre de lutter contre la résistance grandissante aux pesticides chimiques, en empêchant l’expression de la protéine responsable de cette résistance.
🪲 De plus, des études scientifiques pointent déjà les risques du développement rapide de résistances à l’interférence ARN chez les ravageurs. Citées par la r***e Science, deux études montrent que des espèces déjà connues pour leur grande résistance aux insecticides chimiques déploient rapidement des mécanismes pour se protéger de l’interférence ARN : en l’occurrence, la chrysomèle des racines et le doryphore de la pomme de terre.
Pire encore, les pesticides ARNi semblent parfois favoriser la recrudescence de ravageurs secondaires. Dans des essais en champ de leur produit commercialisé Calantha, des scientifiques de GreenLight observent, dans certains cas, une abondance plus élevée de certains ravageurs dans les traitements reposant uniquement sur ce .
En revanche, le contrôle des ravageurs s’avère plus efficace lorsque le Calantha est utilisé en combinaison/rotation avec d’autres insecticides ; dans le cas étudié, un néonicotinoïde appliqué à la plantation. Dans l’article, les auteurs semblent ainsi envisager les pesticides ARNi en association avec les pesticides chimiques, dans le cadre de programmes de lutte intégrée, et non en remplacement de ces pesticides chimiques.
Plusieurs pesticides ARNi développés s’inscrivent déjà dans cette démarche de complémentarité avec la chimie. L’étiquette du , le premier pesticide ARNi en spray commercialisé par GreenLight, précise bien que la substance peut être mélangée avec d’autres pesticides chimiques « afin d’améliorer la lutte contre l’insecte, ou de lutter contre d’autres espèces de ravageurs ».
Derrière la promesse marketing de durabilité, les pesticides sont loin d’être aussi verts que l’avancent les firmes. Leur usage n’est pas destiné à remplacer celui des chimiques, mais bien à le compléter.